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Synode sur la famille : David contre Goliath

Reprise intégrale de présent.fr

Le Synode sur la famille qui s’est tenu au Vatican pendant deux semaines laisse un goût amer aux catholiques. Incertitudes, provocations, errements… Qu’y comprendre ? François-Xavier Peron, de l’Institut Civitas, livre quelques-unes de ses analyses.

– Ce samedi, le pape François a dévoilé la « relatio sinodi », une synthèse susceptible d’apaiser les tumultes liés à la remise en cause des fondements les plus élémentaires de la définition de la Famille. Pouvez-vous exprimer votre ressenti ?

– Quel est le rôle du Pape ? Trouver des compromis et faire des synthèses ou bien confirmer ses frères dans le Foi quoi qu’il advienne, y compris le martyre ? Est-ce la vérité qui prime ou le consensus ? De plus, depuis quand un synode se permet-il de changer la doctrine ? Depuis quand le Pape lui-même peut-il modifier la Loi naturelle ? Hélas, tout ceci montre bien que le référentiel des hommes d’Eglise n’est plus Dieu mais l’Homme : cette religion nouvelle est anthropocentrique. Ceci n’est pas nouveau, ce fut la volonté du concile Vatican II il y a 50 ans, exposée dans des termes sans équivoques par Paul VI lors de son discours de clôture :

« L’humanisme laïque et profane enfin est apparu dans sa terrible stature et a, en un certain sens, défié le Concile. La religion du Dieu qui s’est fait homme s’est rencontrée avec la religion (car c’en est une) de l’homme qui se fait Dieu. Qu’est-il arrivé ? Un choc, une lutte, un anathème ? Cela pouvait arriver ; mais cela n’a pas eu lieu. La vieille histoire du bon Samaritain a été le modèle et la règle de la spiritualité du Concile. Une sympathie sans bornes pour les hommes l’a envahi tout entier. La découverte des besoins humains (et ils sont d’autant plus grands que le fils de la terre se fait plus grand) a absorbé l’attention de notre Synode. »

C’est d’ailleurs sur la base des grands principes erronés du concile Vatican II que le cardinal Kasper, proche ami du Pape, a défendu ce changement de doctrine :

« Je comparerais cette union à la manière dont l’Eglise catholique considère les autres Eglises. L’Eglise catholique est la véritable Eglise du Christ, mais il y a d’autres Eglises qui possèdent des éléments de la véritable Eglise, et nous reconnaissons ces éléments. De la même manière, nous pouvons dire que le vrai mariage est le mariage sacramentel ; le second n’est pas un mariage au même titre, mais il possède des éléments de celui-ci : les partenaires prennent soin l’un de l’autre, ils sont liés exclusivement l’un à un autre, il existe l’intention de demeurer dans ce lien, ils prennent soin des enfants, mènent une vie de prière, et ainsi de suite. Ce n’est pas la meilleure situation, c’est la moins mauvaise. »

On remarquera aussi la sémantique choisie : le terme « partenaire » permet d’élargir la question – et donc d’y répondre favorablement – aux homosexuels.

– Que dire du Synode qui s’achève ce dimanche 19 octobre ?

– Il est une catastrophe sans être pour autant une surprise. Il convient tout d’abord de rappeler qu’il n’est pas terminé car il ne se conclura qu’en 2015 selon la volonté du pape François. Sauf miracle, il entérinera de façon définitive les atteintes à la morale catholique qui ont été votées à 118 pour et 62 contre concernant l’homosexualité, à 104 pour et 74 contre, et 112 pour et 64 contre en ce qui concerne les deux paragraphes en faveur des divorcés remariés.

En effet, malgré ces votes largement favorables, les deux tiers des voix n’ont pas été réunis sur ces textes qui ont tout de même été publiés sur l’ordre exprès du Pape. C’est la raison pour laquelle les médias ont titré « l’échec » des progressistes, ce qui est faux au vu ce que nous venons de dire. Disons que la victoire pour eux n’est pas complète, il faudra attendre le second tour de 2015 ! Cette majorité absolue aux deux tiers qui avalisera l’abomination sera alors obtenue sans problème.

Ce synode est à mon avis le 3e événement le plus important dans la crise de l’Eglise, et sans doute la conclusion ultime. Le premier fut le concile Vatican II qui mit l’Homme au centre et posa donc des principes mauvais. La réunion interreligieuse d’Assise en fut l’application ultime au niveau de la Foi. Ce synode en est quant à lui le développement au niveau des mœurs. Conclusion ultime parce que le coup porté par ce synode concerne la Loi naturelle. En voulant porter un regard positif sur l’homosexualité, ce synode détruit le pré-requis naturel à la grâce.

Saint Thomas dit que la grâce suppose la nature, en d’autres termes, la grâce ne peut agir que sur une nature apte à la recevoir. Par exemple, un menuisier ne pourra travailler que sur un bois sain. Eventuellement si celui-ci a subi quelques attaques de vers, des traitements et des enduits permettront de limiter ou de réparer des dommages. Mais si le bois s’avère entièrement rongé et s’effrite au moindre toucher, alors le menuisier ne pourra rien faire et tous les traitements n’y changeront rien. Il en va de même avec la grâce. En avalisant le comportement homosexuel, le synode a porté un coup non seulement à la morale, mais à l’ordre purement naturel. C’est d’une gravité extrême. Ce synode devra être condamné.

On a beaucoup parlé de l’accès à la communion des divorcés remariés. Cette question est pourtant assez simple, c’est celle de l’état de grâce. Un tel état de vie n’est pas conforme à la volonté de Dieu, il coupe de l’amitié de Dieu, c’est ce qu’on appelle le péché mortel ou péché grave. C’est le sacrement de pénitence qui permet de retrouver l’état de grâce et donc de redonner l’accès notamment à la communion, ce qui nécessite le repentir sincère, et donc, le fait de changer pour se conformer à la volonté divine. Voilà la doctrine de toujours de l’Eglise. Une telle doctrine pose les choses par rapport à Dieu. Le synode n’aborde jamais la question du péché, car il ne met jamais en perspective ces choses par rapport à la volonté de Dieu.

Le synode ne parle qu’une seule fois du péché pour dire qu’il ne faut plus en parler ! Tout est basé sur de vagues et indéfinis « sentiments » de « respect » visant à promouvoir une « pastorale de miséricorde et non de répression » afin de ne pas « opposer la loi et percevoir comment aider la personne à ne pas trahir sa propre vérité »… Ce n’est pas le langage de l’Eglise, qui lui est en tout point contraire, que ce soit dans le fond ou dans la forme.

Il s’agit là paradoxalement d’une grande leçon de vérité : on ne peut accommoder l’erreur et la vérité, mélanger le poison et la nourriture saine. De même que le poison tue, l’erreur détruit. Ce concile Vatican II dont nous subissons les ultimes conséquences est ce poison, car il est porteur d’une vision et d’une doctrine qui n’est en réalité pas chrétienne car relativiste en tout point : c’est ce qu’on a appelé avec pudeur l’aspect « pastoral » !

C’est l’occasion de rappeler que ce concile n’est pas acceptable, même à la marge. On ne joue pas avec la Vérité, avec la Foi. N’essayons pas de jouer aux plus malins avec l’erreur, n’essayons pas de trouver des formules d’accord pour concilier ce concile avec la Tradition. La vérité et l’erreur s’excluent. Retrouvons le chemin de la clarté si nous voulons que cette crise cesse !

– Dans un de ses communiqués, Civitas évoque le « travail d’infiltration de l’Eglise catholique par les réseaux financés par les puissantes Gill Foundation, Ford Foundation, Soros Foundation, Arcus Foundation, créées par les milliardaires Tim Gill (homosexuel notoire), Georges Soros et Jon Stryker (homosexuel notoire), ainsi que les Evelyn & Walter Hass Jr Fund et E. Rhodes & Leona B. Carpenter Fund ». « Une myriade d’associations, écrivez-vous, (qui) bénéficient de la générosité de ces fondations afin d’œuvrer à inverser l’enseignement moral de l’Eglise. » Face à cette immense volonté mondialiste, notre Manif pour Tous nous semble bien dérisoire…

– David a tué Goliath avec une petite pierre. Cette pierre, aussi petite soit-elle, a tué le géant parce que c’était une pierre. Si Davis avait lancé une courgette le résultat n’aurait sans doute pas été le même. La Foi est solide comme un roc, elle est cette pierre qui abattra le géant. Les courgettes et les tomates du compromis n’auront aucun effet si ce n’est de leurrer ceux qui perdront leurs forces à les lancer. Là aussi il ne faut pas évacuer Dieu et au contraire se battre avec l’humble conviction que seuls nous ne pouvons rien mais qu’avec Lui et par Lui nous sommes capables de tout ! Notre sainte Jeanne d’Arc est une incarnation merveilleuse de ce principe !

La Manif pour Tous s’est voulue aconfessionnelle, elle a chassé de ses rangs toute référence catholique : elle est vouée à l’échec n’ayant plus les moyens de son combat. Sa récupération politique par l’UMP, à laquelle elle donne si complaisamment la parole, montre à quel point elle est déjà phagocytée idéologiquement. Comme le rappelle le communiqué de Civitas :

« Le camouflet se fait encore plus cinglant lorsque l’UMP nomme Alain Milon, pro-loi Taubira et pro-GPA, à la tête de la commission des Affaires sociales du Sénat, et Bernard Saugey, président d’honneur de la Fraternelle parlementaire (l’association des sénateurs francs-maçons) à la questure du Sénat. »

Le combat qui se déroule n’est pas militaire ou politique, il est hautement eschatologique. C’est la pierre qui tuera le géant.

Propos recueillis par Catherine Robinson

Article extrait du n° 8214 du Mardi 21 octobre 2014

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