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« Je suis Giorgia, je suis une femme, je suis une mère, je suis italienne, je suis chrétienne », et aussi…

Qui est Giorgia Meloni, le futur Premier ministre italien ? Cette Romaine de 45 ans a remporté les élections de dimanche dernier et sera à la tête du futur exécutif italien qu’elle va composer avec la coalition de centre-droit dont elle fait partie. Elle deviendra ainsi la première femme chef de gouvernement de l’histoire de l’Italie.

Présidente du parti Fratelli d’Italia (FDI), parti eurosceptique, ce dernier est l’héritier du Mouvement social italien (MSI), parti néofasciste créé après la Seconde Guerre mondiale, et du parti qui a succédé au MSI, Alleanza nationale, que l’on pourrait comparer au Front national italien.

Tout simplement parce que nous sommes en Italie et que le rapport au fascisme est totalement différent qu’en France, la diabolisation n’ayant jamais atteint le paroxysme français, Meloni tout en se démarquant du fascisme, n’a jamais renié les origines de son mouvement. A 19 ans, elle affirme à la chaîne française France 3 que le dictateur Benito Mussolini était « un bon politicien ». Si une telle déclaration ferait se dresser les cheveux sur la tête de bien des Français, en Italie elle n’a rien d‘extraordinaire, le manichéisme institutionalisé sur le passé fasciste n’étant pas de mise chez une majorité d’Italiens. Ainsi Giorgia Meloni, comme de nombreux de ses concitoyens reconnaît encore aujourd’hui à Mussolini d’avoir « beaucoup accompli », sans l’exonérer de ses « erreurs » : les lois anti-juives, l’entrée en guerre, l’autoritarisme. Et de clarifier : dans ses rangs, « il n’y a pas de place pour les nostalgiques du fascisme, ni pour le racisme et l’antisémitisme ». Son parti, a-t-elle ajouté, « condamne sans ambiguïté le nazisme et le communisme ».

Sa devise ? « Dieu, patrie, famille ». Ses priorités ? Fermer les frontières pour protéger l’Italie de « l’islamisation », renégocier les traités européens pour que Rome reprenne le contrôle de son destin, lutter contre les « lobbys LGBT » et « l’hiver démographique » du pays, dont la moyenne d’âge est la plus élevée du monde industrialisé juste derrière le Japon. Elle dénonce « le remplacement ethnique en cours en Italie ».

Elle-même s’est définie comme femme, mère, italienne, chrétienne, elle est contre le « mariage pour tous », considère l’avortement comme une tragédie, combat l’idéologie du genre et el lobby Lgbtqi+++, et les diktats de l’Union Européenne dont elle veut remettre en question les règles. Sur le chapitre du Covid, elle entend également qu’il n’y ait plus « d’obligation de vacciner contre le Covid-19 » ; elle veut garantir l’entière liberté de choix entre les vaccins autorisés par l’EMA et l’AIFA et les rappels ». Et s’est prononcée pour qu’il n’y ait « pas de réintroduction du laissez-passer vert » alors que la « possibilité de dépistage dans les milieux à risques, pour protéger les personnes fragiles » est envisagée, ni d’outils de contrôle numérique et de compression des libertés individuelles. Et puis elle a pris l’engagement de mettre en place « une commission d’enquête sur la gestion médico-économique de la pandémie de Covid-19 ainsi que sur les effets indésirables des vaccins ».

Mais Giorgia Meloni est aussi atlantiste, comme ses prédécesseurs de la droite conservatrice italienne, reliquat de l’après-guerre, des luttes sanglantes contre le communisme et de la guerre froide. Le courant de cette droite conservatrice italienne a choisi le camp pro-américain dès les années 1950. Elle soutient également la souveraineté et unité territoriale de l’Etat d’Israël, -mais ne déplacera pas l’ambassade d’Italie de Tel Aviv à Jérusalem-, et aujourd’hui la souveraineté de l’Ukraine, posture liée à son atlantisme.

Si « l’intérêt national » est le maître mot de Giorgia Meloni, le mettre en pratique en ayant les Etats-Unis sur le dos ne sera pas une mince affaire…

Francesca de Villasmundo

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