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Epstein, son faux passeport autrichien et ses contacts à Vienne

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Parmi les trois millions de pages de documents dévoilées par la justice américaine au sujet de l’enquête concernant Jeffrey Epstein, milliardaire pédocriminel lié au Mossad, figurent de nombreuses références à l’Autriche. D’après des courriels, Epstein aurait également invité Eva Dichand, éditrice du journal Heute, à se rendre sur son île en 2012. 

Le mot « Autriche » apparaît à lui seul 996 fois sur des millions de pages, tandis que « Vienne » compte un nombre encore plus impressionnant de 1 676 occurrences.

« Kurtz » et Strache

Dès les premières révélations de novembre, le nom de Sebastian Kurz – parfois orthographié « Kurtz » – figurait dans les dossiers. Aucune preuve d’une rencontre entre Jeffrey Epstein et Sebastian Kurz (que ce dernier a catégoriquement niée) n’a été trouvée. Mais une rencontre entre Kurz et Steve Bannon, ancien conseiller de Trump et proche d’Epstein, a bien été évoquée au sein de l’entourage d’Epstein.

D’après les documents, les conversations en question ont eu lieu, d’une part, entre Bannon et le diplomate norvégien Terje Rød-Larsen, présenté comme un proche de « Kurtz » ; d’autre part, un confident anonyme de Bannon a correspondu avec le Norvégien, et Epstein aurait participé à cette conversation. Par ailleurs, Bannon lui-même exprime un vif intérêt pour rencontrer Kurz.

Un autre document identifie Epstein comme l’« expéditeur » d’un message apparemment adressé à Bannon : « Kurz souhaite vous rencontrer. » Les raisons qui ont poussé Epstein à envoyer ce message restent floues. Enfin, début juillet 2018, le diplomate norvégien a de nouveau contacté Bannon, apparemment avec une réponse positive concernant une rencontre : « Kurz a répondu. Il serait ravi de voir Steve ! », a-t -il écrit à un contact de Bannon.

En mai 2019. Bannon a exprimé sa déception en réponse aux articles de presse concernant l’affaire d’Ibiza qualifiée de « Gros problème », et a fait l’éloge du vice-chancelier déchu Heinz-Christian Strache : « Ce type était solide. »

Eva Dichand, éditrice du journal Heute, invitée sur l’île d’Epstein

Au-delà de la sphère politique, un autre nom autrichien important se distingue à la lecture des documents publiés : celui d’Eva Dichand, éditrice du quotidien Heute. Dès novembre 2025, le journal Der Standard révélait la présence de Mme Dichand dans le premier lot de documents. Il s’agissait d’une invitation adressée à l’éditrice pour le Vienna Life Ball, qui, par l’intermédiaire de tiers, s’était retrouvée entre les mains d’Epstein. À l’époque, Mme Dichand avait nié avoir rencontré le milliardaire pédocriminel, affirmant ne connaître son nom que « par le biais du scandale bien connu ».

Les documents récemment publiés par la justice américaine mettent à mal les dénégation d’Eva Dichand. Les courriels publiés montrent qu’elle était en contact direct par courriel avec Epstein en octobre 2012, au moins par ce biais, et qu’ils ont discuté de la foire d’art FIAC à Paris. Dans un courriel daté du 16 octobre, elle écrivait par exemple à Epstein et à un autre contact : « Tellement gentil de ta part d’être passé », ce qui indique qu’une rencontre a bien eu lieu.

Les courriers électroniques dévoilés démontrent que, quelques jours plus tard, Eva Dichand a échangé des informations avec Epstein concernant des projets de vacances. Epstein lui a alors adressé une invitation sur son île privée : « Je serai sur mon île près de Saint-Thomas pendant les trois prochaines semaines. Vous et votre accompagnateur êtes les bienvenus. »

Durant l’été 2013, l’éditrice du journal Heute a de nouveau cherché à entrer en contact avec des proches d’Epstein. « Pourriez-vous me communiquer l’adresse e-mail de Larry Epstein ? » a-t-elle écrit à son contact de l’année précédente, utilisant un faux prénom pour désigner Epstein. Son confident lui a alors répondu en lui fournissant l’adresse e-mail de Jeffrey Epstein et en précisant : « Je crois que vous avez déjà échangé des e-mails, peu après notre visite à Paris. »

Faux passeport autrichien et visite à Vienne en 2019

Les liens d’Epstein avec Vienne et l’Autriche sont nombreux. On sait depuis un certain temps que Jeffrey Epstein possédait un faux passeport autrichien depuis les années 1980. Les autorités autrichiennes ont demandé aux enquêteurs américains en juillet 2019 s’ils pouvaient obtenir des informations concernant l’origine de ce faux passeport.

Epstein s’est rendu une dernière fois à Vienne, passant quelques heures au Café Landtmann en début de soirée le 22 mars 2019 avant de poursuivre son voyage vers Paris. À Vienne, il a rencontré un mathématicien et aurait été accompagné de trois femmes dont l’identité reste inconnue.

Pierre-Alain Depauw

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