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Message de Mgr Carlo Maria Viganò pour la Première Journée Mondiale contre l’avortement

Vous ne tuerez pas avec l’avortement le fruit des entrailles,

et vous ne ferez pas périr le bébé déjà né.

Didachè Apostolorum, V, 2 (01) 

Cette première journée mondiale a été initiée par nos amis de Liberi in Veritate.  A cette occasion Mgr Carlo Maria Viganò leur adresse ce message de soutien et d’encouragement par vidéo (02) transcrit par nos soins.

L’une des principales conquêtes du Christianisme dans le domaine social a été d’avoir éradiqué l’horrible crime de l’avortement et de l’abandon des nouveau-nés, qui dans le monde païen était toléré ou même accepté. Le respect de la vie, dans la vision catholique, découle en effet de sa parfaite correspondance avec la Loi naturelle, à laquelle s’ajoute la conscience que l’être humain est créé pour glorifier Dieu et, en obéissant à Ses Commandements, pour atteindre la béatitude éternelle au Ciel. Tuer l’enfant par avortement est donc une violation très grave du Cinquième Commandement du Décalogue, rendue encore plus odieuse par le fait que la victime est innocente, sans défense et massacrée (puisqu’il s’agit d’un massacre) avec le consentement de celle qui devrait au contraire la protéger de toutes ses forces. La société chrétienne a ainsi éliminé un crime répandu, démontrant comment le respect et la protection de la vie de la conception à la mort naturelle est un principe inviolable.

La société moderne – à commencer par la Révolution Française – s’est rebellée non seulement contre les vérités doctrinales et morales du Magistère, mais après avoir chassé Dieu de la société pour s’affirmer comme « laïque » et donc intrinsèquement anticléricale et antichrétienne, elle a brisé le lien transcendant entre la loi positive et la loi naturelle. Le Principe premier qui informe de son propre chef les lois des peuples et des nations étant venu à manquer, rien ne pouvait plus empêcher les individus et les sociétés d’adopter des normes contraires à la loi naturelle, légitimant l’avortement et le divorce comme le libre exercice d’une faculté, sans aucune conséquence pénale et morale. Le système de gouvernement qui tire son autorité du consentement de la masse plutôt que de Dieu, auquel appartient toute autorité – omnis potestas a Deo – devrait être considéré pour cette seule raison comme contraire au bonum commune, car en permettant l’exercice d’un faux concept de liberté et en ne reconnaissant pas la Seigneurie du Christ sur les individus et les sociétés, il se pose en fait contre la fin qui le légitime.

Mais comme cela arrive toujours lorsque l’on agit pour le mal, les partisans de l’avortement eux-mêmes devaient en quelque sorte « rendre digeste » cet horrible crime, en essayant de le justifier par des exemples qui ne se produisent presque jamais, et qui resteraient toujours inacceptables : la femme violée par la brute, la fille séduite par le vieux vicieux et toute la casuistique théorique utile pour ouvrir la « fenêtre d’Overton ». Des décennies de massacres contre des créatures innocentes – rien qu’en Italie, plus de six millions d’enfants crient vengeance au Ciel ! – ont montré que les justifications données pour introduire l’avortement dans la législation civile étaient des prétextes, puisque dans la réalité nous constatons avec douleur que l’infanticide est presque toujours motivé par le cynisme, l’égoïsme et l’ignorance. Le cynisme, pour l’insouciance avec laquelle on accepte, ne serait-ce que comme concevable, le recours au meurtre d’une personne pour son propre profit personnel ; l’égoïsme, parce que qui avorte décide que sa propre volonté prévaut sur les droits d’un autre être humain ; l’ignorance, parce que presque aucune mère ne sait à quels tourments le fœtus est vraiment soumis pour l’expulser de l’utérus et à quel point elle en sort traumatisée.

Le cynisme, l’égoïsme et l’ignorance se résument dans un manque de sens moral, aggravé par l’attitude désormais de désertion avec laquelle la Hiérarchie catholique fait face à ce crime exécrable, comme si elle devait le faire par la contrainte.

À l’époque de Jean-Paul II, une telle défection (en italien le mot employé signifie manque de résistance) aurait été impensable, car le pape polonais, bien qu’influencé par des philosophies hétérodoxes, restait un champion implacable et fier de la loi naturelle. Nous devons reconnaître que la structure ecclésiastique actuelle dirigée par Jorge Mario Bergoglio va bien au-delà des déviances hérétiques dans la sphère théologique, et des scandales financiers et sexuels dans la sphère morale, en devenant un promoteur zélé de l’agenda néo-malthusien et des soi-disant « conquêtes » de la société moderne telles que le divorce, l’avortement, l’euthanasie, la contraception, la sodomie et l’idéologie LGBTQ +, la théorie du genre et l’interruption du développement hormonal des mineurs.

Les récentes déclarations grotesques du président de l’Académie Pontificale pour la Vie, lors d’une émission de télévision, ont scandalisé à juste titre les fidèles et les laïcs eux-mêmes, qui devraient pouvoir considérer l’Église comme le bastion du Bien et le phare de la Vérité. Dans les mots de Paglia, on perçoit la banalité du mal, la volonté cynique de ne pas être une pierre d’achoppement, de ne pas vouloir se tenir comme un signe de contradiction dans un monde revenu à l’ère de la barbarie et du paganisme, le serviteur obséquieux du Sanhédrin bergoglien à l’autorité civile, la  folle courtisanerie de ceux qui espèrent – en faisant plaisir au puissant – se tailler une place dans le Nouvel Ordre Mondial qui se constitue, basé sur les principes délirants du néo-malthusianisme, qui considèrent l’être humain comme un parasite de la Planète à exterminer. Paglia se montre comme un gris travet qui, exactement comme pour le récit psychopandémique, n’essaie même pas de comprendre l’incohérence de ce qu’on lui demande de dire et de ratifier, se limitant à accepter sans critique le nouveau cours bergoglien, l’idéologie mondialiste, le transhumanisme, la Grande Réinitialisation, le Green New Deal, l’Agenda 2030. Quant à Bergoglio et son caravansérail coloré, il semble que les rares déclarations à fort impact médiatique contre l’avortement fassent partie de ce scénario auquel il doit parfois se conformer pour ne pas apparaître pour ce qu’il est.

Il faut dire que, comme tout ce qui est promu par la société contemporaine, même la promotion de l’avortement – frauduleusement défini comme « interruption de grossesse » ou « santé reproductive » – n’est pas à l’abri de lourds conflits d’intérêts, puisque les intérêts économiques des cliniques d’avortement, des sociétés pharmaceutiques, des laboratoires de recherche et des entreprises de cosmétiques se meuvent autour de ce nouveau marché. Ainsi, au mal intrinsèque du meurtre d’une personne innocente, s’ajoute le commerce sans scrupules et rentable de fœtus avortés, destinés à produire des médicaments, des vaccins, des crèmes. Nous savons, par exemple, par l’aveu même des producteurs du soi-disant vaccin Covid, que pour produire le sérum génique, de nouveaux avortements sont continuellement provoqués pour « rafraîchir » les lignées cellulaires d’avortement originales, provenant également d’avortements. L’aplatissement de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi devant les diktats de BigPharma et de ses émissaires dans les gouvernements et les agences pharmaceutiques révèle impitoyablement l’attitude complice de la Hiérarchie, récompensée par des parrainages et des financements pour avoir fourni à Pfizer et Moderna l’auguste témoin (testimonial) du sérum gétique expérimental.

Célébrer aujourd’hui la Première Journée Mondiale contre l’avortement est un choix courageux, car il est aux antipodes d’une vision horizontale et utilitaire de la vie et du destin de l’homme. Une vision à la diffusion de laquelle les dirigeants du Vatican ne sont pas étrangers, toujours craintifs d’apparaître dépassés, toujours désireux de se montrer à la page, au point de s’approprier le transhumanisme, dans lequel la fusion entre l’homme et la machine devrait représenter, dans l’esprit délirant de ses créateurs, la revanche de l’homme sur Dieu, de la créature sur le Créateur, du meurtrier depuis le commencement sur le Seigneur de la Vie.

Votre bataille est ontologiquement destinée à la victoire : la culture de la mort et du péché est destinée à la défaite et à la sentence éternelle de condamnation par le Christ Rédempteur. Mais si la victoire est certaine, votre action ne doit pas être moins déterminée, votre engagement social et politique non moins courageux. En tant que citoyens et membres d’une communauté, vous avez le droit et le devoir de faire connaître l’horreur de ce crime, sa cruauté inouïe, son exploitation cynique à des fins idéologiques et économiques. Vous avez le droit et le devoir de rappeler aux mères que cet enfant n’est pas une mésaventure gênante, ni un amas de cellules, ni un producteur de dioxyde de carbone ; mais qu’il est une créature de Dieu, destinée à être aimée et à son tour à aimer et à rendre gloire à son Créateur ; que ce petit vulnérable ou sans défense mérite au moins cette chance qui n’a pas été refusée à la mère : venir à la lumière.

Ne vous laissez pas intimider par ceux qui vous accusent de vouloir surpeupler la planète de « mangeurs inutiles » (comme on dit à Davos), de vouloir forcer une femme à être mère, de vouloir imposer vos idées à ceux qui ne les partagent pas ! Ne vous laissez pas tromper par ceux qui objectent que le droit à l’avortement n’implique pas l’obligation de le faire pour ceux qui ne le veulent pas : c’est un sophisme, dans lequel la vie d’une créature est abandonnée au choix de l’individu, alors que personne ne peut revendiquer le droit de vie ou de mort sur son enfant. Parce que cet enfant n’est pas une idée, ce n’est pas ni un concept qui peut être pris en compte ou qui peut être ignoré, mais un être humain, qui recevra un nom, qui aura une vie, des relations, un avenir ; qui dans le Baptême recouvra  ou retrouvera l’amitié avec Dieu et qui sera capable de L’aimer et de Le servir, puis d’être avec Lui dans l’éternité.

Que la Sainte Vierge – dont nous célébrons aujourd’hui la Nativité et qui, en rendant visite à sa cousine Élisabeth, celle-ci a senti le Baptiste tressaillir dans son sein – implore au Ciel les grâces nécessaires à l’achèvement de votre guerre contre l’avortement, afin que les Nations comprennent l’horreur de ce crime et que leurs dirigeants l’interdisent dès que possible. Le monde ne pourra pas connaître la paix, tant qu’il sacrifiera ses enfants sans défense au Moloch de la pensée unique.

Je vous bénis de tout mon cœur.

+ Carlo Maria, Archevêque

8 septembre 2022, De Nativitate B.M.V.

 ©Traduction pour MPI de F. de Villasmundo relue et corrigée par Mgr Viganò

(01) Note de la rédaction de MPI :

La Didachè ou Didakè (traduit en français Enseignement des douze Apôtres ou Doctrine des Apôtres) est un document du christianisme primitif, écrit vers la fin du Ier siècle (90 ap J-C), ce qui en fait l’un des plus anciens témoignages écrits. Le manuscrit retrouvé est intitulé « Doctrine du Seigneur transmise aux nations par les douze apôtres ». Le mot du grec ancien « Διδαχή » signifie « enseignement » ou « doctrine » en grec de la koinè. Paradoxalement, les douze apôtres ne sont jamais mentionnés dans le texte lui-même.

Les Pères de l’Église (Irénée de Lyon, Clément d’Alexandrie, Origène) y font référence, ainsi qu’Eusèbe de Césarée.

Après avoir disparu pendant des siècles, le texte a été retrouvé vers 1873 (ou 1875) par le métropolite Philothée Bryennios de Nicomédie, dans un manuscrit grec conservé depuis dans la bibliothèque du Patriarcat grec de Jérusalem contenant par ailleurs le texte complet de l’Épître de Barnabé et deux épîtres de Clément d’Alexandrie. Le manuscrit a été copié à Jérusalem en 1056, par « Léon, scribe et pécheur ».

La datation de la Didachè est débattue : le document compte différentes couches rédactionnelles dont les parties les plus anciennes remonteraient au tournant entre le Ir et le II° siècle, les parties plus récentes et la rédaction finale pouvant être bien plus tardives. La formulation des paroles du Christ qu’elle rapporte semble être plus ancienne encore que celle des textes canoniques. Les prescriptions disciplinaires témoignent d’une époque où vivaient les apôtres et où existaient des prophètes itinérants. Malgré cette antiquité vénérable, la Didachè n’a quasiment jamais été confondue avec les Écritures du Nouveau Testament » ; Athanase d’Alexandrie en conseillait la lecture en tant que texte non canonique. L’Église catholique, reconnaissant son orthodoxie, l’a reçue parmi les écrits des Pères apostoliques. Bien que rédigée en grec, la prégnance du style hébraïque semble indiquer que son auteur est un juif converti.

(02) Message vidéo de Mgr Viganò en italien pour Liberi in Veritate

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