Anniversaire de Sainte Gemma Galgani.
Aujourd’hui, fête de saint Grégoire le Grand, mais également jour anniversaire de la naissance, à Camigliano en Toscane, de santa Gemma Galgani (1878-1903), la sainte que Padre Pio priait chaque jour.
Extrait de sa biographie, L’outil de Charité, par Roland Thevenet
« L’Amante passionnée du Saint-Sacrement est agenouillée, immobile. Ô Jésus ! Nous n’avons en rien vaincu la mort… L’épreuve, aucun de nous ne l’a encore subie. Nous ne sommes même pas encore morts, comment pourrions-nous connaître le gout parfait de ta ressemblance ? Regarde. Nous sommes ces corps fragiles et sans force. Nous venons devant le Saint-Sacrement te contempler. Toi qui es plus vivant que nous, puisque mort, tu as vaincu la mort.
Il faut donc se présenter devant toi et déposer nos corps en la puissante action de ton Eucharistie et prier ainsi : « Christ, qui as vaincu la mort et vis éternellement devant moi, je t’en supplie emporte-moi et apprends-moi tout ce que je dois apprendre, tant qu’il en est encore temps. Apprends à ma volonté rétive à se soumettre à tes mystères, à mon cœur insolent, à s’ouvrir à ton salut
Et pourtant… Gemma en frémit, rien que d’y penser : Il y a des catholiques, elle en connait, qui ne croient même plus à la Présence Réelle dans l’Eucharistie. Tout, chez eux, s’est réduit à la perception désincarnée des êtres et des choses. Il n’y a plus que l’amour, beaucoup d’amour miséricordieux, de cette divine Miséricorde que n’entache aucune visée terrestre, cet amour sacrificiel que seul Jésus sait parfaitement donner, qui peut les extraire hors des excavations intellectuelles au fond desquelles ils vont jusqu’à piétiner toute leur intelligence. Éloignés de l’Arbre de vie en raison d’une faute enfouie, oubliée, chacun vit au fond la même épreuve dans ce confinement intérieur en sa propre Mamertine[1], forgée par l’action des sens séduits et de l’intellect abusé par un même Satan bien masqué, bien caché, que la sagesse de l’esprit et le discernement du cœur doivent sans cesse débusquer
De sa Mamertine personnelle, chacun ne sort que la totalité de sa peine purgée, à moins que quelqu’un n’ait payé la rançon au geôlier. Encore faut-il, dans ce cas-là, avoir conservé en soi un goût pour la liberté surnaturelle.
« J’aspire au paradis… ô Jésus ! Quand passerais-je des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie ? De la crainte de te perdre à la certitude de te posséder : Ô Jésus, ouvre-moi ton Cœur eucharistique ; je veux y déposer toutes mes affections[2].
Le diable n’est pas ennemi de la joie. Bien au contraire.
Il s’ingénie même à en susciter des fac-similés de toutes espèces, faisant mine de combler les plus légitimes attentes des hommes en les emplissant à satiété des vapeurs de ses paradis artificiels. C’est ainsi qu’il a pu susurrer à Ève : « Vous serez comme des dieux ».
Il sait qu’il possède ce pouvoir d’illusionner la créature sur la nature de ses délectations. La joie fébrile dans le péché, le diable aime ça !
Il existe cependant une joie qu’il ne supporte pas.
La seule véritable, d’ailleurs : c’est la Joie d’être Fils de Dieu, appelé par Lui à rejoindre la ressemblance originelle dans la Résurrection finale.
L’alpha… L’Omega… Jubilation suscitée dans la geôle de cette terre par tout ce qui touche à la personne de Jésus-Christ. Celle de la Nativité à Noël, celle de la Résurrection à Pâques, celle de l’Esprit Saint à Pentecôte.
Ces délectations spirituelles, à y regarder de près, sont bien les seules à n’être pas factices ; et cela pour une raison simple : elles proviennent du dehors de la matière, d’une substance autre, qui les suscitent. Elles touchent, par le commencement et la fin, à l’Incarnation même de Dieu.
Cette béatitude-là, Gemma non seulement se réjouit de l’avoir connue, mais encore aspire à la connaître éternellement, à travers le mariage mystique avec Jésus. Jésus ! Cette joie-là est un feu purificateur, dont elle exige le constant souvenir.
« Ô Jésus, je te présente mon âme, cette âme que tu as créée, Ô Jésus, non pas de ta substance, mais par le Verbe. […] Ô Jésus ! J’ai trouvé ta demeure. C’est l’âme que tu as créée à ton image et non celle qui, à toi, préfère les choses d’ici-bas. Ô ma pauvre âme a compris ! Cette joie ultime ne peut être qu’un cadeau de Dieu, accordé à une âme qui lui a plu. Ô feu toujours ardent qui jamais ne s’éteint, comme tu aimerais m’enflammer tout entière ! Combien ce feu voudrait se parfaire en moi ! Ô Jésus ! Ô amour ! Ma vie, mon soutien, ma force[3] ! »
Ainsi prie Gemma. »
Le Petit Béraldien
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[1] Ancienne prison romaine dans le rione de Campitelli où furent retenus les apôtres Pierre et Paul.
[2] Ste Gemma Galgani, Écrits, éd. Téqui, « Extase 92 », 10 juin1902.
[3] Ibidem : « Extase 102 ».
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