Le site officiel du Saint-Siège possède une page d’accueil entière intitulée « À Son Excellence Sarah Mullally, Archevêque de Cantorbéry » qui rend compte de la rencontre entre le pape Léon XIV et le faux archevêque anglican Sarah Mullally. Honneurs et parade pour un scandale.
La révolution conciliaire et son chemin œcuménique d’union avec les sectes protestantes conduit à des absurdités logiques
La rencontre entre le pape Léon XIV et le premier ‘archevêque’ anglican de Canterbury féminin, Sarah Mullally, aura dessillé les yeux de quelques vaticanistes plutôt connus pour leurs écrits soft et conciliants envers l’église conciliaire.
MPI a déjà traité de cette rencontre dans un article intitulé Léon XIV reçoit le faux évêque anglican Sarah Mullally : nouveau scandale œcuménique dans lequel était mis en évidence jusqu’à quelle absurdité logique conduisait la révolution conciliaire et son chemin œcuménique d’union avec les sectes protestantes : à donner le titre de Son Excellence Archevêque de Canterbury à une femme, à lui permettre de bénir un cardinal catholique dans une chapelle catholique, de diriger le pape dans une prière commune, de célébrer des « vêpres anglicanes » selon le rite de sa secte dans la très belle église catholique romaine Saint Ignace de Loyola avant que le cardinal Luis Antonio Tagle ne prêche devant l’assistance catho-anglicane « avec force pendant le service sur notre foi commune et notre unité en Jésus-Christ » s’extasie Mme Mullally…
Une femme, Sarah Mullally, traitée comme un évêque
Même le très honorable Edward Pentin, vaticaniste accrédité et chroniqueur auprès d’importants médias catholiques mainstream, de position conservatrice conciliaire, adepte du chemin œcuménique à la mode de Vatican II, ne peut laisser échapper son désarroi et montre qu’il est clairement scandalisé dans un article Les festivités du Vatican en l’honneur de la première femme archevêque de Canterbury :
« Le mot « scandale » vient du grec skándalon, via le latin scandalum, signifiant « pierre d’achoppement » — quelque chose qui fait tomber autrui, notamment en matière de foi et de morale. C’est un terme que le pape Léon XIV a repris à plusieurs reprises lundi dans son discours à Sarah Mullally, la première femme archevêque anglicane de Canterbury, lors de sa visite de quatre jours à Rome. La désunion entre chrétiens, a-t-il déclaré, est un obstacle majeur à la proclamation de l’Évangile. Il serait également scandaleux, a-t-il ajouté, que les chrétiens cessent de s’efforcer de surmonter leurs divisions, aussi tenaces soient-elles.
« Tout cela est vrai. Mais il existe un autre type de scandale, sans doute plus grave dans la quête de l’unité chrétienne : présenter comme vraie une chose qui ne l’est manifestement pas, et le clamer haut et fort. Mullally, à l’instar de tous ses prédécesseurs anglicans, ne possède aucun ordre valide. Elle dirige une communauté séparée de Rome qui s’est éloignée de plus en plus de l’enseignement catholique, notamment au cours des soixante dernières années depuis la rencontre historique entre Paul VI et son prédécesseur, Michael Ramsey. Sa récente nomination comme première femme archevêque de Canterbury ne fait que confirmer le jugement de Léon XIII dans Apostolicae Curae (1896), qui déclarait les ordres anglicans « absolument nuls et non avenus ».
« Pourtant, tout au long de sa visite, Rome a accueilli Mullally – qui s’est décrite par le passé comme « pro-choix plutôt que pro-vie » et soutient la bénédiction des couples de même sexe – avec un enthousiasme qui donnait une impression diamétralement opposée. Dès son arrivée, les autorités du Vatican lui ont déroulé le tapis rouge, lui prodiguant des marques de courtoisie qui dépassaient largement le cadre diplomatique et comportaient des gestes empreints d’une signification ecclésiastique profonde. »
Une rencontre qui dépasse le cadre diplomatique et comporte des gestes empreints d’une signification ecclésiastique profonde
Commentant le désir de Léon XIV d’une unité ecclésiale, Edward Pentin que l’on n’a pas connu si ‘traditionnel’, déclare fermement :
« Mais peut-il jamais y avoir une véritable unité ecclésiale avec une communion qui n’a pas d’ordres valides et qui promeut des enseignements moraux en contradiction avec la doctrine catholique, notamment l’ordination des femmes ? De plus, quel service Rome rend-elle aux anglicans en célébrant publiquement sa première femme dirigeante tout en omettant de publier, par charité, la moindre correction fraternelle ? Réunions, prières communes (y compris dans la chapelle Sixtine l’an dernier avec le roi Charles III, gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre), bénédictions et gestes liturgiques abondent, mais jamais n’est appelé à la conversion doctrinale ni au repentir pour le schisme. »
Et ainsi de conclure :
« L’accueil triomphal réservé par le Vatican à la première femme archevêque de Canterbury, loin de favoriser l’unité chrétienne, risque plutôt de constituer un obstacle à sa réalisation. » « En reconnaissant publiquement Sarah Mullally comme une archevêque légitime — en lui permettant de diriger des prières avec le pape, de bénir un véritable archevêque dans la chapelle Clémentine et de célébrer les vêpres anglicanes dans une église historique romaine —, le Vatican contribue à conforter son identité ecclésiale « trans » et son erreur. Or, pour être véritable, l’unité doit reposer sur la vérité. Sans ce fondement, même les rencontres les plus respectueuses risquent de devenir, en fin de compte, les obstacles mêmes contre lesquels le pape Léon met en garde, plutôt que des étapes vers la communion. »
La Rome moderniste reconnait publiquement Sarah Mullally comme une archevêque légitime
Nous l’écrivions hier, le fait que l’actuel archevêque anglican de Canterbury soit une femme rend cette rencontre œcuménique plus visiblement scandaleuse « que les précédentes alors que doctrinalement parlant le fondement conciliaire et contraire à la Tradition œcuménique catholique est le même de Paul VI à aujourd’hui ».
Le journaliste polonais indépendant Sergiusz Muszyński rappelle les règles qui régissait le dialogue œcuménique avant Vatican II :
« Avant le concile Vatican II, les relations avec les sectes des hérétiques et des schismatiques étaient régies par des principes clairs, définis dans des documents tels que l’encyclique Mortalium Animos (1928) ou l’instruction De motione oecumenica (1945). « Le travail en vue de l’unité des chrétiens ne doit pas être promu autrement que par une action dans cet esprit, afin que les dissidents reviennent dans le sein de l’unique et véritable Église du Christ, dont ils se sont malheureusement séparés autrefois », écrivait-on, on y veillait et on le communiquait clairement aux sectaires. Les papes (comme Pie IX dans Iam vos omnes en 1868) appelaient les sectaires à revenir à l’Église, qui est l’unique arche du salut, sans laisser même l’ombre d’un doute sur ce que les dissidents devaient faire – se convertir.
Avant le concile Vatican II, les relations avec les sectes des hérétiques et des schismatiques étaient régies par des principes clairs
« Ce que font les papes après le IIe Concile du Vatican n’a pas un caractère courtois et diplomatique, mais directement interreligieux. Ce sont des manifestations d’indifférentisme plus ou moins marqué, dont une bonne illustration est la visite de Mme Sarah Mullally. Au lieu d’un appel clair au retour, on parle de « surmonter les différences », tandis que la secte dirigée par Mme Mullally est appelée « Église » – au même titre que l’Église catholique. Ses titres sont officiellement reconnus, on lui permet de bénir au tombeau de saint Pierre Apôtre. Nous voyons face à face deux figures – le pape et une femme déguisée en évêque – toutes deux revêtues des signes extérieurs de l’autorité apostolique, célébrant ensemble une cérémonie de prière. Comme égal à égal. Tous gestes de ce type ne relèvent en rien de la courtoisie ou de la diplomatie, mais d’une suggestion claire de reconnaissance des sectaires comme des égaux et d’une diminution de l’Église.
« C’est conforter les sectaires dans leurs erreurs. Au lieu de dire les choses comme elles sont, c’est-à-dire que la vérité est chez nous, convertissez-vous donc à nous, on parle de « surmonter les différences », ce qui donne une valeur aux sectes dissidentes. Cela suggère que l’Église catholique aussi devrait parcourir une certaine « voie vers l’unité », alors que la conversion est unidirectionnelle – ce sont les sectaires qui doivent venir à l’Église. On pose des gestes suggérant que l’Église reconnaît l’épiscopat de cette femme (elle est même titrée ainsi dans les documents). En se référant à une participation hypothétique de l’Église à un mouvement œcuménique ainsi conçu, Pie XI écrivait : « S’ils le faisaient, ils attacheraient de l’importance à une fausse religion chrétienne, totalement différente de l’unique Église du Christ. » Il affirmait aussi clairement : « Nous ne savons pas quelle voie mène de cette diversité d’opinions à l’unité de l’Église, car l’Église ne peut provenir que d’un seul enseignement de la foi chrétienne. Nous savons cependant combien il est facile d’en arriver là à négliger la religion, ou à tomber dans l’indifférentisme, ou encore dans le modernisme. » »
La réception de cette femme déguisée en évêque par le pape est un acte qui s’inscrit dans la logique du chemin œcuménique conciliaire
Edward Pentin a raison d’être scandalisé mais ne devrait-il pas remonter aux causes du scandale, une femme déguisée en évêque reçue avec les honneurs dus à un évêque par le pape lui-même, et non traiter le scandale comme une affaire isolée ? Car ce n’est pas une affaire isolée mais un acte parmi tant d’autres qui s’inscrit dans la logique du chemin œcuménique conciliaire, qu’il trouve bon.
Malheureusement, « Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu’ils en chérissent les causes » (Mgr Jacques-Bénigne Bossuet).
Tant que l’on chérira à Rome le dialogue inter-religieux et l’indifférentisme religieux, tant que l’on recherchera l’unité dans la diversité avec les sectes protestantes, sans aucun appel à la conversion à la seule Église du salut, l’Église catholique, de telles rencontres resteront inscrites à l’Agenda du Saint-Siège. Et comme ces sectes protestantes ont de plus en plus de ministres femmes, égalité oblige, on verra de faux évêques femmes avec mozette, croix pectorale, crosse épiscopale et soutane violette, paradées sous les ors des Palais Apostoliques.
Francesca de Villasmundo
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