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Les dizaines de diplomates russes expulsés. Qu’y-a-t-il derrière ?

On se croirait dans un James Bond 007 ! Le nom même de l’ex-agent double empoisonné, Skripal, fait penser à Skyfall, le 25e opus qui met en scène le célèbre agent secret britannique au service de sa Majesté la Reine et de l’humanité, dans une énième et rocambolesque aventure d’espionnage et de terrorisme impliquant le monde entier… Mais la fiction n’est jamais très éloignée de la réalité.

L’affaire Skripal en est la démonstration éclatante. Elle nous replonge dans les affres de la guerre froide mais il n’est pas si sûr cette fois-ci que le grand méchant soit l’ogre russe ! Le journaliste italien d’investigation Maurizio Blondet, adversaire obstiné du nouvel ordre mondial qui se dessine sous les coups de l’impérialisme américain et du messianisme juif, a publié sur son blog Blondet and Friends une analyse percutante sur ce duel entre Russie et monde occidental dont voici, en partie, la traduction :

« Quand le gouvernement USA expulse 60 diplomates russes et que 18 pays européens, dont 15 de l’UE, en font autant dans une manœuvre retentissante et concertée basée sur du mensonge, la situation est très grave. S’attendre à un minimum d’explication sur ce « qu’y-a-t-il derrière » est prématuré. Il est certain que qui « il y a derrière » est un pouvoir puissant. Qui a pour objectif la rupture totale entre la Russie et l’Occident.

Nous pouvons seulement montrer comment le langage employé par tous les pays de l’UE pour expliquer les expulsions, lui-aussi convenu, est absurde sur le plan logique, diplomatique et légal :

Donald Tusk : « il est hautement probable que la Russie soit responsable de l’attaque de Salisbury [l’empoisonnement de l’espion Skripal, ndlr] et qu’il n’existe pas d’autre explication plausible. »

Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères français : « convenu qu’il n’existait pas d’autre explication plausible que celle de la responsabilité de la Fédération de Russie ».

Teresa May : « Aucun pays autre que la Russie n’a à la fois la capacité, la détermination et la motivation. Il n’y a aucune explication alternative plausible… Le défi de la Russie durera dans les années à venir. »

Heiko Maas, ministre des Affaires étrangères allemand : « Les faits et les preuves suggèrent que la Russie est derrière cette agression. »

Comment le « suggèrent-ils » ? Laissent entendre ? Pourquoi ne pas exhiber publiquement ces preuves mais prendre des décisions très graves comme la rupture des relations diplomatiques sur la base d’une «suggestion » qui n’est pas consolidée avec une arrestation, par les résultats d’une enquête, l’exhibition de preuves à charge ?

(…)

Le gouvernement Gentiloni (Italie, ndlr) s’est également joint à cette affaire en expulsant deux diplomates : « Nous ne pouvions pas faire autrement. A la suite des élections italiennes, avec la victoire des partis euro-sceptiques, la France et l’Allemagne sont en train de réactiver le « triangle de Weimar », c’est-à-dire l’alliance entre Paris, Berlin et Varsovie qui exclut l’Italie des grands jeux européens. Nous ne pouvons l’accepter. Nous avons besoin des États-Unis et de nos partenaires en Méditerranée. »

Et à la question que peut-être le futur gouvernement italien pourrait être contraire aux sanctions contre Moscou : « A mon avis, le futur gouvernement devra tenir compte de l’importance majeure des États-Unis et du Royaume-Uni pour l’Italie par rapport à la Russie. Nous devions suivre nos alliés. Mais aussi montrer notre solidarité au Royaume-Uni, en vertu de deux alliances qui ont permis dans les années passées la croissance et la modernisation de notre pays, c’est-à-dire l’Union Européenne et l’OTAN. »

C’est assez clair : l’UE et l’OTAN tirent les ficelles et mettent en cage.

Fait notoire, la petite Autriche a refusé d’imiter les autres pays européens au sujet des expulsions.

Il faut relever aussi un bref exercice littéraire du fameux Bernard-Henri Lévy, Quelques heures dans la tête de Vladimir Poutine. Il le portraiture joyeux après la victoire électorale et « la messe », pensant à « cette affaire de poison ». Franchement il ne pensait pas que les Occidentaux en auraient fait une telle histoire : « Ils n’ont pas moufté, songe-t-il, quand j’ai exterminé 100 000 Tchétchènes. Ils se sont à peine émus quand je me suis débarrassé de quelques milliers d’excités en les envoyant s’entre-tuer avec leurs semblables dans le Donbass. Je ne parle même pas des enfants syriens qu’on a dû gazer, avec l’ami Assad, et qui ne leur ont pas arraché une larme. »

Vous la reconnaissez ? C’est un récit juif. Le récit juif sur Poutine qui a été diffusé sur nos journaux télévisés et autres médias. Les fake news, l’hitlérisation de Vladimir Poutine, recueillies pour ainsi dire à la source. » (Traduction de Francesca de Villasmundo)

Francesca de Villasmundo

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