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La langue des médias : destruction du langage et fabrication du consentement (Ingrid Riocreux)

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Ingrid Riocreux, agrégée de lettres modernes, est chercheur à l’université.

Le journaliste possède sa manière bien à lui de dire, de ne pas dire, de mal dire, de faire dire, de parler, de faire parler ou de laisser parler. De même que le journaliste reproduit sans fin les formules de ses confrères, il ne cesse de répéter des termes qui impliquent un jugement éthique sur les événements. Prenant pour des données objectives des points de vue propres à des courants de pensée, le journaliste contribue à répandre une doxa, un prêt-à-penser. Les mots des journalistes sont porteurs de tous les préjugés de notre temps, faits de politiquement correct et de pensée unique. On ne parle pas ici du rare journaliste d’un média de la réinformation mais de ces journalistes formatés des médias dominants. Ces médias, malgré le pluriel, fournissent une unicité de discours. On traque les “dérapages”, on dénonce “l’extrême droite”, on enquête sur “l’homophobie”, “l’europhobie”, le “climatoscepticisme”,…

Ce livre décortique les manipulations du langage, met en garde contre l’utilisation par des esprits libres de termes minés. L’expression “islamo-fascisme” popularisée par Manuel Valls s’explique par la classification éthique selon laquelle le mal absolu ne peut être que d’extrême droite/nazi/fasciste. Si l’on voulait pointer l’islamisme, il fallait donc en faire un “islamo-fascisme” – on dit parfois “nazislamisme”. Autre exemple, “sans papiers” est un terme forgé par les militants de la gauche radicale altermondialiste pour en finir avec la force péjorative du mot “clandestins”. Enfin, le terme de “migrants” a ceci de commode qu’il réduit des foules de personnes à leur seul déplacement. L’image ainsi suscitée est celle d’une masse à la progression inexorable et sans fin. Face aux “migrants”, on se résigne : on ne peut les empêcher de venir.

Ingrid Riocreux propose une grille d’analyse, afin de former les réflexes des lecteurs, auditeurs et téléspectateurs, et d’attiser leur sens du discernement. Elle examine les mots qui veulent dire méchant, pas bien, les mots-couperets (les phobes et les sceptiques), les descriptions orientées (cheveux courts et veste noire), mais aussi l’indulgence permanente pour les amis de la bien-pensance,…

A lire pour se libérer !

La langue des médias, Ingrid Riocreux, éditions de l’Artilleur, 336 pages, 20 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

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