« Tu ne proféreras pas de mensonge, ni de faux témoignage ».
Comme l’apôtre Jean (celui que Jésus aimait) le rappelle dans son Évangile (Jean 8 ;32), « la vérité vous rendra libre » ; Quelle vérité ? Celle du Verbe Incarné, bien sûr, celle portée par le Fils de Dieu, celle qui affranchit l’homme déchu de son péché. Libre de quoi, par conséquent ? Libre du péché, bien sûr, dont il était le pitoyable esclave.
Le magistère de la Parole est ainsi lié tout autant à la liberté qu’à la vérité.
Comme il existe un « jugement d’équité », susceptible de rendre justice au nom de la raison même, et non du droit lorsque celui-ci a été dévoyé, doit exister une « libre parole » capable d’exprimer la vérité en s’ajustant pareillement à la raison lorsque le mensonge règne partout en maître.
Cette « libre parole » n’est pas à confondre avec la trop galvaudée « liberté d’expression », au nom de laquelle on proféra tant d’énoncés faux, absurdes ou contre-nature, au premier rang desquels le trop fameux « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à ma mort pour que vous ayez le droit (encore lui !) de le dire », lieu commun faussement attribué à Voltaire et répété à l’envi par tous les chroniqueurs de chaines infos rivalisant, sous le regard pointilleux de l’ARCOM, de ladite « liberté d’expression ».
Et si l’inverse, « je me battrais jusqu’à ma mort pour que vous n’ayez pas le droit de le dire », était finalement mieux adapté à la raison, et portait davantage de signification ?
Le huitième Commandement est explicite sur ce point : Pour que ta parole soit libérée du péché, « tu ne proféreras pas de mensonge, ni de faux témoignage ».
Dieu condamne ainsi ce droit de tout dire, érigé en dogme par les démocraties modernes, afin de nourrir le débat, faire avancer les mentalités, favoriser les échanges et autres billevesées politiciennes. En réalité, une société dans laquelle la libre parole serait à la portée de tous irait de pair avec une société où chacun pourrait faire justice selon son propre droit. Voilà pourquoi ni l’une ni l’autre n’est ni viable ni souhaitable.
Ainsi s’explique l’ambiguïté de ces régimes démocratiques, tiraillés entre la défense de la liberté d’expression sur laquelle feint de reposer leur légitimité, et la nécessité cybernétique de la contrôler en l’influençant par la propagande ou en la restreignant par des lois. Car la liberté d’expression, au contraire de la libre parole, n’est soumise qu’à un devoir de liberté, pas de vérité.
Elle alimente ainsi la confusion, favorise la toute-puissance de l’erreur, blesse la décence commune aux humbles et aux sages et constitue un frein à l’intelligence des nations. Mais elle permet le conditionnement de l’homo démocratique universel, rendant l’État tout puissant face à la personne humaine, et c’est pourquoi elle est tant vantée.
La sagesse populaire l’a compris depuis longtemps, qui professe que si la parole est d’argent, le silence est bien d’or : s’il coûte plus, en effet, de retenir sa langue que de la laisser babiller à l’envi, un silence avisé, in fine, rapporte plus en termes de mérite comme en termes de réputation que des propos inconséquemment répandus.
Voilà pourquoi le magistère de la Parole, livré à n’importe qui et soumis au seul air du temps, conduit nécessairement tout peuple à sa perte, toute nation à sa ruine, jusqu’à ce que le besoin d’un retour à un véritable magistère philosophique et théologique de la Libre parole, telle que définie plus haut, se fasse sentir de nouveau à chacun.
Le Petit Béraldien.
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