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L’opposition de Sa Majesté – Le « conservatisme » catholique face aux consécrations épiscopales de la FSSPX, par Mgr Viganò, archevêque.

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Les contradictions et la pseudo-opposition des trois cardinaux Müller, Sarah, et Burke.

L’intervention de Müller

Le 21 février dernier, sur Kath.Net, le Cardinal Gerhard Ludwig Müller[1] a commenté la décision de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X de procéder aux Consécrations épiscopales sans Mandat pontifical, après que le Préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi a réitéré au Supérieur Général, l’abbé Davide Pagliarani, le veto du Saint-Siège sur l’octroi du Mandat et le refus de réviser les textes du Concile Vatican II que la Fraternité considère à juste titre hétérodoxes. Dans son discours, Die Piusbruderschaft und ihre Einheit mit der Kirche[2], le Cardinal allemand soutient que procéder sans Mandat pontifical constitue une « blessure objective à l’unité visible de l’Église » : non pas une simple désobéissance administrative, mais un acte qui sape l’autorité papale à ses fondements. Il insiste sur le fait qu’« aucun évêque ne peut consacrer contre le successeur de Pierre ». Müller insiste sur la reconnaissance de l’autorité papale non seulement en théorie, mais aussi en pratique, sans conditions, affirmant que la FSSPX doit se soumettre au magistère de l’Église afin d’exercer une influence positive sur l’histoire ecclésiale.

L’ancien Préfet de l’ancien Saint-Office est intervenu comme suit :

« La seule solution possible devant Dieu consiste dans le fait que la Fraternité Saint-Pie X, avec ses évêques, prêtres et laïcs, reconnaisse non seulement en théorie, mais aussi en pratique, notre Saint-Père le Pape Léon XIV comme le Pape légitime et se soumet, sans conditions préalables, à son autorité doctrinale et à sa primauté de juridiction. Il sera alors aussi possible de trouver une solution juste à leur statut canonique, par exemple en dotant leur prélat d’une juridiction ordinaire pour la Fraternité, qui soit directement subordonné au Pape (peut-être sans la médiation d’un bureau de la Curie). »

L’intervention de Sarah

Le lendemain, le 22 février, dans un article paru sur le Journal du Dimanche[3], le Cardinal Robert Sarah[4] a répété l’appel à l’unité au sein de l’Église, exprimant une profonde inquiétude face au schisme potentiel qui risque de fracturer l’unité de l’Église, insistant sur le fait que la véritable communion ecclésiale doit être enracinée dans l’obéissance au Pape et dans l’adhésion au Magistère. Ses paroles ne donnent pas lieu à des malentendus :

« Je tiens donc à exprimer ma profonde inquiétude et ma tristesse d’apprendre l’annonce par la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, fondée par Mgr Lefebvre, de procéder aux ordinations épiscopales sans mandat pontifical. On nous dit que cette décision de désobéir à la loi de l’Église serait motivée par la loi suprême du salut des âmes : suprema lex, salus animarum. Mais le salut est le Christ, et il n’est donné que dans l’Église. Comment pouvons-nous prétendre guider les âmes vers le salut par d’autres voies que celles qu’il nous a lui-même indiquées ? Est-ce vouloir le salut des âmes que de déchirer le Corps Mystique du Christ d’une manière peut être irréversibl e ? Combien d’âmes risquent d’être perdues à cause de cette nouvelle lacération ? […] N’est-ce pas une trahison de la Tradition de se réfugier dans les moyens humains pour entretenir nos œuvres, aussi bonnes soient-elles ? »

L’intervention de Burke

Le Cardinal Raymond Leo Burke[5], qui semble ne pas vouloir se prononcer sur les Consécrations annoncées, s’était déjà exprimé en 2017 sur l’état de schisme dans lequel, selon lui, la Fraternité Saint-Pie X se trouve depuis 1988[6] :

« Malgré les divers arguments concernant la question, le fait est que la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X est en schisme depuis que l’Archevêque Marcel Lefebvre a ordonné quatre évêques sans mandat du Pontife romain. Il n’est donc pas licite d’assister à la messe ou de recevoir les sacrements dans une église placée sous la direction de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X. Cela dit, pour nous à ce sujet, une partie de ce genre de confusion dans l’Église s’est également produite parce que le Saint-Père François a donné aux prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X la faculté de célébrer validement les mariages, licitement et validement. Mais pour cela, il n’y a pas d’explication canonique, c’est simplement une anomalie. »

Une opposition contrôlée

Les interventions des Cardinaux Müller, Sarah et Burke peuvent être considérées comme un exemple paradigmatique de « l’opposition de Sa Majesté » dans le contexte ecclésial catholique, empruntant le concept au système parlementaire britannique, où l’opposition critique les politiques du gouvernement en place tout en maintenant une loyauté absolue envers la Couronne et ses institutions[7]. Cette opposition a montré son inutilité totale lors des Dubia à propos des erreurs d’Amoris Lætitia, totalement ignorés par Bergoglio, qui ne manqua pas de se moquer et d’humilier les Cardinaux signataires.

Les membres de la « triade conservatrice » sont unis par certains éléments qui démontrent leur incohérence absolue par rapport aux principes que l’on attend d’eux qu’ils défendent. Tous les trois acceptent sine glossa les actes du Concile Vatican II et du magistère post-conciliaire. Tous les trois célèbrent indifféremment selon le Vetus Ordo et le Novus Ordo, les considérant tous deux légitimes et reléguant les questions liturgiques à de simples aspects de sensibilité personnelle. Tous les trois, tout en le critiquent, acceptent le « chemin synodale » par obéissance au Pape et Müller a pris une part active aux réunions du Synode sur la Synodalité en 2023 et 2024, en tant que membre votant nommé directement par Bergoglio. Tous les trois reconnaissent la collégialité épiscopale, l’œcuménisme, la liberté religieuse, la Déclaration d’Abou Dhabi et, en général, tous les actes – même les plus controversés – émis par les Dicastères Romains. Tous les trois critiquèrent Fiducia Supplicans sans en exiger la révocation. Tous les trois ont exprimé leur déception après Taditionis Custodes, mais ne se sont pas engagés à empêcher son application. Tous les trois n’ont exprimé aucun mot de soutien à mon égard, ni avant ni après la farce de la procédure canoniques qui a conduit à mon « excommunication » pour schisme. En résumé, tous les trois sont des ratzingeriens convaincus et des partisans de cette variante ecclésiale du processus dialectique hégélien, selon laquelle il serait possible de faire coexister la thèse de l’orthodoxie catholique et l’antithèse de l’hérésie moderniste dans la synthèse conciliaire. Enfin, tous trois reconnaissent Victor Manuel Fernández comme le Préfet légitime du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, malgré son activité « littéraire » de pornographe et d’hérétique. Il ne semble pas non plus qu’ils aient demandé sa démission après le scandale de Besame con tu boca et La pasión mística.

Les contradictions des trois cardinaux

En résumé, il ne semble pas que les Cardinaux de la « triade conservatrice » – Müller, Sarah et Burke – puissent aspirer au rôle de défenseurs de l’orthodoxie catholique, étant eux-mêmes des partisans convaincus de Vatican II, de ses déviations et de sa liturgie favens hæresim. Si jamais ils se sont repentis, il semble qu’ils n’aient pas rétracté publiquement leurs erreurs, mais plutôt qu’ils tentent simplement de concilier des thèses opposées et inconciliables pour une vie tranquille ou au nom d’une pseudo-unité de l’Église qui fait fi de la profession ininterrompue de la même Foi, mais dissimule plutôt les divergences évidentes afin de ne pas avoir à tirer les conséquences nécessaires de leurs preuves. Leurs affirmations selon lesquelles il n’y a pas de rupture entre l’avant et l’après Concile ne sont que des déclarations de principe sans fondement et qui contredisent la réalité d’une crise épouvantable, mais qui s’avèrent néanmoins cohérentes avec l’herméneutique de la continuité de Benoît XVI, influencée par la formation hégélienne du théologien allemand.

Il convient également de noter que ces Cardinaux oublient – ou plutôt font semblant d’oublier – que si aujourd’hui Leurs Éminences peuvent célébrer solennellement dans le rite ancien, ce n’est que grâce à l’œuvre du Vénérable Archevêque Marcel Lefebvre, qu’ils considèrent néanmoins comme un « rebelle », à qui ils attribuent la responsabilité du « schisme » de 1988. Et pourtant, sans les Consécrations d’Ecône, Jean-Paul II n’aurait jamais publié le Motu Proprio Ecclesia Dei adflicta qui aurait dû ramener dans le giron conciliaire les clercs de la Fraternité Saint-Pie X, dont certains avaient intégré des sociétés de vie apostolique reconnues par le Saint-Siège, y compris l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre dont le Cardinal américain est le patron et le protecteur. Et Benoît XVI n’aurait jamais promulgué en 2007 le Motu Proprio Summorum Pontificum, par lequel la célébration de la Liturgie tridentine fut libéralisée et qui, jamais pleinement appliqué, fut ensuite largement annulé en 2021 avec Traditionis Custodes.

Müller, Sarah et Burke constituent une opposition contrôlée à tous les effets. Leur rôle est de contenir l’hémorragie des Catholiques causée par la révolution conciliaire, les illusionnant qu’il est possible de faire coexister deux entités opposées dans la même institution et sous la même Hiérarchie : l’Église Catholique et l’église conciliaire-synodale. Burke lui-même le reconnaît :

« Je sais qu’à la fois à Lacrosse et à St. Louis, où il y avait des apostolats de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre pour ceux qui désiraient les rites de l’Église selon l’ancien rite, de nombreuses personnes qui fréquentaient la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X se sont réconciliées et retournèrent à l’Église. Et je dis que si nous allons librement à ces Messes [de la FSSPX] qui sont célébrées, quel encouragement ont-ils pour être réconciliés avec l’Église[8] ? »

La principale préoccupation de cette « opposition de Sa Majesté » semble se réduire à proposer un produit similaire à celui demandé par les clients, dans le seul but d’éliminer la concurrence de la FSSPX afin de forcer les acheteurs à accepter avec ce produit contrefait également le poison qu’il cache. N’oublions pas que les communautés ex-Ecclesia Dei concilient les célébrations tridentines avec une prédication qui fait taire toute critique non seulement du Concile et de la réforme liturgique, mais aussi des « pontificats » de Bergoglio et de Prevost. Les clercs de ces instituts sont invités à participer aux fonctions de l’Ordinaire local – par exemple, pour la concélébration de la Messe Chrismale du Jeudi Saint – et cela est exigé également de leurs fidèles, comme c’est le cas pour les Confirmations, administrées selon le nouveau rite montinien. À titre d’exemple, aucune critique n’a été entendue ni de la part des trois Cardinaux ni des prêtres qui se réfèrent à eux, à propos de la scandaleuse Note doctrinale Mater populi fidelis, qui déclare « toujours inapproprié » l’usage des titres mariaux de Médiatrice et de Co-rédemptrice. Il est donc difficile de croire qu’une telle « opposition » puisse même émettre l’hypothèse de se substituer au rôle bien plus précieux de la Fraternité Saint Pie X, qui ne se limite pas aux aspects chorégraphiques de la Liturgie.

Je réitère ici aussi, comme je l’ai déjà fait, que cette attitude finit par dédogmatiser la Liturgie et déliturgiser la doctrine, ébranlant le fondement qui unit indissolublement la lex orandi à la lex credendi.

L’erreur fondamentale

Les appels à l’unité de Müller, Sarah et Burke souffrent d’une erreur fondamentale, qui invalide in radice [à la racine] tous leurs appels. Ils reconnaissent probablement la crise actuelle, les déviations doctrinales, morales et liturgiques de l’église synodale, mais ils ne veulent pas y voir un effet logique et nécessaire du Concile Vatican II, qu’ils persistent à juger, contre toute évidence, comme entièrement orthodoxe et cohérent avec le pérenne Magistère catholique. La raison de cette erreur est qu’ils ne peuvent pas se renier eux-mêmes ni leurs mentors – Ratzinger in primis – protagonistes ou artisans de Vatican II, et pour cette raison, ils doivent nécessairement trouver un compromis qui ne profite pas à l’unité de l’Église, mais narcotise toute dissidence au nom d’une fausse obéissance qui n’a rien de catholique. L’obéissance à la Hiérarchie devient en fait trompeuse lorsqu’elle s’écarte de la Vérité du Dogme et de la Tradition. L’unité n’est pas avant tout institutionnelle mais doctrinale, enracinée dans le dépôt immuable de la Foi. C’est la discipline de l’Église qui est ordonnée à la préservation et à la transmission du Depositum Fidei, et non l’inverse.

Les efforts pathétiques de ces Cardinaux représentent la tentative d’un conservatisme modéré pour combler les divisions – qu’ils reconnaissent, mais dont ils nient les causes – par un dialogue impossible. Et l’abbé Davide Pagliarani a bien fait de rappeler comment les rencontres des années passées n’ont mené à rien, précisément à cause de la divergence irréconciliable sur des questions doctrinales qui ne peuvent faire l’objet d’aucune négociation, ni d’accords au rabais – les « exigences minimales » requises par Tucho Fernández qui compromettent l’intégrité de la Profession de la Foi Catholique.

Il convient d’ajouter que ce que le Saint-Siège demande à la Fraternité Saint-Pie X au sujet de Vatican II et du Novus Ordo ne s’applique pas aux véritables hérétiques, schismatiques et a-catholiques, auxquels Léon a adressé dans un discours récent des mots extrêmement conciliants : « Nous ne faisons qu’un ! Nous le sommes déjà ! Reconnaissons-le, vivons-le, manifestons-le ! »[9] Nous apprenons ainsi que l’église conciliaire et synodale se considère en communion avec Orthodoxes, Protestants et Anglicans de toutes dénominations, mais pas avec ceux qui rejettent Vatican II. L’œcuménisme et le dialogue se montrent une fois de plus instruments de la démolition de l’Église Catholique, et cela ne semble pas poser des problèmes aux partisans du conservatisme modéré.

Conclusion

Les interventions des trois Cardinaux, bien que présentées comme des appels à l’unité, révèlent des lacunes profondes et des contradictions internes, qui ne peuvent être ignorées par ceux qui ont à cœur la préservation intégrale du Depositum Fidei. Il me semble désormais plus qu’évident que cette pseudo-opposition non seulement n’a aucune chance d’obtenir quoi que ce soit, mais qu’elle est plutôt instrumentale à l’accomplissement de la révolution conciliaire en sa dernière et malheureuse étape, celle du « chemin synodal ». « Prevost n’est rien d’autre qu’un Bergoglio avec un meilleur tailleur », a commenté quelqu’un. Si l’opposition de Sa Majesté ne veut pas le reconnaître, au moins les fidèles et les prêtres devraient le faire, en essayant de former un front commun avec la Fraternité Saint Pie X et avec les autres communautés véritablement traditionnelles. Il est vrai que la Fraternité continue de reconnaître la légitimité de Prevost tout en désobéissant à ses ordres illégitimes ; mais il est tout aussi vrai que la fragmentation des Catholiques fidèles à la Tradition ne fait qu’affaiblir toute forme de résistance. Il serait donc opportun de mettre de côté les divisions internes – qui pourront être clarifiées en temps voulu – au nom même de la survie de l’Église Catholique face à la persécution imminente.

En tant qu’Évêque et Successeur des Apôtres, j’exhorte mes Frères dans l’Épiscopat – en commençant par les Cardinaux Müller, Sarah et Burke eux-mêmes – les prêtres, religieux et fidèles, à donner un signal clair d’unité, en soutenant le combat de la Fraternité Saint Pie X par des signes concrets, par exemple en participant à la cérémonie des Consécrations le 1er juillet, afin que les usurpateurs occupant Rome réalisent que leurs menaces et excommunications n’effraient plus personne. Si cela doit être un combat, qu’il nous trouve sous la bannière du Christ Roi. Et que Notre-Dame, Reine des Victoires et Médiatrice de toutes les Grâces – à qui les hérétiques de l’église synodale cherchent à arracher les titres qui ornent Sa couronne de gloire comme des gemmes précieuses – nous accorde de mettre de côté les différends contingents, au nom de la gloire de Dieu, de l’honneur de la Sainte Mère Église, du salut des âmes rachetées par le Sang précieux du Christ.

+ Carlo Maria Viganò, Archevêque

1er Mars 2026, Dominica II Quadragesimæ

© Traduction de F. de Villasmundo pour MPI relue et corrigée par Mgr Viganò

Source : https://x.com/CarloMVigano

[1] La première note déconcertante dans le curriculum du Cardinal Müller remonte aux années soixante-dix, lorsqu’il avait pour professeur et ami le Dominicain hérétique Gustavo Gutiérrez, ‘père’ de la Théologie de la Libération. Le lien prit la forme d’une collaboration éditoriale étroite, par exemple en signant avec Gutiérrez l’essai Du côté des pauvres. Théologie de la Libération, théologie de l’Église (édité en Italie par EMI-Messaggero en 2013 ; édition anglaise On the Side of the Poor : The Theology of Liberation, Orbis Books, 2015). Héritier de deux hérétiques ultra-modernistes, Karl Rahner et Karl Lehmann, Müller en 2002 a nié à plusieurs reprises le dogme de la Transsubstantiation selon les critères de la réinterprétation phénoménologique de la notion de substance (cf. Mit der Kirche denken, p. 47 ; cf. Katholische Dogmatik, p. 710.). Il a nié également le dogme de la Virginité perpétuelle de la Très Sainte Vierge Marie, c’est-à-dire de son intégrité physique avant, pendant et après la naissance de Notre Seigneur Jésus-Christ (cf. Katholische Dogmatik, p. 491). Dans une intervention de mai 2020 (cf. https://www.vaticannews.va/de/vatikan/news/2020-05/dokument-abu-dhabi-interreligioes-papst-kardinal-mueller-islam.html) Müller a exprimé sa reconnaissance pour le Document d’Abu Dhabi signé par Bergoglio avec le Grand Imam de l’Université d’al-Azhar au Caire, Ahmed al-Tayyeb. Le Cardinal a affirmé que le document – dans lequel il est théorisé que la « diversité des religions » serait voulue par Dieu – n’exprime pas « une simple opinion privée du pape » ; au contraire, elle exigerait « des fidèles des deux religions un assentiment qui les oblige en conscience ». En 2021, commentant Traditionis Custodes, Müller a critiqué les restrictions sur la Messe tridentine mais a défendu le Novus Ordo comme étant conforme à la Tradition, s’alignant sur Sacrosanctum Concilium qui permet la concélébration et l’usage de la langue vernaculaire. Sa défense du Novus Ordo et de la collégialité épiscopale théorisée par Lumen Gentium est en clair rupture avec le Magistère traditionnel, qui privilégie la primauté papale absolue et la liturgie tridentine. Comment Müller peut-il invoquer l’unité, alors que dans ses écrits, par exemple Catholic Dogmatics (2025), il accepte ces éléments conciliaires que j’ai dénoncés dans mon intervention Synodalité et attente vigilante. Le Concile Vatican II « sûr et efficace » (https://exsurgedomine.it/260118-synodalite-fra/ ), c’est-à-dire une stratégie pour adultérer la foi ? Cette position n’est pas une opposition loyale, mais une complicité avec la révolution conciliaire, dont le Cardinal dissimule la matrice subversive et les conséquences dévastatrices pour le corps ecclésial. C’est encore Müller, alors Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, qui, en 2017 – dans le contexte des pourparlers entre le Saint-Siège et la FSSPX – a anticipé Tucho Fernández dans la formulation unilatérale des « exigences minimales » pour la communion ecclésiale, incluant l’ensemble du Concile Vatican II et l’après-Concile tel qu’ils sont proposés dans la soi-disant Professio Fidei de 1988 (cf. https://fsspx.org/en/news/letter-cardinal-muller-bishop-fellay-6-june-2017-57314). Et maintenant, le Cardinal répète le même schéma, accusant la FSSPX de schisme, tout en ignorant le véritable schisme causé par les hérésies modernistes qu’il a tolérées et promues avant, pendant et après son mandat à l’ancien Saint-Office. Dans l’essai de 2023 True and false reform: what it means to be Catholic et dans des interventions telles que celle de ces derniers jours sur la FSSPX, le Cardinal allemand a réitéré que Vatican II est en continuité avec le Concile de Trente et Vatican I. Il soutint également la collégialité épiscopale de Lumen Gentium et l’œcuménisme de Unitatis Redintegratio, en totale contradiction avec le Magistère traditionnel qui met l’accent sur la primauté papale et condamne l’œcuménisme. Pour ajouter une note personnelle, il convient de mentionner qu’à la fin de mon mandat de Nonce Apostolique à Washington, le Cardinal Müller m’a accordé une audience pour lui soumettre les résultats d’une enquête informative que j’avais menée sur l’absolue inaptitude morale d’un candidat à l’épiscopat : Müller a néanmoins poursuivi sa promotion et a lui-même présidé la cérémonie d’Ordination épiscopale.

[2] Cf. https://kath.net/news/89675, traduit en italien par Il Timone sous le titre La Fraternità San Pio X e la sua unità con la Chiesa, cf. https://www.iltimone.org/news/news/201495/la-fraternita-san-pio-x-e-la-sua-unita-con-la-chiesa.html

[3] Le Journal du Dimanche, 22 février 2026, p. 35, Avant quil ne soit trop tard ! Appel à l’unité du cardinal Robert Sarah. Cf. https://www.lejdd.fr/Societe/avant-quil-ne-soit-trop-tard-lappel-a-lunite-du-cardinal-robert-sarah-167095

[4] Le cardinal Sarah a promu la soi-disant « Réforme de la réforme », selon laquelle un « enrichissement mutuel » du Vetus et Novus Ordo serait possible. Je pense, par exemple, à la conférence tenue à Londres à l’été 2016 intitulée Towards an authentic implementation of Sacrosanctum Concilium (cf. https://www.catholicculture.org/culture/library/view.cfm?recnum=11311), dans laquelle le Cardinal manifeste son intention d’appliquer les mêmes critères d’ingénierie liturgique adoptés par le Consilium ad exsequendam, mais dans le sens inverse, par exemple en célébrant le rite réformé coram Deo et non plus coram populo. Ces tentatives maladroites de déguiser la Messe de Montini en Messe tridentine furent lamentablement naufragées après l’opposition de Bergoglio, et une déclaration embarrassante du père Federico Lombardi (cf. https://www.libertaepersona.org/wordpress/2016/07/robert-sarah-ancora-un-cardinale-umiliato/ Voir aussi https://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/1351385.html et https://lanuovabq.it/it/liturgia-con-sarah-il-vaticano-corregge-ratzinger). Toujours en 2016, l’alors Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin ratifia, apposant sa signature, le décret par lequel Bergoglio étendait aux femmes la participation au rite du Lavement des Pieds du Jeudi Saint (cf. https://it.aleteia.org/2016/03/16/card-sarah-i-sacerdoti-non-sono-tenuti-a-lavare-i-piedi-alle-donne-il-giovedi-santo/), pour ensuite déclarer que les nouvelles dispositions n’étaient pas contraignantes. Dans un article de 2017 intitulé La véritable liturgie est un reflet du paradis (Cfr. https://www.catholicworldreport.com/2017/03/31/true-liturgy-is-a-reflection-of-heaven-cardinal-sarah-says/), Sarah critiquait les innovations arbitraires dans le domaine liturgique, mais louait la vision du renouveau du Concile Vatican II, s’alignant sur la déviation conciliaire d’une liturgie plus accessible et participative, en contraste avec la « rigidité » préconciliaire. Dans ses écrits, comme dans le livre Catéchisme de la vie spirituelle (2025), Sarah reconnaît non seulement Vatican II et le Novus Ordo, mais il prône aussi l’œcuménisme et la collégialité, qui s’écartent du Magistère catholique axé sur l’unité exclusive au sein de l’Église catholique. En 2019, Sarah, en tant que Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin étendit à l’Église universelle la mémoire de la Translation de la Sainte Maison de Lorette, mais en en modifiant la dénomination en « Bienheureuse Vierge de Lorette », supprimant ainsi la mention du miracle que les modernistes nient même contre les preuves scientifiques (cf. https://www.marcotosatti.com/2019/11/09/casa-di-loreto-una-lettera-aperta-al-card-robert-sarah/). Enfin, la même année, le Cardinal participa à la cérémonie d’intronisation de l’idole infernale de la Pachamama dans la Basilique de Saint-Pierre, se rendant complice d’un acte d’idolâtrie et de profanation de la Basilique du Vatican.

[5] Le Cardinal Burke a explicitement adopté l’enseignement de Lumen Gentium, qui met l’accent sur le rôle des laïcs et une vision plus collégiale de l’Église, en contraste avec la perspective hiérarchique du Magistère préconciliaire, qui privilégie une distinction claire entre clergé et laïcs, mais cohérente avec l’idée conciliaire d’une Église comme « peuple de Dieu ». Dans son discours lors du States’ dinner des Chevaliers de Colomb à Denver le 2 août 2011, intitulé Religion ‘purifies’politics, Burke a soutenu que la religion doit purifier la politique sans exclusion ni fondamentalisme, contre la Royauté Sociale de Notre Seigneur et s’alignant sur le décret conciliaire Dignitatis Humanæ qui promeut la liberté religieuse comme un droit humain, en opposition au Magistère traditionnel – celui de Pie IX dans Quanta Cura ou de Pie XI dans Mortalium Animos. Dans diverses interviews et présentations, comme celle tenue à Nairobi en août 2012 sur le Code de Droit Canonique post-conciliaire (cf. https://www.catholicculture.org/news/headlines/index.cfm?storyid=15426), Burke critiqua la perte de discipline après le Concile mais défendit Vatican II comme ne constituant aucune rupture, prônant des réformes telles que l’œcuménisme et la collégialité. La contradiction entre la prétendue fidélité du Cardinal Burke au Magistère immuable de l’Église Catholique et l’adhésion contextuelle aux doctrines contraires exprimées dans les textes conciliaires qu’il défend publiquement est évidente ; une contradiction confirmée également par la célébration du rite réformé à côté du rite traditionnel, que nous savons être antithétique et irréconciliable.

[6] Cf. https://akacatholic.com/breaking-cardinal-burke-slams-fsspx/

[7] Pour comprendre cette analogie, il est utile de rappeler le sens original du terme : forgé par John Cam Hobhouse en 1826, His Majesty’s opposition (l’opposition de Sa Majesté), il décrit une opposition loyale à la Couronne britannique qui exerce un rôle de supervision formelle et de correction sans menacer la stabilité du système constitutionnel. Transféré au niveau ecclésial, il évoque des figures d’autorité qui, tout en exprimant des réserves sur certaines orientations doctrinales, pastorales ou disciplinaires du magistère pontifical actuel, restent fermement ancrés dans le « Système » même face à la très grave crise institutionnelle qui implique directement les sommets de la Hiérarchie.

[8] Cf. https://akacatholic.com/breaking-cardinal-burke-slams-fsspx/

[9] Célébration des Secondes Vêpres dans la Semaine LIX de prière pour l’unité chrétienne, 25 janvier 2026. Cfr. https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/homilies/2026/documents/20260125-vespri-unita-cristiani.html

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