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Mondial: la faillite brésilienne

Thiago Silva en pleurs après la qualification du Brésil face au Chili
Thiago Silva en pleurs après la qualification du Brésil face au Chili

Après avoir donné un aperçu général de ce qu’a été ce mondial, il est intéressant de faire un focus sur le Brésil et ce qu’a été le mondial pour ce pays. Footballistiquement, c’était son mondial, celui que ce pays de foot attendait depuis longtemps, après le drame de 1950 et son élimination à domicile par l’Uruguay. Seul pays à être cinq fois champions du monde, il ne l’a jamais gagné devant son public contrairement à son rival l’Argentine. Politiquement et socialement, Dina Rousseff voulait en faire son oeuvre, montrer que le Brésil pouvait rivaliser avec les grandes puissances. Au final, cela s’apparente plus à une faillite.

De nombreux journalistes sportifs n’ont pas hésité à présenter cette équipe brésilienne comme une vraie machine de guerre. Largement favorite, elle ne pouvait pas perdre. Cependant au fur et à mesure des matchs, la vérité est apparue toute autre et tout à coup les nombreux défauts et difficultés du football brésilien sont apparus aux yeux du monde entier. Il y a d’abord eu tout ce psycho-drame avec des joueurs en larmes incapables de maîtriser leur émotion, l’hymne chanté à capella et tous ces petits gestes de démonstration qui ont tout simplement fait oublier l’essentiel aux joueurs brésiliens. Un match de foot ne se joue pas avant et encore moins avec des sentiments surjoués. Mais pire, il y a eu ce déni d’échec venant de la part de l’entraîneur Felipe Scolari, qui n’a pas eu la décence de présenter sa démission,ou des joueurs, qui ont cherché à minimiser. Après tout, l’équipe a atteint les demi-finales mais sans jamais séduire et avec beaucoup de chance. Face à l’Allemagne, on aurait cru voir une équipe d’amateurs. L’équipe allemande rentrait dans la défense brésilienne avec une facilité déconcertante, sans rencontrer de résistance. Lors des seules attaques, les attaquants brésiliens  au lieu de vouloir produire du jeu n’ont eu cesse de chercher le pénalty. Le malheur du Brésil, c’est que depuis des années ces meilleurs jeunes partent tôt pour aller jouer en Europe. Le football brésilien n’a plus sa marque de fabrique dans son équipe nationale.Le mondial nous a révélé ses failles mais surtout le mal semble plus profond qu’il n’y parait. La question est de savoir comment la Seleçao se remettra d’une telle humiliation. Il lui faudra sans doute du temps.

L’avant-mondial a été le théâtre de nombreuses manifestations sociales, remettant en question l’organisation de ce mondial et surtout

Dina Rousseff remet la coupe au capitaine allemand Philippe Lahm

l’argent investi dans les infrastructures construits seulement pour l’occasion. Plus que le sport, c’est tout simplement Dina Roussef qui était visée. Le peuple brésilien a montré beaucoup  d’enthousiasme et d’ardeur pour soutenir son équipe, malgré la terrible déception.  Comme lors de tous les matchs de la Seleçao, le pays entier s’est arrêté pour aller voir le match du Brésil par tous les moyens. En revanche, le peuple brésilien n’a épargné ni sa présidente ni la FIFA.  Sifflée et copieusement insultée  au match d’ouverture, Dina Roussef a eu encore droit à une bronca de sifflets au moment de la finale ainsi que le président de la FIFA Sepp Blatter. Le monde entier a pu être témoin de la côte d’impopularité de la présidente brésilienne. Le déroulement de la compétition  a été émaillé de  manifestations avec des arrestations assez musclées. Si les médias en ont moins parlé, cela n’aura pas passé inaperçu. Tout le monde se sera rendu compte  que le Brésil est dans une situation sociale compliquée. L’organisation a été correcte mais on n’oubliera pas  que les stades ont été finies in extremis et que lors du match d’ouverture, certains spectateurs n’avaient même pas de siège et étaient assis sur des rangées de béton.  Autre couac, la France, lors de son premier match,  n’a pas eu droit à l’hymne à cause d’un problème de sono. C’est une chose relativement rare pour être souligné.  On ne peut donc pas parler de grande réussite.

Un bon résultat sportif aurait sans doute pu atténuer la tension sociale à laquelle doit faire face Dina Roussef. Malheureusement, loin de ce que tout le monde pouvait imaginer, le mondial a révélé la faillite du football brésilien. Humiliée par l’Allemagne puis dans une moindre mesure par les Pays-Bas, le désastre a été total et terrible. Les tensions sociales ne se sont pas estompées et le monde entier a pu s’en rendre compte. L’organisation de cette coupe du monde ne restera pas non plus dans les annales.  Pour le Brésil et les Brésiliens, le cauchemar continue avec les Jeux Olympiques de 2016 qui se profilent à l’horizon.

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