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Journaliste tuée : le Président libanais parle de crimes de guerre israéliens

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22 avril 2026 – La journaliste Amal Khalil, 42 ans, a été volontairement tuée lors d’une attaque israélienne dans le sud Liban

La journaliste libanaise Amal Khalil a été tuée dans le sud du Liban, volontairement ciblée par Tsahal. Le chef de l’État libanais a déclaré : « Voilà comment Israël dissimule la vérité sur ses attaques. »

La journaliste Amal Khalil, 42 ans, a été volontairement tuée lors d’une attaque israélienne

La journaliste Amal Khalil, 42 ans, a été tuée lors d’une attaque israélienne dans la ville de Tyr, au sud Liban, hier 22 avril, selon l’Agence libanaise de la défense civile. Son corps sous les décombres de la maison détruite par les tirs de l’armée israélienne a été retrouvé, selon la Défense civile libanaise.

L’armée israélienne l’a délibérément visée alors qu’elle accomplissait son travail journalistique au sud du Liban. L’armée israélienne a empêché les secouristes d’accéder à la zone pendant plusieurs heures et a même tiré sur les ambulances, retardant ainsi la prise en charge d’Amal. Sa collègue indépendante Zeinab Faraj, qui travaillait avec Amal, a été blessée au cours de la même attaque.

Les deux journalistes s’étaient réfugiées dans une maison du village d’al-Tiri, après qu’une frappe israélienne avait visé une voiture qui les précédait, selon l’Agence nationale d’information (Ani, officielle). Les deux occupants du véhicule, le maire de la ville voisine de Bint Jbeil, occupée par Israël, et un homme qui l’accompagnait, ont été tués, a précisé la même source.

Une frappe israélienne a ensuite visé la maison où s’étaient réfugiées les deux journalistes. Les secours ont évacué dans un premier temps la journaliste blessée, avant que « des tirs israéliens visent l’ambulance », selon le ministère de la Santé libanais.

Israël accusé d’avoir « entravé les opérations de sauvetage »

Les autorités libanaises ont dû contacter des Casques bleus et il a fallu plusieurs heures avant que les secouristes puissent à nouveau accéder au secteur pour retirer des décombres le corps de la journaliste Amal. Correspondante dans le sud du Liban pour le journal al-Akhbar, proche du Hezbollah, Amal Khalil avait couvert les différentes guerres dans cette région.

Le ministère de la Santé a accusé aujourd’hui, lendemain du drame, Israël d’avoir « entravé les opérations de sauvetage » et « visé une ambulance portant clairement le signe de la Croix-Rouge ».

L’armée israélienne avait de son côté affirmé mercredi avoir frappé dans le secteur d’al-Tiri deux véhicules à bord desquels se trouvaient des « terroristes », qui avaient « franchi la ligne de défense avancée » de ses troupes dans le sud du Liban. Elle avait démenti avoir « empêché les équipes de secours d’accéder à la zone ». Israël dit avoir tracé une « ligne jaune », ou ligne de défense avancée, en profondeur dans le sud du Liban où ses troupes sont entrées, et interdit aux habitants d’y retourner.

« Israël cible délibérément les journalistes » et commet « des crimes de guerre »

L’indignation et la condamnation sont vives au Liban à la suite de ce que l’on peut qualifier de meurtre d’une journaliste dans le sud du pays.

Le président libanais, Joseph Aoun, a exprimé sa profonde tristesse et, comme l’a rapporté X, la Présidence a accusé Israël de cibler délibérément et systématiquement les journalistes dans le but de cacher la vérité sur ses crimes contre le Liban. « Israël cible délibérément les journalistes », a-t-il affirmé, dénonçant « des crimes de guerre ».

Alors qu’une deuxième série de pourparlers entre des représentants du Liban et d’Israël est prévue à Washington, dans un contexte de trêve fragile, le président libanais a condamné ce qu’il qualifie de « crimes contre l’humanité » qui devraient inciter « la communauté internationale à intervenir pour y mettre fin ».

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a également condamné ce meurtre ces dernières heures. « Cibler les journalistes et entraver l’arrivée des secours » constituent des « crimes de guerre », a-t-il dénoncé via X, ajoutant qu’il ne s’agit plus d’« incidents isolés, mais d’une pratique institutionnalisée » que Beyrouth condamne fermement. Il a assuré que son pays poursuivra l’affaire devant les instances internationales.

Un porte-parole de l’armée israélienne, sollicité par l’AFP, a expliqué que « l’incident était toujours en cours d’examen ».

Amal Khalil avait reçu des menaces de mort : « Je vous suggère de fuir si vous voulez garder votre tête attachée à vos épaules »

Les derniers mots d’Amal Khalil étaient : « Je me suis cachée après qu’ils ont visé la voiture dans l’un des garages d’un immeuble de la ville d’Al-Tiri. » Ce soir, un membre de sa famille déclare :

« Le sang d’Amal Khalil incombe au président, au chef du gouvernement et au commandant de l’armée, qui ne se sont pas approchés pour la sauver. »

Il y a une très grande colère ce soir au Liban après que l’État libanais n’a pas agi immédiatement. Aoun a dû demander d’abord la permission israélienne pendant près de 6 à 7 heures à l’armée israélienne avant d’avoir la permission pour secourir Amal.

Depuis cette mort, on apprend que cette journaliste libanaise avait reçu des menaces de mort lui intimant d’arrêter ses reportages et quitter le Liban « si elle voulait garder la tête sur les épaules », avant d’être finalement assassinée : « Nous savons où vous êtes et nous vous rejoindrons quand le moment sera venu… Je vous suggère de fuir si vous voulez garder votre tête attachée à vos épaules… » la harcelait et menaçait sur WhatsApp Gideon Gal Ben Avraham.

Ces nouvelles victimes dans les rangs de presse s’ajoutent aux trois journalistes tués le 28 mars dans une frappe israélienne dans le sud. Des experts de l’ONU avaient réclamé une enquête internationale. Pour le responsable au Moyen-Orient de Reporters sans frontières (RSF), Jonathan Dagher, les frappes de mercredi « indiqueraient un ciblage et une obstruction de l’aide constitutifs des crimes de guerre ». Ramzi Kaiss, chercheur sur le Liban pour Human Rights Watch, a lui estimé que ces faits doivent « faire l’objet d’une enquête digne de foi en vue de rendre justice et d’établir les responsabilités ».

À Beyrouth, des journalistes se sont rassemblés jeudi pour rendre hommage à Amal Khalil avant ses obsèques dans le sud du pays.

Jusqu’à quand la communauté internationale accordera-t-elle une telle impunité à Israël et à ses crimes de guerre ?

Francesca de Villasmundo

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