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Consistoire de janvier 2026 : Traditionis Custodes, toujours d’actualité

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Traditionis Custodes, du pape François, toujours prisé par le cardinal Roche

Le Motu Proprio bergoglien Traditionis Custodes, restreignant l’usage de la Messe tridentine, garde ses partisans au sein de l’actuel pontificat. Le cardinal Roche, préfet du Dicastère pour le culte divin et la discipline des sacrements depuis 2021 a même adressé un mémoire en défense aux cardinaux lors du consistoire qui s’est tenu les 7 et 8 janvier à Rome.

Le mémoire en défense de Traditionis Custodes par le cardinal Roche

Grâce à la journaliste américaine Diane Montagna, accréditée auprès du Saint-Siège, et qui a ses entrées auprès de certains cardinaux, le mémoire en défense de Traditionis Custodes, le motu proprio bergoglien restreignant l’usage de la Messe tridentine dans les diocèses, a fuité dans la presse. Préparé par le cardinal Roche, préfet du Dicastère pour le culte divin et la discipline des sacrements depuis 2021, il a été distribué lors du consistoire qui s’est tenu les 7 et 8 janvier à Rome.

Ainsi, après la révélation, toujours par Diane Montagna, de la lettre que le père de Blignières, fondateur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, de la mouvance ex-Ecclesia Dei -que l’on peut également appeler l’aile conservatrice de l’église conciliaire-, a adressée à des cardinaux pour leur proposer de soutenir, au consistoire, une « juridiction ecclésiastique pour la liturgie romaine traditionnelle », l’on a la réponse de l’aile progressiste : Traditionis Custodes doit être maintenu.

En raison d’un temps court, seulement deux jours ont été dédié à ce consistoire, la liturgie qui faisait partie de l‘ordre du jour n’aura finalement pas été un des thèmes abordés, les cardinaux se concentrant sur l’évangélisation et la synodalité. Pourtant, le problème liturgique aura bien été au centre des préoccupations de ce consistoire.

Le document est très négatif à l’égard de la messe traditionnelle

Le rapport du cardinal Roche, haute autorité vaticane concernant la liturgie et les sacrements, a ainsi été distribué à tous les participants. Dans celui-ci, la messe traditionnelle est décriée : le document, a confié un cardinal au Catholic Herald est « très négatif à l’égard de la messe traditionnelle ».

Se faisant le champion de la réforme liturgique de Paul VI, fruit des réformes du Vatican II, le cardinal Roche écrit ceci :

« la réforme de la liturgie souhaitée par le Concile Vatican II est non seulement pleinement en accord avec le sens le plus profond de la tradition, mais constitue une noble manière de la servir afin que celle-ci, tel un grand fleuve, conduise l’Église au port de l’éternité ».

Le cardinal britannique ajoute que « sans progrès légitime, la tradition se réduirait à un amas de choses mortes, dont certaines sont malsaines ; sans tradition saine, le progrès risque de devenir une quête pathologique de nouveauté, incapable de générer la vie ».

Reconnaissant que « la mise en œuvre de la réforme a souffert et souffre encore d’un manque de formation, et c’est là le problème urgent qu’il faut régler, à commencer par les séminaires », il défend ensuite les restrictions imposées à la célébration du Missel romain d’avant la réforme de Paul VI. Notamment, il affirme que l’utilisation des livres liturgiques que le Concile a cherché à réformer était de Jean-Paul II à François « une concession qui n’envisageait en aucun cas leur promotion ». Il souligne, en appui de son affirmation, que François tout en autorisant un usage limité du Missel romain de 1962, « a ouvert la voie à l’unité dans l’utilisation des livres liturgiques promulgués » par les papes Paul VI et Jean-Paul II « conformément aux décrets du Concile Vatican II, seule expression de la lex orandi du rite romain » : « J’ai écrit Traditionis Custodes, avait en effet révélé François, afin que l’Église puisse élever, dans la diversité des langues, une prière unique et identique, capable d’exprimer son unité. »

L’adhésion à la messe Novus Ordo reflète « l’ecclésiologie » de tous ceux qui admettent les réformes du concile Vatican II

Pour le préfet du Dicastère pour le culte divin et la discipline des sacrements, l’adhésion à la messe Novus Ordo reflète « l’ecclésiologie » de tous ceux qui admettent les réformes du concile Vatican II. Il peut donc conclure :

« il serait banal de réduire les tensions, malheureusement présentes autour de la célébration, à une simple divergence de sensibilités quant à une forme rituelle. Le problème est avant tout ecclésiologique. Je ne vois pas comment on peut reconnaître la validité du Concile (…) et ne pas accueillir favorablement la réforme liturgique issue de Sacrosanctum Concilium. »

Ainsi, le cardinal Roche dévie le curseur d’un problème liturgique pour en faire un problème ecclésiologique, ce qui lui permet de mettre la pression sur les communautés attachées tant à la messe tridentine qu’au concile Vatican II et donc à sa constitution conciliaire sur la liturgie. Cette position est en réalité celle de tous les papes conciliaires qui font du concile Vatican II, l’Alpha et l’Omega de l’Église officielle, et la messe Novus Ordo son expression, la « seule expression de la lex orandi », donc la seule expression de la foi… conciliaire, issue de Vatican II. Si de temps en temps des libéralités sont concédées aux milieux plus traditionnels et conservateurs qui « reconnai[ssent] la validité du Concile », dès que cela est possible, la laisse est à nouveau raccourcie, car Vatican II et sa messe ont seuls, réellement, droit de cité dans l’église conciliaire.

Eh bien maintenant, les gens vont devoir faire un choix : l’Église catholique de toujours, ou cette Église conciliaire

« Dans le concile les ennemis de l’Église se sont infiltrés, et le premier objectif qu’ils ont eu a été de démolir et de détruire d’une certaine façon et dans une certaine mesure la messe » observait déjà Mgr Marcel Lefebvre lors de son Jubilé sacerdotal du 23 septembre 1979. Rien n’a changé depuis lors.

Pour ne pas être coincé dans cette quadrature du cercle, la position de l’Archevêque, défenseur de la Tradition catholique, reste donc d’actualité : le 30 mai 1971, dans une conférence, il donnait la solution, et pour garder la Foi catholique, et pour garder la Messe de toujours, les deux étant indissociables, « la Messe exprime, signifie, actualise intégralement la Foi catholique » (Vous avez dit pais liturgique?) :

« À une messe nouvelle correspond un catéchisme nouveau, un sacerdoce nouveau, des séminaires nouveaux, des universités nouvelles, une Église charismatique, Pentecôtiste, toutes choses qui sont opposées à l’orthodoxie et au magistère de toujours. Cette réforme étant issue du libéralisme, du modernisme, elle est tout entière empoisonnée, elle sort de l’hérésie et aboutit à l’hérésie, même si tous ses actes ne sont pas formellement hérétiques !

« Il est donc impossible à tout catholique conscient et fidèle d’adopter cette réforme et de s’y soumettre de quelque manière que ce soit. La seule attitude de fidélité et de salut et de fidélité à la doctrine catholique est le refus catégorique d’acceptation de cette réforme ; c’est pourquoi nous nous en tenons fermement à tout ce qui a été cru, pratiqué dans la foi, les mœurs, le culte, l’enseignement du catéchisme, la formation des prêtres, l’institution de l’église jusqu’en 1962, avant l’influence néfaste du concile Vatican II. (…)

« Nous avons choisi pour l’Église catholique de toujours, nous refusons cette Église conciliaire, cette Église nouvelle. Eh bien maintenant, les gens vont devoir faire un choix. Ou ils seront pour l’Église conciliaire ou ils seront pour l’Église catholique, il n’y a pas, il n’y a plus à choisir. »

Francesca de Villasmundo

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