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La Passion de Taybeh, par Le Petit Béraldien

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Image – Rare crucifix dans l’église du Christ-Rédempteur à Taybeh, avec la plaie sur le flanc gauche.

« Les inconditionnels de la création du Grand Israël
ne sauraient tolérer ce lieu lié à la Passion du Christ« .

Taybeh est un village palestinien du centre de la Cisjordanie, à 30 km de Jérusalem, surplombant à 920 mètres le désert sauvage, la vallée du Jourdain, Jéricho et la mer Morte.

C’est en ce lieu alors nommé Ephraïm que Jésus se retira avant la paque juive (Jean, 11, 54). Dorénavant, entouré de villages musulmans, de colonies israéliennes et de barrages militaires, Taybeh demeure le dernier village entièrement chrétien de Palestine.

À ce titre, il est devenu une cible pour certains depuis le 7 octobre 2023 et ses habitants sujets à persécutions.

Le 7 juillet dernier, un groupe de colons israéliens avait intentionnellement incendié un terrain jouxtant le vieux cimetière du village.

L’église originale de Saint-Georges, construite par les Byzantins au Ve siècle et reconstruite par les Croisés au XIIe, aujourd’hui en ruines, a failli être entièrement détruite.

Le cardinal Pizzaballa, patriarche de Jérusalem qui s’était rendu sur les lieux, avait alors appelé les Chrétiens du monde entier, les diplomates et les dirigeants d’églises, à prier, à s’exprimer et à soutenir Taybeh face à cette menace croissante :

« Nous sommes solidaires avec le peuple de Taybeh et exigeons des autorités israéliennes qu’elles rendent des comptes, celles-ci n’ayant pas agi suite aux appels d’urgence répétés. Les lieux sacrés doivent être protégés et les communautés chrétiennes pacifiques ne doivent pas être chassées »

Depuis, pourtant, quinze familles ont fui en Europe ou aux USA, et la communauté se trouve réduite à 1200 personnes.

La liberté de circuler est partout entravée par les checkpoints, et l’hostilité des colons à leur égard n’a cessé de croitre.

Le curé du Christ Rédempteur, le père Bashar Fawadleh, déplore les attaques récurrentes de colons, soutenus par la police et encouragés par Tsahal, contre les Chrétiens.

Ici, des oliveraies ont été détruites, là les récoltes d’olives empêchées, ailleurs, des maisons attaquées, des voitures incendiées, des animaux volés, et des panneaux affichés déclarant :

« Il n’y a pas d’avenir pour vous ici. »

Personne, poursuit le père Bashar Fawadleh,

« ne contrôle plus les colons extrémistes et fanatisés, ni le gouvernement israélien, ni les militaires qui occupent la Cisjordanie, ni les équipes israéliennes censées coordonner la vie civile avec l’Autorité palestinienne. On les a appelés et ils nous ont dit qu’ils voulaient faire quelque chose pour nous. Mais jusqu’à maintenant, ils n’ont rien fait ».

Avec la guerre en Iran, les projecteurs se déplacent ailleurs.

Intimidations, attentats et exactions se poursuivent contre la petite communauté.

Les inconditionnels de la création du Grand Israël ne sauraient tolérer ce lieu lié à la Passion du Christ qui symbolise trop à leurs yeux une fidélité chrétienne qu’ils honnissent.

La Terre sainte, pourtant, n’aura jamais été mieux sanctifiée que durant ces trente-trois années durant lesquels Il aura habité parmi nous.

Le Petit Béraldien

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