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Une lecture de Carême pour « des cœurs profonds », par Le Petit Béraldien

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« La douleur sait toujours à qui elle a affaire ».

« Un fils d’Adam vient en ce monde. Il faut que son cœur s’arrache à lui-même et prenne sa route vers Dieu. Pour cela, il faut que sa volonté sorte aussi d’elle-même à l’aide de l’effort ; pour cela, il faut qu’il travaille. Et pour cela, il faut qu’il ait faim. La plante croit sans avoir faim et sans travail la bête mange. » (Antoine Blanc de Saint Bonnet, La Douleur, VIII, p. 48)

Né en 1815, Antoine Blanc de Saint Bonnet appartient à la première génération de contre-révolutionnaires français qui n’ont ni connu l’Ancien Régime, ni vécu la Révolution.

Aussi, lorsqu’il évoque cette dernière dans son œuvre, il ne la conçoit plus comme un fait historique daté, mais comme un processus global et progressif de transformation de la société. Il est l’un des premiers à intégrer la dimension catholique et contre-révolutionnaire à une réflexion sociale.

Au Collège royal de Lyon où il étudia, son maître de philosophie fut l’abbé Noirot, surnommé le Socrate chrétien par ses élèves. Ce dernier débutait chacun de ses cours par le chant du Veni Creator.

Le poète Victor de Laprade, qui eut aussi la chance d’être l’un d’entre eux, raconte que son enseignement se fondait sur trois propositions :

La Douleur est le maître-livre de Blanc de Saint-Bonnet.

Le philosophe y postule que pour prendre véritablement la forme d’une personne tout individu doit s’ordonner en un constant équilibre entre le cœur et la volonté, car cet ordre reproduit conceptuellement dans l’homme l’ordre amoureux que la Sainte Trinité imprime constamment dans l’univers qui, sans cela, ne serait qu’un chaos :

« S’il n’en était ainsi dans l’Univers, comment les Personnes Divines trouveraient-elles leur Unité vivante au sein de la Trinité adorable ? » (XVI – p. 93)

Or la douleur agit précisément comme un carburant nécessaire pour dynamiser en l’individu cette quête de Dieu.

Elle constitue le levier puissant qui, l’entraînant du mal au bien, le transformera en personne à Son image.

C’est en ce sens qu’elle est indispensable au salut, et qu’elle doit être accueillie, qu’elle soit physique, morale, affective ou spirituelle, comme une éminente marque d’attention du Père pour ses enfants :

« L’étendue des souffrances de Celle que des saints ont nommée co-rédemptrice du monde mesure la magnificence de l’amour que lui portait son Fils » (XIII – p.107)

C’est pourquoi, écrit Blanc de Saint Bonnet « la douleur sait toujours à qui elle a affaire ». (XIV- p. 80).

Et parce qu’elle est véritablement le chemin qui conduit au salut, Dieu, qui voulut montrer aux hommes ce chemin,  ne pouvait que l’emprunter Lui-même et donc souffrir beaucoup.

À l’heure où triomphe l’aveugle hédonisme sous les formes les plus perverses, ce discours est sans doute dur à entendre, mais ô combien salutaire et vrai !

Ajoutons pour conclure que Blanc-de Saint-Bonnet savait combien la beauté de la langue est indispensable à l’expression de la vérité, comme en témoigne cette phrase :

« Pour que l’éclatante joie, révélant l’immortalité aux êtres, puisse briller sur l’univers, le filon d’or de la souffrance habitera des cœurs profonds » ( XXX. p.178)

Le Petit Béraldien

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