Le conflit en Iran et la fermeture du Détroit d’Ormuz mettent à mal l’approvisionnement en énergie pour le reste du monde. L’Union Européenne, ultra-dépendante des autres, en est la première victime. Ursula von der Leyen plaide donc pour un retour au nucléaire après l’avoir combattu.
Les politiques énergétiques de ces dernières décennies décidées contre tout bon sens se retournent contre cette même Europe aujourd’hui
Les politiques énergétiques de ces dernières décennies décidées, contre tout bon sens, par l’Union Européenne, Commission européenne et parlement, se retournent contre cette même Europe aujourd’hui.
Nucléaire en berne pour s’allier les écologistes allemands, khmers verts de la planète, Green Deal pour se croire plus vertueux sur le CO2 que le reste du monde qui lui continue son bonhomme de chemin industriel sans carcan, sanctions contre la Russie parce que l’on se croit érigé en la Conscience morale universelle qui se doit de dicter quelles sont les bonnes et les mauvaises guerres, ont rendu les nations européennes ultra-dépendantes aux énergies venant des Etats-Unis et d‘autres pays d’Asie, la part du renouvelable ne pouvant largement pas répondre à leurs besoins.
Mais voilà, sans anticipation, sans prévisions à long terme, sans pour une fois avoir envisagé un scénario catastrophe portant sur un conflit prolongé au Proche-Orient avec l’Iran et par ricochet la fermeture du Détroit d’Ormuz où passe 20% de l’énergie mondiale, l’Union Européenne se retrouve confrontée aujourd’hui à un problème d’approvisionnement en pétrole et gaz. Les pays fournisseurs, Etats-Unis en tête, vont moins fournir pour ne pas être pris au dépourvu quand l’hiver sera revenu… et vendre le reste bien plus cher.
L’Union Européenne se retrouve confrontée aujourd’hui à un problème d’approvisionnement en pétrole et gaz en raison de la fermeture du Détroit d’Ormuz
Vladimir Poutine, taquin, a décidé, il y a quelques jours, qu’il va se tourner vers d’autres marchés que l’Union Européenne puisque celle-ci a voté la fin de l’approvisionnement russe pour 2027. Bon, le vote a eu lieu avant le début de la guerre israélo-américaine contre les Perses, mais que lui importe finalement le destin énergétique mis à mal par les technocrates bruxellois qui ne savent pas prévoir…
Et donc, voilà notre Ursula, le gauleiter de l’Europe, qui lors de son discours au sommet sur l’énergie nucléaire qui se tient actuellement à Paris, déclare sans honte, après avoir imposé à la suite de ses prédécesseurs, la fin du nucléaire notamment français, elle-même étant une partisane d’une sortie du nucléaire, que la « réduction de la part du nucléaire était un choix ; je crois que c’était une erreur stratégique pour l’Europe de se détourner d’une source d’énergie fiable, abordable et peu polluante » :
« L’énergie nucléaire et les énergies renouvelables peuvent, ensemble, devenir les garantes de l’indépendance, de la sécurité d’approvisionnement et de la compétitivité, si nous agissons dès maintenant. Au cours de la dernière décennie, nous avons réalisé des progrès considérables dans le domaine des énergies renouvelables. La situation du nucléaire est malheureusement différente. Alors qu’en 1990, un tiers de l’électricité européenne provenait du nucléaire, ce chiffre n’atteint aujourd’hui que près de 15 %. Cette réduction de la part du nucléaire était un choix ; je crois que c’était une erreur stratégique pour l’Europe de se détourner d’une source d’énergie fiable, abordable et peu polluante. »
Ursula von der Leyen, responsable du problème, ose : « je crois que c’était une erreur stratégique pour l’Europe de se détourner » du nucléaire
Elle a bien été obligée en effet de constater le réel, ce réel que ceux qui n’ont pas des yeux de Chimène pour la technocratique Union Européenne telle qu’elle est gouvernée aujourd’hui, constataient depuis longtemps : « les prix de l’électricité en Europe sont structurellement trop élevés » et les 27 restent « totalement dépendants d’importations coûteuses et fluctuantes ».
Rappelons qu’outre Ursula, son pendant français, Emmanuel avait lui-aussi imposé une « écologie de responsabilité » en fermant la centrale nucléaire de Fessenheim en 2020 en dépit du fait que la souveraineté énergétique de la France était en jeu. Aujourd’hui, lui-aussi défend un retour au nucléaire, secteur « clé pour réconcilier à la fois l’indépendance et donc la souveraineté énergétique, la décarbonation et donc la neutralité carbone à horizon 2050, et la compétitivité et donc la création d’emplois de nos économies ».
Et oui, et cela fait des années qu’on le dit ! Il est toujours heureux d’être entendus même si c’est bien tard…
Francesca de Villasmundo
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