Kiev a frappé l’école Starobilsk, dans la province de Lougansk, dans la nuit du 22 mai. La Russie a réagi avec le lancement du missile balistique Oreshnik sur Kiev. Des députés ukrainiens appellent à la fin de la guerre. Et le ministère russe des Affaires étrangères ordonne aux étrangers de quitter la capitale ukrainienne immédiatement. L’ours russe perd patience.
L’attaque ukrainienne contre l’École normale d’État de Starobilsk, située dans la province de Lougansk, contrôlée par les Russes, a réveillé l’ours russe. Le Kremlin la qualifie de « crime monstrueux ». Poutine a promis une « riposte appropriée », accusant Kiev de saboter toute perspective de négociations, tandis que Kiev avance une version différente :
« Nous avons attaqué le quartier général d’une unité militaire, pas une école. Moscou ment à des fins de propagande. »
L’attaque ukrainienne contre l’École normale d’État de Starobilsk : 21 morts, dont de nombreuses jeunes adolescentes, et 43 blessés
Dans la nuit du 22 mai, des drones ukrainiens ont donc frappé l’internat de ce lycée professionnel de Starobilsk, en République populaire de Lougansk, provoquant l’effondrement de pans entiers des bâtiments. Selon les autorités locales, outre les bâtiments scolaires, des bâtiments administratifs, des commerces et des habitations privées ont été endommagés. Les accusations portées contre Kiev sont graves : des civils auraient été délibérément ciblés.
Plusieurs organisations locales et humanitaires, souligne également que les drones utilisés ont été produits en Allemagne avec des composants italiens, un facteur cité comme motif de la coresponsabilité politique et morale des pays fournisseurs. D’après les témoignages recueillis auprès des étudiants survivants, les drones survolaient la zone depuis longtemps avant l’attaque, frappant à plusieurs reprises le campus. « Il ne s’agissait pas d’un ou deux impacts isolés », ont déclaré certains étudiants évacués du bâtiment, « mais de plusieurs attaques consécutives. »
L’attaque n’était pas accidentelle
« Trois vagues de drones à 10-15 minutes d’intervalle », a déclaré la commissaire russe aux droits de l’homme, Yana Lantrova, aux journalistes devant le bâtiment détruit, tandis qu’un groupe de personnes brandissait des photos des victimes. « Seize drones au total. Ils ont attendu que les enfants sortent en courant. Ils ont tiré directement sur les enfants. » « L’attaque n’était pas accidentelle ; elle s’est déroulée en trois vagues, avec 16 drones, tous frappant le même site », a déclaré Poutine.
Pour le dirigeant du Kremlin, il s’agissait donc d’une « attaque terroriste ». Les commandants militaires ukrainiens ont répliqué en affirmant qu’un quartier général militaire russe à Starobilsk avait été touché.
Le bilan provisoire fait état de 21 morts, dont de nombreuses jeunes adolescentes, et 43 blessés. Des psychologues apportent leur soutien aux jeunes survivants et aux familles des victimes.
Le président russe Vladimir Poutine a ordonné à son armée de préparer des options de représailles contre l’Ukraine après l’attaque. En un peu plus de 24 heures, tôt dimanche matin, la Russie a ainsi attaqué Kiev et ses environs avec des centaines de drones et de missiles, lors de l’un des bombardements les plus importants de la ville depuis le début de la guerre.
La Russie a lancé la riposte
Le bombardement nocturne a fait quatre morts et a été marqué par le tir d’un missile hypersonique russe Oreshnik au sud de Kiev. Ce serait la troisième fois que la Russie utilise ce type de missile depuis le début du conflit, après un premier tir en novembre 2024 et un autre en janvier dernier. L’utilisation dans ce contexte de représailles est un avertissement à l’Ukraine : l’Oreshnik n’est ni le missile le plus puissant de l’arsenal russe, ni le plus destructeur, ni celui qui a la plus longue portée, mais il est très rapide et donc beaucoup plus difficile à intercepter pour les défenses ukrainiennes. L’ours russe est en train de perdre patience avec Zelesnky et les Européens.
Ainsi, après l’attaque nocturne sur Kiev, des députés ukrainiens appellent à la fin de la guerre : « Il faut mettre fin à la guerre. La paix, pas les missiles. Nous devons tout faire pour que cela s’arrête. Le dimanche matin, nous devrions regarder des dessins animés avec nos enfants, pas nettoyer les décombres », écrit le député Goncharenko. « Il est désespérément nécessaire de mettre fin à la guerre. Je suis l’un de ces idiots naïfs qui n’abandonnent pas l’espoir d’un cessez-le-feu dans un avenir proche », écrit de son côté le député Bouzhan.
Ce qui est certain, c’est que cette nouvelle escalade n’encourage pas la reprise des négociations avec Kiev, après que le Kremlin a annoncé ces derniers jours attendre la visite des envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner à Moscou dans les prochaines semaines.
L’ours russe perd patience
En attendant, la Russie ne baisse pas le ton : le ministère des Affaires étrangères russe a affirmé que Kiev et « ses alliés occidentaux » portent « l’entière responsabilité de l’escalade des hostilités et du sabotage des efforts politiques et diplomatiques visant à résoudre le conflit ». La diplomatie russe accuse en effet les pays de l’OTAN de complicité dans l’attaque, d’avoir fourni à Kiev des « armes à longue portée » et d’avoir mené les raids au cours desquels ces armes ont été utilisées « avec l’assistance technique de spécialistes étrangers de pays alliés notoires ».
Le ministère des Affaires étrangères russe a ainsi adressé un avertissement formel à tous les ressortissants étrangers, y compris le personnel diplomatique et celui des organisations internationales, leur enjoignant de quitter Kiev au plus vite. Il est conseillé aux habitants de se tenir à l’écart des infrastructures militaires et administratives. Les forces armées russes lanceront donc désormais des frappes systématiques contre le complexe militaro-industriel de Kiev, ciblant spécifiquement les installations de conception, de production, de programmation et de lancement de drones opérant avec l’assistance de l’OTAN, ainsi que les centres de décision et les postes de commandement. Le ministère avertit que ces cibles sont disséminées dans toute la ville. Le ministère précise que cet avertissement fait bien suite à la frappe du 22 mai menée par les forces armées ukrainiennes contre l’École normale d’État de Starobelsk, tuant des civils, dont des enfants.
La Russie déclare que sa patience est à bout.
Francesca de Villasmundo
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