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Jeudi 19 février – De la férie – Saint Conrad de Plaisance, Tertiaire Franciscain, Ermite – Saint Barbat, Evêque de Bénévent

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De la férie : messe du jeudi après les Cendres 

Bien que la loi du jeûne pèse sur nous depuis hier, nous ne sommes pas encore entrés dans le Carême proprement dit, dont la solennité ne s’ouvrira que samedi prochain, à Vêpres. C’est afin de distinguer du reste de la sainte Quarantaine ces quatre jours surajoutés, que l’Église continue d’y chanter les Vêpres à l’heure ordinaire, et permet à ses ministres de rompre le jeûne avant d’avoir satisfait à cet Office. A partir de samedi, il en sera autrement. Chaque jour, à l’exception du Dimanche, lequel n’admet pas le jeûne, les Vêpres des féries et des fêtes seront anticipées, en sorte qu’à l’heure où les fidèles prendront leur repas, l’Office du soir sera déjà accompli. C’est un dernier souvenir des usages de l’Église primitive ; autrefois les fidèles ne rompaient pas le jeûne avant le coucher du soleil, auquel correspond l’Office des Vêpres. La sainte Église a distingué ces trois jours qui suivent le Mercredi des Cendres, en leur assignant à chacun une lecture de l’Ancien Testament, et une autre du saint Évangile, pour être faites à la Messe. Hier, l’Église nous remettait devant les yeux la certitude de la mort. Nous mourrons : la parole de Dieu y est engagée, et il ne saurait venir dans l’esprit à un homme raisonnable que sa personne puisse être l’objet d’une exception. Mais si le fait de notre mort est indubitable, le jour auquel il nous faudra mourir n’est pas moins déterminé. Dieu juge à propos de nous le cacher, dans les motifs de sa sagesse ; c’est à nous de vivre de manière à n’être pas surpris. Ce soir, peut-être, on viendra nous dire comme à Ézéchias : « Donne ordre aux affaires de ta maison ; car tu vas mourir ». Nous devons vivre dans cette attente ; et si Dieu nous accordait une prolongation de vie comme au saint Roi de Juda, il faudrait toujours en venir tôt ou tard à cette heure suprême, passé laquelle il n’y a plus de temps, mais l’éternité. En nous faisant ainsi sonder la vanité de notre existence, l’Église veut nous fortifier contre les séductions du présent, afin que nous soyons tout entiers à cette œuvre de régénération, pour laquelle elle nous prépare depuis bientôt trois semaines. Combien de chrétiens ont reçu hier la cendre sur la tête, et qui ne verront pas ici-bas les joies pascales ! La cendre a été pour eux une prédiction de ce qui doit leur arriver, avant un mois peut-être. Ils n’ont cependant pas entendu la sentence en d’autres termes que ceux qu’on a prononcés sur nous-mêmes. Ne sommes-nous pas du nombre de ces victimes vouées à une mort si prochaine ? Qui de nous oserait affirmer le contraire ? Dans cette incertitude, acceptons avec reconnaissance la parole du Sauveur qui est descendu du ciel pour nous dire : Faites pénitence ; car le Royaume de Dieu est proche (Matth. IV, 17). Les saintes Écritures, les Pères et les Théologiens catholiques distinguent trois sortes d’œuvres de pénitence : la prière, le jeûne et l’aumône. Dans les lectures qu’elle nous propose, durant ces trois jours qui sont comme l’entrée du Carême, la sainte Église veut nous instruire sur la manière d’accomplir ces différentes œuvres ; aujourd’hui, c’est la prière qu’elle nous recommande. Voyez ce centurion qui vient implorer auprès du Seigneur la guérison de son serviteur. Sa prière est humble ; c’est du fond de son cœur qu’il se juge indigne de recevoir la visite de Jésus. Sa prière est pleine de foi ; il ne doute pas un instant que le Seigneur ne puisse lui accorder l’objet de sa demande. Avec quelle ardeur il la présente ! La foi de ce gentil surpasse celle des enfants d’Israël, et mérite l’admiration du Fils de Dieu. Ainsi doit être notre prière, lorsque nous implorons la guérison de nos âmes. Reconnaissons que nous sommes indignes de parler à Dieu, et cependant insistons avec une foi inaltérable dans la puissance et dans la bonté de celui qui n’exige de notre part la prière qu’afin de la récompenser par l’effusion de ses miséricordes. Le temps où nous sommes est un temps de prière ; l’Église redouble ses supplications ; c’est pour nous qu’elle les offre ; ne la laissons pas prier seule. Déposons en ces jours cette tiédeur dans laquelle nous avons langui, et souvenons-nous que si nous péchons tous les jours, c’est la prière qui répare nos fautes, et qui nous préservera d’en commettre de nouvelles.

Le Seigneur est à Capharnaüm où va avoir lieu la guérison du serviteur du centurion. Il règne entre le récit de saint Luc et celui de saint Matthieu des divergences de détail qui peuvent être facilement ramenées à l’unité. Dans saint Matthieu, il semble que ce soit le centurion qui se présente personnellement, et une seule fois ; le récit de saint Luc, l’évangéliste de la gentilité, est plus précis, plus circonstancié, et nous montre l’officier n’osant s’adresser au Seigneur que par intermédiaire, et à deux reprises. Le récit de saint Matthieu est abrégé et réduit à ce qui peut mettre en lumière la foi admirable de cet homme. Car de songer qu’il y eut deux miracles analogues nous semble une solution peu plausible. Le centurion est probablement un païen, non un prosélyte. Il sait que les Juifs considèrent comme une souillure d’entrer chez un gentil ; c’est parce qu’il a conscience de sa situation d’étranger et de profane, et à raison aussi de son humilité et de sa discrétion, qu’il dira : Domine, non sum dignus ut intres. Pourtant son âme est bienveillante, si elle n’est pas encore ralliée au judaïsme. Il a entendu parler de Jésus et appris son arrivée à Capharnaüm ; et pour obtenir le soulagement d’un serviteur très aimé, il envoie au-devant du Seigneur quelques anciens de la synagogue pour le prier de venir au secours du moribond. Ils sont chargés de dire en son nom : « Seigneur, mon serviteur est alité chez moi, paralytique, et en proie à de cruelles tortures ». Arrivés auprès de Jésus, les messagers lui présentent la requête, et avec insistance : « Il mérite bien, ajoutent-ils, que vous lui accordiez cela ; car il aime notre nation, et c’est lui qui nous a bâti la synagogue. » — « J’irai, répond le Seigneur, et je le guérirai. » Et il se met en route avec les anciens. Mais tandis qu’il approchait de la maison, le centurion, chez qui la foi et l’humilité avaient triomphé de l’anxiété première, envoya des amis lui dire : « Seigneur, ne vous donnez pas cette peine, car je ne suis pas digne que vous entriez sous mon toit. C’est pour cela aussi que je ne me suis pas cru digne d’aller moi-même vers vous, mais dites seulement une parole, et mon serviteur sera guéri. » Il écarte l’honneur que Jésus lui veut rendre, et confesse sa toute-puissance : Seigneur, vous êtes souverain, vous pouvez tout ce que vous voulez ; il n’est pas besoin de votre présence réelle ni de votre contact pour que toutes choses s’accomplissent à votre gré. Voyez, moi, je ne suis qu’un pauvre homme, n’ayant qu’un pouvoir limité, et j’ai des supérieurs au-dessus de moi. Pourtant, je suis obéi de ceux qui sont à moi. Aux soldats qui me sont soumis, je donne des ordres : Allez ! dis-je à celui-ci, et il va ; venez ! dis-je à l’autre, et il vient ; et à mon serviteur : faites cela, et il le fait. — Tout le raisonnement demeure inachevé, mais c’est parce que la conclusion a devancé l’argument lui-même : une parole de vous, et mon serviteur sera guéri. Quel exemple pour la Synagogue ! Elle doutait, elle s’inquiétait, elle dressait des pièges : et des gentils, des pécheurs méprisés par les rabbins les devançaient dans la foi ! En entendant les paroles de ce soldat, le Seigneur eut un mouvement d’admiration. Prenons ceci comme un fait, comme une émotion réelle chez le Fils de l’homme, mais sans conclure à une surprise ni à une ignorance antérieure. Il y a lieu à admiration quand la chose est admirable, qu’elle ait été antérieurement connue ou non.

Et nous-mêmes, qui avons lu cent fois le récit évangélique, n’admirons-nous pas encore l’attitude du centurion ? La Synagogue et la masse des Juifs n’avaient pas accoutumé le Seigneur à une telle plénitude de foi ; et le mouvement joyeux du Seigneur ne vient que de la nouveauté du fait, de son caractère exceptionnel. Se retournant vers la foule qui le suivait, il dit : « En vérité, je vous le déclare, je n’ai pas trouvé en Israël une foi aussi grande. » L’occasion s’offrait pour le Seigneur d’introduire la question de la vocation des gentils. Saint Matthieu a recueilli avec soin des paroles qui réalisaient la prophétie d’Isaïe (44, 6; 49, 12) et de Malachie (1, 11), saint Luc les citera plus loin (13, 29). À l’exemple de saint Jean-Baptiste (Mt 3, 9-10), Jésus rappelle aux Juifs qu’il ne suffit plus, pour appartenir au vrai peuple de Dieu, de se réclamer de la descendance et du sang d’Abraham. Un grand nombre, leur dit-il avec assurance, viendront de l’Orient et de l’Occident, des régions les plus opposées et les plus lointaines ; ils prendront place au festin du Royaume des cieux, avec Abraham, Isaac et Jacob, avec les élus de la souche bénie ; tandis que seront rejetés dans les ténèbres, hors de la maison, hors du Royaume, là où il n’y a que pleurs et grincements de dents, les fils du Royaume : c’est-à-dire ceux qui y semblaient prédestinés soit par la Providence divine, qui avait veillé spécialement sur eux, soit par la lignée à laquelle ils appartenaient, soit enfin par la longue préparation qui les acheminait vers le Christ. Et afin de montrer comment sa miséricorde se répand sur tous ; afin de renseigner une fois encore la Synagogue et les anciens qui sont venus eux-mêmes solliciter le miracle, le Seigneur mande au centurion : « Allez, qu’il advienne pour vous selon votre foi. » Les envoyés s’en retournèrent à la maison, et constatèrent que le serviteur malade avait été guéri à l’heure même où Jésus l’avait annoncé.

Plusieurs miracles qu’il opéra, après sa mort, lui ont mérité les honneurs que l’Église rend aux Saints en 1625.

Sanctoral

Saint Conrad de Plaisance, Tertiaire Franciscain, Ermite

Conrad naquit à Plaisance en 1290 de parents riches, qui le marièrent et lui laissèrent à leur mort des biens considérables. Quoiqu’il eût des principes religieux, il se laissa aller aux vanités du monde.

Un jour, à la chasse, ayant allumé un grand feu pour forcer quelque bête fauve à quitter son terrier, l’incendie se communiqua de proche en proche, et Conrad, après de vains efforts pour l’éteindre, s’enfuit, laissant la forêt à moitié consumée. Le dégât fut considérable. L’autorité se mit aussitôt à en rechercher l’auteur; plusieurs personnes furent emprisonnées, entre autres un malheureux qu’on avait vu revenant de la forêt quelques heures avant l’incendie. Il nia d’abord avec fermeté. Mais les juges, trompés par les apparences, l’ayant fait appliquer à la question, il avoua, vaincu par la douleur, tout ce qu’on voulut, et il fut condamné à mort. Conrad, déchiré par le remords, alla trouver les magistrats, leur avoua la vérité et offrit de payer le dommage occasionné par son imprudence. Sa proposition fut acceptée, mais pour la remplir il fut obligé de vendre une partie de ses biens. Cet événement lui inspira la résolution de ne s’occuper que de son salut, qu’il avait négligé jusqu’alors.

Après avoir fait partager à son épouse les nouveaux sentiments qui l’animaient, il mit ordre à toutes ses affaires, et ils partirent ensemble pour Rome. Conrad entra dans le Tiers-Ordre de saint François, et sa femme se fit carmélite. Après quelques temps de séjour à Rome, Conrad se rendit en Sicile, où il se dévoua au service des malades; puis, entraîné par l’amour de la solitude, il gagna une haute montagne où il passa le reste de ses jours dans la pénitence et les austérités. Il mourut en 1351, à l’âge de soixante et un ans. Plusieurs miracles qu’il opéra, après sa mort, lui ont mérité les honneurs que l’Église rend aux Saints en 1625. Le pape Urbain VIII étendit sa fête à toute la Famille franciscaine.

A Bénévent, saint Barbat évêque. Homme d’une admirable sainteté, il convertit au Christ les Lombards et leur chef.

Saint Barbat, évêque de Bénévent

Saint Barbat naquit dans le pays de Bénévent, en Italie, au commencement du VIIe siècle. Ses parents, qui craignaient Dieu, mirent tout en oeuvre pour lui procurer une éducation chrétienne, et ils eurent la consolation de voir que leurs soins n’étaient point inutiles. Dès ses premières années, le jeune Barbat montrait des dispositions qui présageaient l’éminente sainteté à laquelle il parvint dans la suite. Dès qu’il eut atteint l’âge requis, il reçut les saints Ordres.

Il s’était rendu digne de cet honneur par un grand amour pour l’Écriture Sainte, par la simplicité et l’innocence de ses moeurs et par le zèle extraordinaire avec lequel il avançait continuellement dans les voies de la perfection. Le rare talent qu’il avait pour la prédication fit confier à son ministère une petite ville voisine de Bénévent. Le Saint s’aperçut bientôt qu’il avait affaire à des paroissiens intraitables et ennemis de tout bien. Son zèle ne fit que les aigrir contre lui, et, malgré son humilité profonde et sa patience inaltérable, il fut forcé, par la calomnie de quitter son église. Du moins, il remporta de sa mission l’avantage d’avoir profité des épreuves que Dieu avait permises pour purifier son coeur, en le détachant de plus en plus du monde et de lui-même. Barbat revint à Bénévent, où il fut reçu avec joie par tous ceux qui connaissaient la sainteté de sa vie. Il y travailla à l’extirpation des abus, non seulement par ses discours, mais encore par des prières ferventes et par des jeûnes rigoureux qu’il s’imposait.

Il fut élu pour succéder à l’évêque Ildebrand de Bénévent et fut sacré le 10 mars 663 sous le règne du duc arien Romuald Ier de Bénévent. Il lutte activement contre le paganisme des Lombards (avant même qu’il devienne évêque), notamment contre le culte de l’arbre et de la vipère, cultes ayant même séduits un certain nombre de chrétiens. En 662, Bénévent est assiégé par les Byzantins de l’empereur Constant II, Barbat promet la victoire lombarde et la levée du siège si Romuald et les Lombards acceptent la religion chrétienne telle qu’elle professé par le pape, successeur de Pierre : Romuald et ses troupes reviennent dans le giron de l’Église Catholique Romaine, les Byzantins lèvent le siège, le duc de Bénévent est victorieux. Barbat assista à deux conciles importants en 680 : un concile de Rome et au sixième concile œcuménique ou troisième concile de Constantinople. Il meurt à Bénévent le 19 février 682 et devient plus tard le patron de la ville. Ses reliques se trouvent à Bénévent et à Montevergine.

Martyrologe

A Rome, l’anniversaire de saint Gabin, prêtre et martyr, frère du bienheureux pape Caïus. Longtemps retenu en prison par Dioclétien et chargé de fers, il s’acquit à lui-même les joies du ciel par une mort précieuse.

En Afrique, les saints Publius, Julien, Marcel, et d’autres martyrs avec eux.

En Palestine, la commémoraison des saints moines et autres martyrs, qui furent cruellement massacrés pour la foi du Christ par les Sarrasins et leur chef Alamundar.

A Naples, en Campanie, saint Quodvultdeus (c’est.à.dire « ce que Dieu veut »), évêque de Carthage. En même temps que son clergé, il fut placé par le roi arien Genséric sur un navire avarié, sans rames et sans voiles, et, contre toute attente, il aborda à Naples; c’est là qu’en exil, il succomba en vrai confesseur.

A Jérusalem, saint Zambdas évêque.

A Soli, en Chypre, saint Auxibe évêque.

A Bénévent, saint Barbat évêque. Homme d’une admirable sainteté, il convertit au Christ les Lombards et leur chef.

A Milan, saint Mansuet, évêque et confesseur.

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