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Les assassins de Quentin sont-ils des intouchables ?, par Le Petit Béraldien

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« Les fils de la bourgeoisie qui se considèrent
comme les vengeurs des opprimés de la terre ».

Le bruit va galopant sur les réseaux : Un fils de juge, une fille de fonctionnaire de la Métropole en charge des relations internationales, un autre de metteur en scène…

Des noms circulent, qu’on ne citera pas ici.

À cela rien de bien étonnant : chez les fils de la bourgeoisie qui se considèrent comme les vengeurs des opprimés de la terre, le sentiment d’impunité nait toujours du compte en banque et du degré d’influence des parents.

C’est le courage des héritiers, qu’on voit souvent fondre comme neige au soleil à la première garde à vue.

Est-ce la raison pour laquelle ces dernières commencent à tarder ? Certains le disent.

Il y a, derrière ces bruits qui courent, un fond de réalité, un autre liée à une légende urbaine bien vivace entre Rhône et Saône, celle de la toute-puissance des élites étouffant les affaires susceptibles de les compromettre.

Dans l’inconscient collectif, le crime a toujours flirté soit avec le secret des alcôves, soit avec celui des loges.

Lyon, terre d’affrontement ?

Le Progrès du jour réactive cet autre vieux cliché pour vendre son papier dans lequel on emballait, jadis, le poisson sur les marchés.

Ce journal, né dans le radicalisme de la Troisième République, est spécialiste d’un tel narratif. Il est issu des affrontements entre la corporation des ouvriers tisseurs et celle des marchands fabricants, qui émailla l’histoire de la Fabrique de soie durant l’Ancien Régime et aboutit, sous-la Monarchie de Juillet, aux révoltes des canuts de 1831 et 1834.

Pauvres canuts ! Lors d’un meeting électoral organisé au Gros-Caillou, à la Croix-Rousse, l’infect Mélenchon a fait reprendre en chœur le chant d’Aristide Bruant, C’est nous les canuts, par toute la foule d’imbéciles venus applaudir ses gesticulations amphigouriques.

La gauche radicale a toujours ainsi distillé cette idée fausse, que les canuts étaient des prolétaires anarchisants, ce qui au regard de l’histoire relève du contre sens autant que de l’anachronisme.

Bref, la vérité sur l’assassinat politique de Quentin est menacée de part et d’autre par ces deux fantasmes, qui ont toujours servi les agissements des puissants pour conditionner l’opinion : une bourgeoisie intouchable parce qu’intrinsèquement corrompue, face à une violence irrationnelle inhérentes à la culture populaire.

Ce pas-de-deux a alimenté moult scénarii, rendant crédibles de nombreuses falsifications judiciaires et politiques durant tout le vingtième siècle.

L’opinion, sans en être forcément dupe, s’en est accommodée, d’une part parce que le romanesque de ces fictions-là nourrissait son imaginaire, mais surtout parce qu’elle n’avait guère les moyens, ni le temps, de le contester.            .

La mémoire de Quentin Deranque mérite mieux que cela.

Les auteurs de son assassinat sacrificiel doivent être condamnés sans complaisance, pour la monstruosité de leurs agissements et pour ce qu’on appelait jadis la valeur exemplaire de la justice.

Le Petit Béraldien

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