Vous n’avez pas manqué les « naufragés du ciel » qui se sont fait surprendre par ce qu’il faut bien désormais appeler « la nouvelle guerre du Golfe ».
On ne va pas se mentir, peu nombreux sont ceux qui ont pleuré en voyant les influenceurs et autres « gagneurs du XXIe siècle » piégés comme des rats à Doubaï ou Abou Dhabi.
C’est que la nouvelle guerre du Golfe voulue par Benjamin Netanyahou et la seule extrême-droite au monde qui a le droit de cité risque de bouleverser le marché du transport aérien de passagers.
En effet, depuis bientôt trois décennies les pays du Golfe arabo-persique font le forcing pour se positionner à la première place sur un marché juteux, taillant ainsi des croupières aux compagnies nationales européennes vieillissantes voire en voie d’extinction.
L’affaire s’est quelque peu compliquée au moment de l’opération militaire spéciale décidée par le Kremlin en 2022 où, littéralement du jour au lendemain, les compagnies occidentales ont interdit aux compagnies russes de survoler leur espace aérien, ce qui a entraîné une mesure tout aussi rapide et réciproque.
Ainsi pour rejoindre Moscou depuis New York, Paris ou Berlin par les airs, il faut passer par le Golfe ou la Turquie qui n’ont pas tardé à faire des offres aux passagers désirant se rendre en Russie.
Pire encore, les compagnies aériennes ayant perdu le droit de survoler la Russie, sont obligées pour desservir la Chine de faire un détour qui rallonge le trajet d’environ 30%, ce qui affaiblit considérablement leur compétitivité. British Airways a du reste jeté l’éponge en décidant d’abandonner son service Londres-Pékin.
Vous me direz, c’était aussi le cas durant la guerre froide. Mais les conditions étaient différentes. Le marché était beaucoup plus fermé et la concurrence moins féroce.
Les compagnies du Golfe n’ont pas attendu les événements d’Ukraine pour développer leur offre à destination de l’Asie à l’intention des Européens.
Mais les mesures suicidaires de ces derniers ont été vues comme une aubaine par le Qatar ou les Émirats, à telle enseigne qu’on a assisté à une concentration des offres à destination de la Chine, du Vietnam, mais aussi des îles de l’Océan indien.
Doubaï, qui a accueilli près de 100 millions de passagers en 2025 ne s’y est du reste pas trompée et ne cesse de se développer.
Mais la petite fantaisie de Netanyahou pourrait bien contribuer à crever la bulle.
Si la guerre en Iran était appelée à durer et que Téhéran continue de viser les infrastructures de ses voisins sous – faut-il le rappeler – tutelle américaine, les passagers à destination de la Thaïlande, des Seychelles ou des pays d’Afrique de l’Est pourraient bien changer leurs habitudes, d’autant que la Turquie a bien l’intention de se tailler la part du lion face aux insolents pays du Golfe.
En tout cas, si l’offre se contracte, ce sont les voyageurs qui risquent d’en faire les frais car Istanbul, qui a bien l’intention de rentabiliser son investissement considérable dans son nouvel aéroport, ne manquera pas d’adapter ses prix.
Si au moins cela pouvait faire réfléchir les consommateurs de vacances au soleil qui applaudissent au retour de la démocratie en Iran…
On peut rêver.
Jacques Frantz
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