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Il refusa le sabordage de la flotte : la fuite audacieuse de Jean L’Herminier avec son sous-marin !

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 Dans le monde des sous-mariniers, il est une légende. En 1942, alors que la flotte française se sabordait dans le port de Toulon, le commandant L’Herminier avec son équipage du sous-marin Casabianca prenait la fuite sous les bombes allemandes et parvenait à rejoindre le port d’Alger pour continuer le combat. Il jouera ensuite un rôle majeur dans la libération de la Corse en apportant aux résistants des armes et du matériel.

De nombreux articles ont relaté cette épopée, et la vie haute en couleurs, jusqu’au sacrifice du Commandant L’herminier, livres et film. Ses funérailles furent annoncées dans la France entière. Le journal Ouest-France – Didier Gourin- le 5 février 2022 publia un long article pour souligner la parution du livre magnifique de Isabelle de Saizieu : L’Herminier, une vie de combats :!

   » Une enfance et une adolescence en bord de mer en Bretagne ne conduisent pas forcément à une carrière de marin. Mais au moins, ça aide. Pour Jean    L’Herminier, né en 1902, ce sera près de Plougastel dans le Finistère, sur la rive gauche de l’Elorn, à portée de regard de la rade de Brest et de ses imposants navires militaires. C’est là qu’il est obligé de poser ses valises à l’âge de six ans, chez un oncle et une tante, après le décès de sa mère. Son père, Ferdinand, est médecin de la marine, et ne peut plus garder tout seul ses trois enfants au fil de ses affectations lointaines. Il n’y avait pas seulement le décor pour forger une carrière de marin. Il y a eu aussi une part d’atavisme familial, avec, en prime, cet oncle instructeur à l’École navale toute proche.

   La Légion d’honneur à 30 ans

Jean L’Herminier est un courageux qui n’attend pas la guerre pour le montrer. En 1932, il est commandant en second du nouveau sous-marin le Persée, tout juste construit par le chantier naval de Blainville-sur-Orne, près de Caen. Les essais se poursuivent au large de Cherbourg lorsque le 23 septembre, une violente explosion se produit à bord. Il est grièvement brûlé, mais il s’occupe jusqu’au bout des blessés et organise les secours. Le bilan est lourd, six morts et trente-six blessés graves. Jean L’Herminier n’a que 30 ans, mais il recevra déjà la Légion d’honneur pour sa conduite.

   L’audacieuse fuite de Toulon

Dix ans plus tard, en 1942, Jean L’Herminier ronge son frein dans le port de Toulon alors qu’il commande un autre sous-marin, le Casabianca. La France a connu la défaite mais il s’agit aussi de conserver tant bien que mal une marine pour des jours meilleurs. Et puis, les choses se précipitent. Les Allemands envahissent la zone libre le 11 novembre et foncent sur Toulon pour prendre possession des bâtiments français. L’état-major français décide de saborder ses propres bateaux. Inconcevable pour Jean L’Herminier qui tente et réussit son coup d’éclat et d’audace : sous les bombes allemandes, et au milieu des mines, il s’évade d’un port devenu une prison. Il parvient à rejoindre Alger où il est accueilli, avec son équipage, en héros.

Le Casabianca joue alors un rôle majeur dans la libération de la Corse en multipliant des missions plus périlleuses les unes que les autres pour apporter des armes et du matériel aux résistants. En secret, Jean L’Herminier souffre le martyre à cause d’une maladie insidieuse qui empêche le sang de bien irriguer ses jambes. En octobre 1943, il se résigne à être hospitalisé, mais les médecins ne peuvent plus faire de miracle : il subit l’amputation de ses deux jambes.

La guerre terminée, il entame un autre combat.

Il écrit deux livres pour faire connaître l’épopée du Casabianca auquel un film est aussi consacré. Et malgré son état de santé, il n’hésite pas à donner des conférences. On le demande beaucoup, comme à Laval (Mayenne) en octobre 1949, où il vient raconter, sans se lasser, son incroyable coup de force dans le port de Toulon. Lorsqu’il en parle, c’est aussi pour rendre hommage à son équipage : » Il y avait beaucoup de Bretons. Tout l’équipage était animé d’une volonté farouche mise au service de leur patrie. » Pour lui, tout le monde avait la même valeur. Dans son commandement, il insistait sur l’aspect humain. […]

L’aura de Jean L’Herminier est telle qu’il doit composer avec les honneurs et les distinctions même s’il ne court franchement pas après. En 1950, l’Académie de marine lui décerne un prix exceptionnel pour son livre Casabianca dont il a abandonné tous les droits au profit des mutilés de guerre. Raymond Laurent, secrétaire d’État à la Marine, lui remet la plaque de grand officier de la Légion d’honneur. En 1952, il sera élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d’honneur.

Seulement, son état de santé ne cesse de se dégrader, même s’il continue d’afficher un optimisme à toute épreuve. La disparition de Jean L’Herminier est annoncée à la une d’Ouest-France le 8 juin 1953. Ses obsèques seront célébrées en l’église Saint-Louis des Invalides avec « une solennelle simplicité, souligne le journal. Le catafalque très simple était entouré par les drapeaux d’organisations d’anciens combattants, une délégation d’anciens du Casabianca et de nombreux représentants des associations corses de Paris. »

« Il savait se faire aimer »

En mars 1954, c’est une forme d’hommage posthume qui lui est rendu à Cherbourg (Manche) lors du baptême de la promotion des apprentis de la direction des constructions et armes navales. Elle porte son nom. Et les discours d’usage sont l’occasion de rappeler le rôle de Jean L’Herminier lors de l’incendie à bord du Persée en septembre 1932, le sous-marin dont il était le commandant en second : Il prit les premières mesures de sécurité, ce qui lui valut d’être nommé chevalier de la Légion d’honneur, quelques semaines plus tard, à l’âge de 30 ans. ​Et aussi de souligner ses qualités humaines : Il savait entraîner les hommes puisqu’il savait se faire aimer. Il les aimait, comme il aimait son bateau et son pays. Il faut voir comment il parle dans ses livres de son bateau.

À l’École navale de Lanvéoc-Poulmic, installée sur la rade de Brest, dont est issu Jean L’Herminier, l’espace tradition évoque les grandes figures qui sont passées par la pointe du Finistère. Il s’agit d’offrir aux élèves des modèles​, explique le capitaine de frégate Laurent Chapuis, en charge de cette prestigieuse galerie de portraits. Jean L’Herminier y a sa place. Un magnifique exemple de combattant, doublé d’un meneur d’hommes, et d’un manœuvrier exceptionnellement habile et audacieux​, souligne le panneau qui lui est consacré. »

Un livre poignant, un livre vrai. De l’honneur et du panache ! Nous le conseillons à tous les jeunes à partir de 15 ans !

Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE 

Jean L’Herminier, une vie de combats, par Isabelle de Saizieu, 240 pages, 15 €.

Une partie des recettes de l’ouvrage est reversée aux mutilés de guerre.

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