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Samedi 18 mars – Samedi de la troisième semaine de Carême – Saint Cyrille de Jérusalem, Évêque, Confesseur et Docteur de l’Église – Saint Salvador d’Horta, Frère convers, 1er ordre franciscain

De la férie : Messe du samedi de la troisième semaine de Carême

La Station est dans l’Église de sainte Susanne, Vierge romaine et Martyre. La raison qui a porté à choisir cette Église est la lecture que l’on fait aujourd’hui de l’histoire de la chaste Susanne, fille d’Helcias, que l’Église propose à l’imitation des chrétiens. Hier, nous prenions part à la joie de nos Catéchumènes, aux yeux desquels l’Église dévoilait déjà cette source limpide et vivifiante qui procède du Sauveur, et dans les eaux de laquelle ils vont bientôt puiser une nouvelle vie. Aujourd’hui, l’enseignement s’adresse aux Pénitents dont la réconciliation approche. Mais comment peuvent-ils encore espérer le pardon, eux qui ont souillé la robe blanche de leur baptême, et foulé aux pieds le sang divin qui les avait rachetés ? Cependant le pardon descendra sur eux, et ils seront sauvés. Que si vous voulez comprendre ce mystère, lisez et méditez les saintes Écritures ; et vous y apprendrez qu’il y a pour l’homme un salut qui procède de la justice, et un salut qui vient de la miséricorde. Aujourd’hui nous avons sous les yeux le type de l’un et de l’autre. Susanne accusée injustement d’adultère, reçoit de Dieu, qui la venge et la délivre, la récompense de sa vertu ; une autre femme véritablement coupable de ce crime est arrachée à la mort par Jésus-Christ lui-même. Que les justes attendent donc avec confiance et humilité la récompense qu’ils ont méritée ; mais aussi que les pécheurs espèrent dans la clémence du Rédempteur, qui est venu pour eux plus encore que pour les justes. C’est ainsi que la sainte Église relève le courage de ses pénitents, et les appelle à la conversion, en leur découvrant les richesses du cœur de Jésus et les miséricordes de la loi nouvelle que ce divin Rédempteur est venu sceller de son sang. Dans cette admirable histoire de Susanne, les premiers chrétiens voyaient aussi le type de l’Église de leur temps sollicitée au mal par les païens, et demeurant fidèle à son Époux divin jusqu’au péril de sa vie. Un saint évêque martyr du IIIe siècle, saint Hippolyte, nous donne la clef de ce symbole ; et les sculptures des antiques sarcophages chrétiens, ainsi que les fresques des catacombes romaines, sont d’accord pour nous présenter la fidélité de Susanne à la loi de Dieu, malgré la mort qui la menace, comme le type des martyrs préférant la mort à l’apostasie, qui, selon le langage des saintes Écritures, est un véritable adultère de l’âme à l’égard de Dieu dont elle est devenue l’épouse par le baptême.

Voici maintenant le salut par la miséricorde. Le crime de cette femme est réel ; la loi la condamne a mort ; ses accusateurs, en requérant la peine, sont fondés en justice : et cependant la coupable ne périra pas. Jésus la sauve, et pour ce bienfait il ne lui impose qu’une seule condition : qu’elle ne pèche plus. Quelle dut être sa reconnaissance envers son libérateur ! Comme elle dut avoir à cœur désormais, de suivre les ordres de celui qui n’avait pas voulu la condamner et à qui elle devait la vie ! Pécheurs que nous sommes, entrons dans ces sentiments à l’égard de notre Rédempteur. N’est-ce pas lui qui a retenu le bras de la divine justice prêt à nous frapper ? N’en a-t-il pas détourné les coups sur lui-même ? Sauvés par sa miséricorde, unissons-nous aux Pénitents de l’Église primitive, et durant ces jours qui nous restent encore, établissons solidement les bases de notre nouvelle vie. Jésus ne répond qu’un seul mot aux Pharisiens qui sont venus le tenter au sujet de cette femme ; mais cette parole si brève n’en doit pas moins être recueillie par nous avec respect et reconnaissance : car si elle exprime la pitié divine du Sauveur pour la pécheresse tremblante à ses pieds, elle renferme aussi une leçon pratique pour nous. Que celui d’entre vous qui est sans péché lui jette la première pierre. Dans ce temps de réparation et de pénitence, rappelons-nous les médisances dont nous nous sommes rendus coupables envers le prochain, ces pèches de la langue que l’on se reproche si peu, que l’on oublie si vite, parce qu’ils coulent, pour ainsi dire, de source. Si la parole du Sauveur eût retenti, comme elle le devait, au fond de notre cœur ; si nous eussions songé avant tout à tant de côtés répréhensibles qui sont en nous, n’est-il pas vrai que jamais nous n’eussions trouvé le courage d’attaquer la conduite du prochain, de révéler ses fautes, de juger jusqu’à ses pensées et ses intentions ? Prenons-y garde dans l’avenir : Jésus connaissait la vie des accusateurs de cette femme ; il sait la nôtre tout entière : malheur donc à nous si nous ne devenons pas indulgents pour nos frères ! Considérons enfin la malice des ennemis du Sauveur, et avec quelle perfidie ils lui tendent un piège. S’il prononce en faveur de la vie de cette femme, ils l’accuseront de mépriser la loi de Moïse qui la condamne à être lapidée ; s’il répond conformément à la loi, ils le traduiront au peuple comme un homme cruel et sanguinaire. Jésus, par sa prudence céleste, échappe à leurs embûches ; mais nous devons prévoir déjà quel sort lui est réservé le jour où, s’étant livré entre leurs mains, il n’opposera plus à leurs calomnies et à leurs outrages que le silence et la patience d’une victime vouée à la mort.

Sanctoral

Saint Cyrille de Jérusalem, Évêque, Confesseur et Docteur de l’Église

Cyrille de Jérusalem s’adonna dès ses plus tendres années, avec un très grand soin, à l’étude des divines Écritures, et fit de tels progrès dans cette science qu’il devint un vaillant défenseur de la foi orthodoxe. Plein d’amour pour les institutions monastiques, il se voua à une perpétuelle continence, et voulut embrasser le genre de vie le plus austère. Après avoir été ordonné prêtre par saint Maxime, Évêque de Jérusalem, il s’acquitta avec le plus grand mérite de la charge de prêcher aux fidèles la parole divine et d’instruire les catéchumènes, et composa ces catéchèses vraiment admirables, dans lesquelles, embrassant avec autant de clarté que d’éloquence toute la doctrine de l’Église,-il établit solidement et défendit contre les ennemis de la foi chacun des dogmes de la religion. Il y disserta d’une manière si nette et si distincte qu’il réfuta non seulement les hérésies qui avaient déjà paru, mais encore celles qui s’élevèrent dans la suite, comme s’il les avait prévues : par exemple, en prouvant la présence réelle du corps et du sang du Christ dans l’admirable sacrement de l’Eucharistie. Après la mort de saint Maxime, il fut désigné pour lui succéder par les Évêques de la province. Comme le bienheureux Athanase, dont il était le contemporain, il eut à souffrir durant son épiscopat beaucoup d’injustices et de revers pour la cause de la foi, de la part des factions ariennes ; ces factions, supportant difficilement la véhémence avec laquelle Cyrille s’opposait aux hérésies, l’attaquèrent par des calomnies, et après l’avoir déposé dans un conciliabule, elles le chassèrent de son siège. Pour se soustraire à leur fureur, Cyrille se réfugia à Tarse en Cilicie, et il soutint les rigueurs de l’exil tant que vécut Constance. Ce prince étant mort, et Julien l’Apostat ayant été élevé à l’empire, Cyrille put revenir à Jérusalem où il travailla avec un zèle ardent à détourner son peuple des erreurs et des vices. Mais il fut de nouveau forcé de s’exiler sous l’empereur Valens, jusqu’au jour où furent réprimées la cruauté et l’audace des Ariens, la paix ayant été rendue à-l’Église par Théodose le Grand. Cet empereur reçut Cyrille avec honneur comme un très courageux athlète du Christ et le rétablit sur son siège. On voit la preuve de la diligence et de la sainteté avec lesquelles le Pontife remplit les devoirs de son sublime ministère, dans l’état florissant de l’Église de Jérusalem à cette époque, état que saint Basile a décrit, après être allé vénérer les lieux saints et y être resté quelque temps. La tradition nous apprend que Dieu illustra par de célestes prodiges la sainteté de ce vénérable évêque. Parmi ces faits, on cite la célèbre apparition d’une croix plus brillante que les rayons du soleil, événement qui signala le début de son épiscopat. Païens et Chrétiens furent témoins oculaires de ce miracle, ainsi que Cyrille lui-même, qui, après en avoir rendu grâces à Dieu dans l’église, raconta le fait dans une lettre à l’empereur Constance. Un prodige non moins digne d’admiration est ce qui arriva aux Juifs, lorsque, sur l’ordre de l’empereur Julien, ils s’efforçaient de rebâtir le temple renversé par l’empereur Titus : un violent tremblement de terre se produisît, d’énormes tourbillons de flammes sortirent du sol, et le feu consuma tous les travaux, de sorte que les Juifs et Julien, changeant d’avis, abandonnèrent leur entreprise, comme Cyrille l’avait prédit avec assurance. Peu de temps avant sa mort, ce Saint prit part au second concile de Constantinople, dans lequel on condamna l’hérésie des Macédoniens et de nouveau celle des Ariens. De retour à Jérusalem il y fit une sainte mort le 18 avril 387, étant presque septuagénaire et dans la trente-cinquième année de son épiscopat. Fêté le 18 mars dans les calendriers orientaux dès le Ve siècle chez les Arméniens. Léon XIII introduisit sa fête en 1882 avec le titre de Docteur de l’Église.

Saint Salvador d’Horta, Frère convers, 1er ordre franciscain

Salvador naît en décembre 1520 à l’hôpital de Santa Coloma de Farners, dans la province espagnole de Gérone, où ses parents sont serfs. En 1534, il devient orphelin et s’installe à Barcelone, où il exerce différents petits métiers afin de vivre et de faire vivre sa sœur. Puis, il la marie rapidement et peut ainsi réaliser son désir d’entrer dans les ordres. Après un séjour à l’abbaye de Montserrat, il entre comme frère convers, le 3 mai 1541, au couvent franciscain de Santa Maria de Jesus, près de Barcelone, et prend le nom de Frère Salvador. En 1542, il professe ses vœux et est envoyé au couvent de Tortosa, où il exerce les tâches les plus humbles et les plus pénibles. Il devient rapidement célèbre parmi les frères pour son ascétisme et son humilité. Le frère Salvador acquiert rapidement une réputation de guérisseur, et le couvent devient une destination pour les pèlerins malades. Le monastère reçoit environ 2 000 personnes par semaine. Cette réputation gêne cependant ses frères et ses supérieurs qui développent de nombreux soupçons à son égard. Il est alors transféré de couvents en couvents : il est d’abord envoyé à Bellpuig, puis à Lleida et au couvent Notre-Dame des Anges d’Horta de Sant Joan, où il reste pendant douze ans, de 1547 à 1559. Il est ensuite transféré au couvent de Reus puis à Madrid, où il est visité par le roi Philippe II, et, enfin, au couvent de Barcelone. En 1560, il est dénoncé à l’Inquisition espagnole à cause des nombreux miracles attribués à son intercession. Après quelques recherches, celle-ci choisit cependant de ne prendre aucune mesure contre lui. Enfin, il finit par être envoyé, en novembre 1565, au couvent de Santa Maria de Jesus, à Cagliari (Sardaigne), où il travaille comme cuisinier et où il meurt en odeur de sainteté le 18 mars 1567. Béatifié le 15 février 1606 par le pape Paul V, il est finalement canonisé le 17 avril 1938 par le pape Pie XI.

Martyrologe

A Jérusalem, Saint Cyrille évêque, confesseur et docteur de l’Église. Après avoir souffert de la part des ariens toutes sortes d’injures pour la cause de la foi, après avoir été souvent chassé de son Église, il décéda en paix, célèbre par l’éclat de sa sainteté. De sa foi intègre, le premier concile œcuménique de Constantinople rendit un témoignage éclatant, dans une lettre au pape saint Damase.
A Césarée de Palestine, l’anniversaire du bienheureux Alexandre évêque. De la Cappadoce et de la ville même dont il était évêque, il vint à Jérusalem pour visiter les Lieux Saints. Là, Narcisse, qui gouvernait, comme évêque, l’Église de Jérusalem, se trouvant alors d’un âge très avancé, Alexandre, sous l’inspiration divine en assuma lui-même la charge. Plus tard, durant la persécution de Dèce, Alexandre, que rendaient vénérable son grand âge et ses cheveux blancs, fut conduit à Césarée, enfermé dans une prison où il termina son martyre pour la foi du Christ.

A Augsbourg, saint Narcisse évêque. Le premier il prêcha l’Évangile en Réthie, alla ensuite en

Espagne, fit à Gérone de nombreuses conversions, et durant la persécution de l’empereur Dioclétien, reçut la palme du martyre, avec son diacre nommé Félix.

A Nicomédie, dix mille bienheureux martyrs, qui furent frappés par le glaive, pour avoir confessé le Christ.
Là encore, les saints martyrs Trophime et Eucarpe.

En Grande-Bretagne, saint Edouard roi. Mis à mort par les intrigues de sa belle-mère, il devint célèbre par de nombreux miracles.

A Lucques, en Toscane, saint Frigdien évêque, illustre par le don des miracles.

A Mantoue, saint Anselme, évêque de Lucques et confesseur.

A Cagliari, en Sardaigne, saint Sauveur de Orta, confesseur, de l’Ordre des Frères Mineurs. Célèbre par ses vertus et par le don très particulier des miracles, il a été inscrit par le pape Pie XI au nombre des habitants des cieux.

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