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Les spéculations d’Epstein au Zimbabwe et en Afrique du Sud

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Les millions de documents mis en ligne par la justice américaine au sujet de l’enquête sur Jeffrey Epstein révèlent aussi comment le pédo-criminel et certains de ses amis considéraient les dirigeants africains – notamment l’ancien président du Zimbabwe, Robert Mugabe, et l’ancien président sud-africain, Jacob Zuma – comme des gens faciles à manipuler et avec lesquels ils pourraient faire des montages financiers à leur guise.

Epstein voulait mettre en place un nouveau système financier dans l’une des économies les plus « délabrées » d’Afrique

Peter Mandelson, ancien ministre travailliste du Royaume-Uni et ambassadeur aux États-Unis, a tenté de persuader Epstein de créer une banque privée pour la gestion des fonds pétroliers de la République du Congo. Je n’ai pas trouvé la réaction d’Epstein à cette proposition, mais son intérêt pour le Zimbabwe apparaît très nettement dans les documents disponibles.

Des courriels publiés par le département de la Justice des Etats-Unis montrent qu’Epstein et l’ancien président du Zimbabwe, Robert Mugabe, avaient des liens financiers.

Un courriel datant d’avril 2012 laisse entendre, à tort, que Mugabe était sur son lit de mort en Italie. Le nom complet et l’adresse électronique de l’expéditeur sont masqués, mais le message est signé « Jonathan ». Il demande à Epstein s’il a des contacts dans le pays, ajoutant : « Ils ont d’excellentes entreprises si ce type est vraiment fini comme le dit la rumeur. »

Mugabe avait alors 88 ans et est apparu en pleine forme quelques jours plus tard à son retour de Singapour pour diriger les célébrations de l’indépendance.

Epstein s’est intéressé aux opportunités qu’offrait l’économie zimbabwéenne dans son ensemble, et notamment à sa monnaie. En 2009, le Zimbabwe a de facto abandonné sa monnaie nationale, adoptant un système multidevises dominé par le dollar américain et inaugurant une période prolongée de dollarisation.

« Excellent terrain d’expérimentation »

Dans un courriel datant du 12 juin 2015, Epstein écrit à Joichi « Joi » Ito, à l’époque directeur du Media Lab du Massachusetts Institute of Technology (MIT), en vue d’approcher Mugabe avec une proposition visant à créer une nouvelle monnaie zimbabwéenne après l’effondrement du dollar local dû à l’hyperinflation, décrivant le pays d’Afrique australe comme un « excellent terrain d’expérimentation ».

« Terres fertiles à explorer »

En réponse à ce courriel – dont l’objet, chose intéressante, était « terres fertiles à explorer » –, Ito demande à Epstein s’il est ami avec Mugabe, ce à quoi Epstein répond : « Non, mais je peux facilement attirer son attention. Le Zimbabwe serait un excellent terrain d’expérimentation, et il paraît que c’est un pays magnifique. »

Epstein fait appel à Noam Chomsky

« Si vous deviez concevoir un système fiscal équitable, quels objectifs suggéreriez-vous ? Je fais des recherches sur la manière de mettre en place un nouveau système financier pour le Zimbabwe », pouvait-on lire dans un courriel envoyé par Epstein à Noam Chomsky le 23 juin 2015.

« Le système est tellement défaillant qu’il constitue un terrain fertile pour les expériences, avec un taux de change d’un milliard de milliards de dollars égal à un dollar américain », indiquait le courriel.

Robert Mugabe a dirigé le Zimbabwe pendant près de quatre décennies avant d’être destitué en 2017 lors d’une transition soutenue par l’armée, et est décédé en 2019 à l’âge de 95 ans.

Dîner avec Jacob Zuma à Londres

Jacob Zuma, qui a été président de l’Afrique du Sud de 2009 à 2018, apparaît également dans les documents de l’affaire Epstein.

Des courriels datant de 2010 montrent qu’Epstein a aidé à organiser un dîner privé pour Zuma à l’hôtel Ritz de Londres, auquel assistait un mannequin russe décrit par les organisateurs comme ajoutant une touche de « glamour » à la soirée.

Dans un message ultérieur adressé à Epstein, un participant salue la présence du mannequin et fait remarquer que Zuma était « bien plus impressionnant et captivant » que prévu.

Le ZiG

Plusieurs tentatives d’introduction d’une nouvelle monnaie ont échoué, mais une monnaie adossée à l’or appelée Zig, abréviation de Zimbabwe Gold, lancée en avril 2024, a réussi à stabiliser l’économie après un démarrage difficile. En décembre 2025, le ZiG s’échangeait à 25,98 pour un dollar, marquant son niveau le plus élevé depuis le 8 janvier, selon un rapport de Bloomberg. Depuis son introduction, cette monnaie ne s’est dépréciée que de 0,7 % par rapport au dollar en 2025, un contraste frappant avec les fortes fluctuations qui ont historiquement caractérisé le marché des changes du Zimbabwe. En janvier 2026, le taux d’inflation du dollar zimbabwéen (ZiG) est tombé à 4,1 % en janvier, contre 15 % en décembre et 19 % en novembre 2025.

Mugabe et Zuma ont tous deux été impliqués dans des affaires de corruption interne. Ont-ils succombé aux promesses de Jeffrey Epstein ? Vraisemblablement, mais les sources sont insuffisantes à ce jour pour répondre en détail à cette question.

Alain Escada

 

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