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La FIFA, entre corruption et manœuvres diplomatiques ; démission de Sepp Blatter

Sepp Blatter, le Haut-Valaisan de 79 ans et président de la FIFA, a démissionné mardi. A peine réélu il y a 5 jours, malgré des arrestations concernant ses proches et des cadres de l’instance internationale du football.

Les têtes tomberaient pour corruption. Pourtant, nous sommes en 2015, les affaires de corruption durent depuis des années, et seule la CIA et le FBI s’intéresseraient aux magouilles de la FIFA ? Qui plus est comme par hasard juste avant les élections de son président ?

La réalité de cette corruption est à rechercher du côté du Qatar soupçonné d’avoir acheté l’organisation de la coupe du monde sur son sol pour 2022. L’Etat islamiste se défend affirmant avoir respecté «plus hauts standards éthiques» !

Un article bien complet d’orientxxi.info sur le sujet permet de jeter un coup d’œil sur les arrestations très politiques sur fond de conflit internationaux de ces derniers jours :

Devant cette conjonction entre l’action judiciaire américano-suisse et le malaise des grandes entreprises, le Qatar a de bonnes raisons de s’inquiéter. Ces procédures judiciaires augmentent le risque pour lui de perdre le droit d’accueillir la Coupe. Elles menacent aussi de jeter un coup de projecteur sur les sociétés spécialisées dans les droits sportifs et sur leurs relations commerciales intimes avec des fédérations régionales. Relations que ces institutions, en premier lieu la Fédération asiatique de football, veulent maintenir à tout prix.

L’enquête américaine a d’abord porté sur des affaires américaines et sur la Coupe du monde de 2010 en Afrique du Sud. Mais elle examine également l’élection à la présidence de la FIFA en 2011, qui a déclenché la chute du Qatari Mohamed Ben Hammam. Cette élection est liée de près à la candidature du Qatar. Elle constitue, avec le vote de la FIFA en faveur de la Russie, la cible de la procédure criminelle suisse.

Chuck Blazer, l’ex-membre du comité exécutif de la FIFA qui collabore avec les autorités américaines après avoir plaidé coupable a joué un rôle important pour faire tomber Ben Hammam, président de la Confédération asiatique. Blazer aurait été assis à côté de lui lors du comité exécutif du 2 décembre 2010 qui a choisi le Qatar. Il a vu Ben Hammam cocher sur une liste les noms de ceux qui avaient voté pour son pays. Ces noms sont supposés être ceux des délégués que le Qatari avait achetés.

De même, Darry et Daryan Warner ont commencé à travailler avec les autorités américaines. Ce sont les fils de Jack Warner, ex-membre disgracié du comité exécutif de la FIFA, associé de Mohamed Ben Hammam. Jack Warner est l’un des quatorze responsables inculpés  ; il s’est livré à la police mercredi soir, à Trinidad et Tobago.

Warner était au cœur des campagnes de Mohamed Ben Hammam pour la désignation du Qatar et pour l’élection à la présidence de la FIFA. Jack Warner a démissionné de la FIFA en 2011 pour échapper à une enquête interne. À l’époque, il avait déclaré qu’il entraînerait dans sa chute la maison FIFA. Il avait publié un courriel du secrétaire général Jérôme Valcke affirmant que l’attribution de la Coupe du monde au Qatar avait été achetée.

Les enquêtes américaine et suisse portent sur la corruption financière. Elles ne devraient pas s’attaquer aux liens étroits entre la corruption financière et la corruption politique, tout aussi sérieuse et qui a facilité des opérations financières illicites. Ces liens sont essentiels dans les affaires que la FIFA tente de dissimuler : la Russie, l’AFC, l’affaire Ben Hammam…

Ce blog, The Turbulent world of Middle East Soccer, et le journalMalay mail ont déclenché la suspension du secrétaire général de l’AFC Dato Alex Soosay, en attendant les résultats d’une enquête sur des accusations de dissimulation ou de destruction de documents relatifs à de supposés paiements illégaux ainsi qu’aux accords commerciaux de sa fédération. L’AFC a pour président Cheikh Salman Bin Ibrahim Al-Khalifa, membre de la famille régnante du Bahreïn qui a brutalement réprimé la révolte populaire de 2011 au cours de laquelle quelque 150 athlètes ou dirigeants du sport ont été arrêtés. Y compris des membres de l’équipe nationale qui auraient été torturés, alors que Cheikh Salman dirigeait l’Association de football de Bahreïn.

Le prince a par ailleurs tout fait pour enterrer un audit indépendant qui avait découvert des malversations financières massives à l’intérieur de l’AFC, soulevant de sérieux doutes sur l’accord de 1 milliard de dollars sur des droits d’exploitation passé avec le World Sport Group (WSG), basé à Singapour. L’action en justice lancée par le WSG pour obliger l’auteur de ce groupe à révéler ses sources a échoué en 2014, la Cour suprême singapourienne l’ayant débouté.

Les procédures suisse et américaine ont jeté un coup de projecteur sur la candidature qatarie à la Coupe du monde. Les révélations du Sunday Times ces derniers jours laissent peu de doute sur la corruption qui l’a entourée. Mais pour être juste, la Russie et le Qatar ont joué le jeu selon les règles non écrites de la FIFA. Si le Royaume-Uni a perdu la Coupe en 2018, c’est tout simplement pour avoir voulu se comporter de façon droite, éthique et légale.

Toujours est-il que la FIFA mérite ce qu’il lui arrive. Et rien que le fait d’avoir donné au Qatar, argentier des terroristes et pays islamiste, la possibilité de redorer son image par l’organisation de la coupe du monde via de belles infrastructures modernes et rutilantes, construites par des quasi-esclaves bien souvent chrétiens, méritait bien de mettre sous les verrous quelques responsables de cette organisation véreuse.

Xavier Celtillos

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