Belle du Seigneur d’Albert Cohen
Je ne sais pas de quel peuple celui que ses amis appellent encore affectueusement « le général » parlait, mais ce qui va suivre devrait nous éclairer.
Entendu ce 20 février sur la radio patriote Europe numéro 1 comme on disait dans le temps.
Un peu avant 6 heures du matin, un chroniqueur présente un grand classique de la littérature dont il est illusoire de préciser qu’elle n’est pas forcément française.
Ce matin, le livre présenté était Belle du Seigneur (1) d’Albert Cohen.
Nombreux sont ceux de ma génération qui ont lu ce livre. Moins nombreux sont en revanche ceux qui l’ont apprécié. J’avoue faire partie de la seconde catégorie.
Même si le livre contient des passages assez drôles et même s’il fourmille d’informations intéressantes sur les années 30, c’est un pavé qui est lourd à tenir dans les mains et en plus cela reste tout de même un éloge à la destruction par l’adultère et le suicide.
Bref, au risque de vous étonner, cela reste pour moi une ode à la culture de mort.
De là à aller jusqu’à dire que c’est pour cela qu’il est passé à la postérité, je ne m’y risquerait pas, d’autant que la postérité a fini par passer à autre chose.
Ce qui est intéressant en revanche, c’est l’appréciation de l’auteur même de son œuvre.
Ainsi, Albert Cohen aurait dit alors qu’on lui demandait de signer des exemplaires pour les services de presse : « on ne fait pas de graffitis sur un monument ».
Je ne sais pas vous, mais moi, j’aime cette attitude qui consiste à ne jamais douter de soi.
En tout cas, si vous achetez un type comme ça au prix qu’il vaut et que vous le revendez au prix qu’il s’estime, vous faites fortune.
Sûr de lui, disiez-vous ?
Jacques Frantz
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(1) Belle du Seigneur est un roman de l’écrivain suisse francophone Albert Cohen publié en 1968. Troisième volet d’une tétralogie qui commence avec Solal (1930) et Mangeclous (1938), ce roman-fleuve a reçu le grand prix du roman de l’Académie française. L’auteur y entrecroise et superpose les voix des personnages et dans les cent six chapitres se mêlent la passion et la drôlerie, le désespoir et les exaltations du cœur. Le roman raconte la passion morbide d’Ariane et de Solal, mais aussi d’une certaine façon l’amour de Cohen pour la langue française et pour l’écriture.
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