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Affaire Epstein : une enquête vise l’ancien Premier ministre norvégien et secrétaire général du Conseil de l’Europe

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Suite à la publication par la justice américaine de trois millions de pages de documents concernant l’enquête visant Jeffrey Epstein, milliardaire pédocriminel lié au Mossad, les autorités norvégiennes ont ouvert une enquête visant l’ancien Premier ministre norvégien et secrétaire général du Conseil de l’Europe, Thorbjørn Jagland. Ce dernier est soupçonné de corruption à grande échelle, selon l’agence de presse norvégienne NTB. 

Corruption à grande échelle

« Nous estimons qu’il existe des éléments suffisants pour ouvrir une enquête », a déclaré Pål K. Lønseth, chef de la Brigade norvégienne de lutte contre la criminalité économique.
L’enquête doit examiner les cadeaux, voyages, dons et prêts dont Jagland a bénéficié de la part d’Epstein durant son mandat de secrétaire général du Conseil de l’Europe.

Les documents publiés par la justice américaine montrent qu’alors qu’il était secrétaire général du Conseil de l’Europe et membre ou président du Comité Nobel, Thorbjørn Jagland s’est vu offrir des vols, des séjours à l’hôtel, un hébergement gratuit ou d’autres avantages par Jeffrey Epstein en 2012, 2013, 2014, 2017 et 2018.

Jagland aurait apparemment participé à la planification initiale avec Epstein de voyages qui auraient coûté plusieurs centaines de milliers de couronnes, et aurait probablement été hébergé dans la tristement célèbre propriété d’Epstein à Palm Beach jusqu’en 2018, selon l’analyse des documents rendus publics par la justice américaine.

Bien que l’ancien Premier ministre norvégien ait déclaré en novembre dernier qu’il était « absurde » de se demander s’il s’était rendu sur l’île privée d’Epstein dans les Caraïbes, les documents indiquent que Jagland était enthousiasmé par les invitations d’Epstein sur cette île.

Mises en relations

Dans le même temps, Jeffrey Epstein s’est vanté auprès de personnalités influentes et de chefs d’entreprise dans plusieurs pays d’avoir un « ami » au sein du Comité Nobel et de pouvoir leur obtenir des rencontres officieuses ou des conseils de « mon gars » Jagland, qui est resté en contact avec Epstein jusqu’en 2019.

Certains documents récemment publiés montrent que Jagland a demandé à utiliser l’île privée d’Epstein pour des vacances – dans le même dialogue où il semble accéder aux demandes d’Epstein concernant des services qui pourraient être liés au travail de Jagland en tant que secrétaire général du Conseil de l’Europe.

Il a été révélé pour la première fois en novembre 2025 qu’Epstein avait discuté avec Jagland, alors secrétaire général du Conseil de l’Europe, en 2018, afin de savoir s’il pouvait le mettre en contact avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Jagland avait répondu qu’il rencontrerait l’assistant de Lavrov le lendemain et qu’il lui en ferait part. On ignore si une rencontre facilitée par Jagland a effectivement eu lieu.

« Jeunes filles extraordinaires » en Albanie

Dans un courriel de 2012, Thorbjørn Jagland informe Epstein de la présence de « jeunes filles extraordinaires » en Albanie, tandis que dans un autre, datant de 2013, il écrit : « Nous avons vu des photos de votre île et nous serions ravis de la visiter. » .

L’avocat de Thorbjørn Jagland, Anders Brosveet, a déclaré qu’il se félicitait de l’ouverture de l’enquête.

« Nous attendons sereinement le résultat. Il est primordial que M. Jagland obtienne une clarification officielle de la part d’Økokrim, plutôt que de voir la presse mener ses propres enquêtes privées », a déclaré M. Brosveet.

Thorbjørn Jagland bénéficie de l’immunité pénale en tant qu’ancien secrétaire général du Conseil de l’Europe. Le ministre norvégien des Affaires étrangères, Espen Barth Eide, a déclaré qu’il demanderait au Conseil de l’Europe de lever l’immunité de Thorbjørn Jagland.

Confirmation du Conseil de l’Europe

Le service de presse du Conseil de l’Europe a indiqué dans un communiqué, avoir mené sa propre enquête administrative interne sur cette affaire en décembre et janvier.

« Nous avons pu établir que M. Epstein a assisté, à au moins deux reprises, à des événements à la résidence officielle du secrétaire général. Rien n’indique que ces rencontres aient eu lieu dans le cadre d’activités officielles du Conseil de l’Europe et aucune trace de ces réunions privées ne figure dans l’agenda officiel de M. Jagland à cette époque ».

« Nous avons par ailleurs établi qu’à une occasion, lors d’une visite officielle à New York en 2018, M. Jagland a séjourné dans une résidence privée qui, selon les médias, pourrait être liée à M. Epstein. Nous avons également établi qu’à deux reprises, en 2015 et 2018, il a séjourné dans une résidence privée à Paris que les médias associent à M. Epstein. ».

Pierre-Alain Depauw

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