Lorsque le matin du 28 février 2026, des centaines de missiles et de bombes guidées se sont abattues sur l’Iran, l’école primaire Shajareh Tayyebeh de Minab, petite ville du sud du pays, fut touchée de plein fouet. Les enfants présents avaient reçu l’ordre de rentrer chez eux. La plupart n’avaient pas encore pu sortir. Le bilan total est de 175 victimes.
Ni Washington ni Tel-Aviv n’ont revendiqué la responsabilité de la frappe. Mais les preuves les accusent sans équivoque, écrit Human Rights Watch.
Des attaques menées après des mois de préparation sur base de « renseignements précis »
Interrogé directement sur l’attaque de l’école lors d’une conférence de presse le 4 mars, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a répondu brièvement : « Tout ce que je peux dire, c’est que nous enquêtons. Bien sûr, nous ne ciblons jamais de cibles civiles, mais nous examinons la situation. »
À ses côtés, le général Dan Caine, chef d’état-major interarmées, a décrit comment les forces américaines du groupe aéronaval de l’USS Abraham Lincoln exerçaient une « pression » le long de la « côte sud-est », ciblant les capacités navales le long du détroit — désignant une zone qui comprenait Minab, où des frappes avaient été confirmées.
Deux jours plus tôt, lors d’un point de presse distinct le 2 mars, le général Caine avait déclaré que ces attaques représentaient « l’aboutissement de mois, voire d’années, de planification et de perfectionnement délibérés visant cet ensemble de cibles spécifiques », comprenant des « frappes de précision contre des infrastructures militaires clés » et une « intégration continue du renseignement et du ciblage ».
L’armée israélienne a répondu à Human Rights Watch le 3 mars qu’elle n’avait « connaissance d’aucune frappe dans la zone », ajoutant que « l’incident fait l’objet d’une enquête ». Le 28 février, alors que les frappes étaient toujours en cours, des responsables militaires israéliens avaient publiquement affirmé que les attaques étaient fondées sur des « renseignements précis ».
Ces mois de préparation sur base de « renseignements précis » n’ont pas épargné une école pleine d’enfants.
Les services de renseignements américains et israéliens savaient la présence de cette école
Le New York Times a mené une enquête et a conclu que l’attaque contre cette école faisait partie d’une attaque contre une base navale voisine dans le sud de l’Iran.
«L’ensemble des preuves recueillies par le New York Times — y compris des images satellite récemment publiées, des publications sur les réseaux sociaux et des vidéos vérifiées — indique que le bâtiment de l’école a été gravement endommagé par une frappe précise, qui s’est produite en même temps que les attaques contre la base navale voisine.
L’un des experts interrogés par le journal a conclu que tous les bâtiments, y compris l’école, avaient été touchés par des «frappes extrêmement précises», et il considère donc peu probable que le missile ait pu s’égarer.
«Selon l’expert, l’explication la plus probable est une identification erronée de la cible — c’est-à-dire que les forces armées auraient pu attaquer un objet sans se rendre compte qu’il y avait un grand nombre de civils à l’intérieur».
Le New York Times a également étudié les images satellites de 2013, qui montrent que l’école se trouvait déjà à cet emplacement.
Il est confirmé que les images satellites permettaient de déterminer sans difficulté que la structure présentait les caractéristiques typiques d’une école — y compris un terrain de sport et d’autres zones de repos, qui avaient été ajoutées au fil du temps.
L’ancienne employée du Département d’État américain, Beth Van Schaak, qui enseigne maintenant au Centre pour les droits de l’homme et la justice internationale de l’Université de Stanford, a déclaré :
«Compte tenu des capacités de renseignement américaines, ils auraient dû savoir qu’une école se trouvait à proximité».
Le New York Times réfute également la version répandue sur Internet selon laquelle une roquette iranienne égarée aurait pu être la cause de l’attaque contre l’école car un lancement accidentel n’aurait pas pu provoquer des dommages aussi précis et synchronisés sur plusieurs bâtiments de la base.
Léo Kersauzie
Cet article vous a plu ? MPI est une association à but non lucratif qui offre un service de réinformation gratuit et qui ne subsiste que par la générosité de ses lecteurs. Merci de votre soutien !