Négociations et bombardements vont de pair chez les Américains : pendant que des négociations entre l’Iran et les Etats-Unis ont repris à Doha, des bombardements ont repris dans le détroit d‘Ormuz. Israël semble à nouveau à la manœuvre pour empêcher la fin de la guerre.
Violation flagrante du cessez-le-feu
La présence des principaux négociateurs iraniens à Doha, au Qatar, est un indice laissant penser que des progrès pourraient être réalisés en vue d’un accord mettant fin à trois mois de guerre. Cependant parallèlement, des bombardements ont repris dans le détroit d’Ormuz par les Américains et au Sud Liban par les Israéliens. Ce qui compromet ces mêmes négociations, pour le plus grand avantage de Netanyahu qui ne veut pas la paix.
L’Iran a accusé mardi les États-Unis de « violation flagrante du cessez-le-feu » entre les deux pays après que les États-Unis ont lancé ce qu’ils ont qualifié de frappes défensives qui menaçaient de perturber les pourparlers en cours visant à mettre fin à la guerre.
Les Etats-Unis ont riposté en précisant que les frappes militaires américaines étaient une réponse directe à ce qu’ils ont décrit mardi comme 24 heures de tirs de missiles, de drones et de petites embarcations effectués par le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien près du détroit d’Ormuz. Les frappes américaines ont été « très limitées » et « très précises », a déclaré l’un des responsables.
Ces attaques sont survenues alors même que le secrétaire d’État Marco Rubio déclarait à des journalistes en Inde qu’un accord pourrait être finalisé « dans quelques jours » et que les négociateurs n’en étaient plus qu’à « des désaccords sur un mot, une phrase ».
L’Iran se montre prudent quant aux progrès des pourparlers
Mais l’Iran, qui s’est montré plus prudent quant aux progrès des pourparlers, a publié mardi une déclaration ferme dénonçant les frappes américaines qui, selon lui, contreviennent à la trêve de sept semaines dans les combats. « Les forces américaines ont commis une violation du cessez-le-feu dans la région d’Ormuz au cours des dernières 48 heures », a déclaré le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.
L’Iran « tient le régime américain pour responsable de toutes les conséquences découlant de ces actes hostiles », a-t-il déclaré, avertissant que « sans aucun doute », il « ne laisserait aucun acte d’agression sans réponse et n’hésiterait pas à défendre la dignité de l’Iran et de son peuple ».
En menant ces « actions agressives » alors que des négociations étaient en cours, les États-Unis ont « une fois de plus démontré la mauvaise foi et le manque de fiabilité » de leur administration, tant envers l’Iran qu’envers la communauté internationale, a-t-on déclaré.
Ces frappes ne sont pas les premières menées par les États-Unis dans le cadre du cessez-le-feu en vigueur. Toutefois, cette nouvelle vague d’attaques intervient alors que les deux camps intensifient leurs négociations en vue de mettre fin à la guerre, qui a débuté le 28 février par des frappes américano-israéliennes contre l’Iran.
Au Sud Liban, Israël a intensifié ses frappes, et empêche la paix
Selon les médias américains, cet accord potentiel ne constitue pas un règlement définitif, mais un protocole d’entente qui prévoit notamment une prolongation de 60 jours du cessez-le-feu, la réouverture du détroit d’Ormuz et un plan pour de nouvelles négociations sur le programme nucléaire iranien. L’Iran a déclaré plus tôt lundi qu’un accord n’était pas imminent après que Trump a d’abord fait miroiter puis revu à la baisse les espoirs qu’un accord soit proche.
En effet, au Sud Liban, Israël a intensifié ses frappes. Or la paix au Liban est une condition incontournable pour l’Iran afin de mettre fin au conflit avec Washington. Bien sûr, il est illusoire d’espérer qu’Israël fasse la paix. L’offensive militaire ordonnée par Netanyahu, si elle n’est pas stoppée, anéantira toute possibilité de résolution du conflit. Ceci s’explique également par le fait qu’elle viole l’accord provisoire du cessez-le-feu précédent, puisque Trump avait promis à Téhéran, et obtenu de Tel-Aviv, que Beyrouth serait épargnée par les bombardements, l’opération militaire israélienne se limitant au Sud-Liban.
Ces attaques simultanées contre l’Iran et le Liban risquent d’accroitre la méfiance des Iraniens envers les États-Unis, à les convaincre de la futilité des négociations et ainsi à les inciter à reprendre les hostilités.
La guerre au Moyen-Orient n’est pas encore terminée.
Francesca de Villasmundo
Cet article vous a plu ? MPI est une association à but non lucratif qui offre un service de réinformation gratuit et qui ne subsiste que par la générosité de ses lecteurs. Merci de votre soutien !