Nous avons déjà évoqué ici le projet fou de remplacer les vitraux historiques de la cathédrale Notre-Dame de Paris par des réalisations de la dite « artiste contemporaine » Claire Tabouret dissimulant des personnages de la mouvance satano-occultiste en lieu et place de la Vierge Marie et des Apôtres.
Franc-maçonnerie, Rose-Croix, Kabbale, théosophie,…
Un autre de ces personnages représentés par Claire Tabouret vient d’être identifié. Il s’agit de William Wynn Westcott (1848-1925), surnommé Lord Boleskine, franc-maçon, rosi-crucien (il fut Grand Maître de la Societas Rosicruciana in Anglia, une fraternité réservée aux francs-maçons de haut rang), adepte de théosophie (il fut un membre influent de la Société théosophique de H.P. Blavatsky) et de la Kabbale. Médecin, il écrivit des ouvrages sur l’alcoolisme et sur le suicide. Il devint ensuite coroner de la Couronne britannique.
Un mentor du sataniste Aleister Crowley
Ce personnage renommé parmi les occultistes a notamment été commandeur de l’Ordre Ésotérique de l’Aube Dorée (Golden Dawn), une secte occultiste qu’Aleister Crowley (1875-1947) a rejointe en 1901. Westcott décrivait l’Ordre de l’Aube Dorée comme « une société hermétique dont les membres apprennent les principes des sciences occultes et la pratique de la magie d’Hermès… ». Certains voient Westcott comme une sorte de mentor d’Aleister Crowley, magicien sataniste sadique et pervers.
Ensemble, ils installent une résidence estivale de l’Aube dorée à Boleskine House, maison acquise en 1899 par Crowley sur les rives du Loch Ness construite sur les ruines d’un couvent incendié au Xe siècle dans lequel toutes les nonnes périrent dans les flammes.
Des inspirations pour Claire Tabouret et son mari
Westcott y réalisa des rites magiques dont Nathan Thelen, mari de Claire Tabouret, se serait inspiré pour écrire la chanson ‘Goldenwall’ en 2015 pour le groupe Drug Cabin. Claire Tabouret peint l’année suivante, en 2016, au plafond de leur villa huppée de Los Feliz à Los Angeles un « paysage magique » de cartes du tarot d’Aube dorée illustré par l’occultiste lesbienne Pamela Colman Smith (1878-1971), adepte de Westcott.
Westcott prit sa retraite en 1918 et s’installa en Afrique du Sud en 1920. Il mourut à Durban le 30 juillet 1925.
Westcott a traduit de nombreux ouvrages, dont le texte kabbalistique Sepher Yetzirah (1887) et une traduction du Rituel magique du Sanctum Regnum d’Éliphas Lévi (1896). Il a aussi édité une série de textes hermétiques et gnostiques, publiés dans ses Collectanea Hermetica, qui servaient de complément aux enseignements de la Golden Dawn. Il a également publié une série d’articles pour la Societas Rosicruciana in Anglia, notamment « Les Nombres, leur pouvoir occulte et leur vertu mystique », « Introduction à l’étude de la Kabbale » et « Les Rose-Croix : passé et présent, au pays et à l’étranger ».
Bref, encore un personnage qui n’a aucunement sa place sur un vitrail prévu pour Notre-Dame de Paris.
Pierre-Alain Depauw
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