Premier week-end sous les bombes pour les Iraniens.
Israël a frappé, et comme Israël ne sait que répandre du sang et des larmes, Israël a entraîné les États-Unis dans son jeu mortifère.
Ils provoquent, et ensuite il faut défendre ces éternelles victimes, sinon vous êtes antisémites.
Le plus grave dans ce drame (la guerre est toujours un drame) c’est qu’encore deux jours avant les premières frappes, Iraniens et Américains (Juifs américains, faut-il le préciser) étaient autour de la table des négociations pour éviter le pire.
Sauf que le pire, pour Israël, eût été la paix.
Bernard-Henri Lévy a même avoué toute honte bue qu’il « priait pour que les frappes aient lieu ».
J’aurais bien aimé qu’on lui demandât qui priait-il.
Dès lors, la raison d’être des négociations… gagner du temps pour préparer la guerre.
C’est désormais officiellement la manière de faire des régimes occidentaux en fin de vie décadente, depuis que Hollande et Merkel l’ont avoué bon gré mal gré, piégés lors d’un canular, concernant les Accords de Minsk.
Les États se le tiennent pour dit, les pourparlers avec les Occidentaux ne servent à rien d’autre qu’à gagner du temps pour frapper plus fort.
Et qu’on ne vienne pas dire que l’ONU ne joue pas son rôle. Qu’on ne me dise pas que l’ONU ne sert à rien. L’ONU n’est que ce qu’en font les États-membres. Or les États-membres n’ont pas fait de progrès depuis la SDN.
La seule différence entre la SDN et l’ONU est que les États-Unis et Israël ont le total contrôle sur la deuxième.
Oui car, que cela plaise ou non, Israël est bien membre permanent du Conseil de Sécurité avec les privilèges que cela comporte.
Jamais, depuis la résolution 338 Israël n’a eu à subir la moindre injonction du Conseil de sécurité qui attend toujours d’être réformé car, faut-il le rappeler, il est toujours régi par un règlement intérieur provisoire. Défense de rire.
Il ne sert désormais plus à rien de négocier si une partie des négociateurs sont de mauvaise foi.
L’intérêt d’Israël était « la guerre à tout prix ». Dès lors, pourquoi faire semblant de négocier la paix ?
Quels étaient les enjeux de ces négociations ?
1. Les armes nucléaires.
L’Iran a très officiellement renoncé à se doter de l’arme nucléaire. Il s’agit là d’une concession très importante pour deux raisons :
a) au nom de quoi certains pays comme les États-Unis et Israël y auraient droit, alors que d’autres pays seraient privés de ce qui reste un exercice de leur souveraineté ? Au motif que l’Iran serait un État dont les comportements laisseraient à désirer ? Sans être un fanatique des mollahs et des ayatollahs, je considère qu’il n’est pas inutile de rappeler que c’est bien l’Iran qui a été agressé par une révolution islamique fomentée par la CIA avec la participation de la France. C’est encore l’Iran qui a été agressé par le proxy Irak agissant pour le compte des États-Unis.
b) Si l’Iran avait disposé de l’arme nucléaire il ne serait certainement pas bombardé. Les États-Unis honnissent la Corée du Nord au moins autant que l’Iran, mais ils la laissent tranquille de peur que New-York ou Washington ne soient transformés en parking radio-actif. Le sagace observateur n’aura pas manqué de noter que le seul État qui a balancé non pas une, mais deux bombes atomiques, qui plus est sur des civils, s’appelle les États-Unis d’Amérique et vient donner des leçons de démocratie à la terre entière.
Néanmoins, le guide suprême que Netanyahou est très fier d’avoir assassiné avait donné son accord pour renoncer à l’arme nucléaire.
2. La question des missiles balistiques.
L’Iran refuse en revanche de renoncer à ses missiles balistiques car si l’Iran avait cédé et avait accepté de se désarmer totalement, il aurait été quand même frappé.
Personne au Proche-Orient n’a oublié les efforts de désarmement de Saddam Hussein.
Une fois qu’il s’est retrouvé (pardon mesdames) « à poil », on sait comment il a fini. Il est donc normal que l’Iran souverain hésite à se départir de ses moyens de défense.
Encore une fois les Iraniens ne sont pas des saints.
Personne n’a oublié les attentats de 1986, Chapour Bakhtiar et les otages du Liban.
C’est toutefois peu de choses comparativement aux ingérences de l’État hébreu et des États-Unis.
Et puis, tant que la diplomatie vivait, tout cela était négociable.
Il semble que tout ça soit fini aujourd’hui.
Jacques Frantz
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