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Mgr Strickland : « L’Église n’enseigne pas que l’opposition au sionisme politique est intrinsèquement antisémite »

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Mgr Joseph Strickland

L’américaine et catholique Carrie Préjean Boller, nommée à la Commission sur la liberté religieuse des Etats-Unis, en a été évincée mi-février en raison de sa profession de foi non-sioniste. Cette éviction suscite de nombreuses prises de position, parfois violentes, contre elle, même de la pat d’évêques. Mgr Strickland lui apporte son soutien.

Mgr Joseph Strickland a posté un message sur X en soutien à Mme Carrie Préjean Boller, accusée injustement d’être antisémite

Il y a deux jours, le 28 mars, Mgr Joseph Strickland a posté un message sur X en soutien à Mme Carrie Préjean Boller. Mme Prejean, catholique américaine, avait été nommée par Donald Trump à la Commission sur la liberté religieuse.

Or, au cours d’une audition, Carrie Prejean a osé exprimer « une position anti-sioniste sur le conflit israélo-palestinien, pour avoir exprimé la position de l’Église catholique depuis le saint pape Pie X » écrivions-nous sur MPI. Qu’avait-elle fait ! Immédiatement elle fut destituée par le lieutenant-gouverneur du Texas, Dan Patrick, président de la commission

Le 13 mars dernier, la Conférence des évêques catholiques des États-Unis l’a condamnée dans une note envoyée aux évêques américains, se basant sur l’enseignement de Nostra Aetate et le concile Vatican II, tout spécialement en insistant sur cette doctrine conciliaire qui affirme, en opposition de la Tradition bi-millénaire de l’Église catholique, que les Juifs n’ont pas tué Jésus.

« Mme Boller a fait ce que beaucoup craignent désormais de faire : elle a parlé » sur ce qui se passe à Gaza

A la suite de cette déclaration, Mgr Joseph Strickland s’est dissocié de la majorité de ce confrères évêques américains.

Connu pour ses prises de paroles éloignées du religieusement correct qui obsède la hiérarchie de l’Église conciliaire, il a apporté, via un long message sur X, son soutien à Carrie Prejean qui n’apportait elle-même par ses paroles que le soutien d‘une catholique au peuple de Gaza martyrisé dans sa chair depuis des mois et des mois : « J’exprime mon soutien à Mme Carrie Prejean Boller », a déclaré le prélat américain qui ose ajouter : « Mme Boller a fait ce que beaucoup craignent désormais de faire : elle a parlé » et « L’Église n’enseigne pas non plus que l’opposition au sionisme politique est intrinsèquement antisémite ».

« Il est particulièrement décourageant, continue Mgr Strickland, qu’un tel traitement semble venir, en partie, de ceux au sein de l’Église qui devraient être les premiers à défendre les fidèles… Les bergers sont appelés à protéger, non à abandonner ; à clarifier, non à embrouiller ; à se tenir aux côtés des brebis, surtout quand elles sont attaquées. »

L’accusation d’antisémitisme sert à « faire taire ceux qui parlent en défense de la vie et de la vérité morale »

Pour fonder son soutien à Mme Prejean, il a rappelé quelques points de la doctrine traditionnelle sur la question israélienne. Son clair message est une invitation à être de courageux catholiques en défense de la vie autant palestinienne qu’israélienne et en rejetant l’usage abusif de l’accusation d’antisémitisme servant à « faire taire ceux qui parlent en défense de la vie et de la vérité morale » comme Carrie Prejean.

Sa déclaration mérite d’être lue en son intégralité :

« Déclaration concernant Mme Carrie Prejean Boller

« Au cours des derniers jours, j’ai pris connaissance de la révocation de Mme Carrie Prejean Boller de la Commission présidentielle sur la liberté religieuse, ainsi que des accusations publiques qui ont suivi. Après avoir examiné son récit et les circonstances entourant cette affaire, je crois qu’il est nécessaire de parler franchement.

« Mme Prejean Boller a été traitée injustement.

« Une femme catholique, s’exprimant à partir d’une conscience bien formée et en fidélité aux enseignements de l’Église, a été publiquement critiquée et révoquée – pourtant aucune raison claire et étayée n’a été fournie. Un tel manque de transparence ne sert pas la justice. Il porte atteinte aux réputations et sape la confiance.

Carrie Prejean a soulevé des questions légitimes sur le sionisme

« Plus troublant encore est l’apparent motif : le fait qu’elle ait soulevé des questions légitimes sur le sionisme et défendu la simple vérité que les catholiques ne sont pas tenus d’adhérer à une idéologie politique quelconque.

« Permettez-moi d’être clair.

« L’Église catholique n’enseigne pas que l’État moderne d’Israël détient un mandat divin qui doit être soutenu par tous les croyants. L’Église n’enseigne pas non plus que l’opposition au sionisme politique est intrinsèquement antisémite. Ce ne sont pas des doctrines de la foi catholique.

« En même temps, l’Église rejette sans équivoque toute haine envers le peuple juif. Toute personne humaine doit être aimée, défendue et traitée avec dignité. Mais cette vérité ne doit pas être déformée. Questionner les politiques ou les actions d’une nation moderne – n’importe quelle nation – n’est pas de la haine. C’est une responsabilité morale lorsque des vies innocentes sont en jeu.

« Nous assistons à de grandes souffrances en Terre sainte. Des hommes, des femmes et des enfants innocents – en particulier à Gaza – ont enduré une dévastation immense. Parler au nom de la vie humaine, où qu’elle soit menacée, n’est pas un extrémisme politique. C’est une fidélité à l’Évangile de Jésus Christ.

L’Église catholique n’enseigne pas que l’État moderne d’Israël détient un mandat divin qui doit être soutenu par tous les croyants

« Mme Boller a fait ce que beaucoup craignent désormais de faire : elle a parlé.

« Elle a parlé au nom des catholiques qui sont de plus en plus pressurés pour se conformer à des récits politiques qui ne reflètent pas la plénitude de notre foi. Elle a parlé pour veiller à ce que l’antisémitisme ne soit pas confondu à tort avec une préoccupation morale légitime. Elle a parlé pour la dignité de toute vie humaine – juive et palestinienne à parts égales.

« Pour cela, elle a été dépeinte de manière erronée.

« Il est particulièrement décourageant qu’un tel traitement semble provenir, en partie, de ceux au sein de l’Église qui devraient être les premiers à défendre les fidèles lorsqu’ils parlent avec vérité et en bonne conscience. Les pasteurs sont appelés à protéger, non à abandonner ; à clarifier, non à embrouiller ; à se tenir aux côtés des brebis, surtout lorsqu’elles sont attaquées.

« Le silence face à l’injustice n’est pas de la prudence. C’est un échec de la charité et de la vérité. Par conséquent, j’exprime mon soutien à Mme Carrie Prejean Boller.

Mme Prejean a parlé pour veiller à ce que l’antisémitisme ne soit pas confondu à tort avec une préoccupation morale légitime

« J’affirme son droit, en tant que catholique et en tant qu’Américaine, de parler clairement des questions de foi, de moralité et de vie publique sans être injustement étiquetée ou révoquée sans explication. J’appelle également à une plus grande clarté et équité de la part de ceux qui sont responsables de sa révocation, afin que la vérité – et non la spéculation – prévale.

« Ce moment appelle au courage.

« Non pas un courage politique, mais un courage chrétien – celui qui se tient fermement dans la vérité tout en restant enraciné dans la charité. Nous devons rejeter la haine sous toutes ses formes, mais nous devons aussi rejeter l’usage abusif de cette accusation pour faire taire ceux qui parlent en défense de la vie et de la vérité morale.

« Prions pour la paix en Terre sainte – pour les Juifs, pour les Palestiniens, et pour tous ceux qui souffrent. Et prions pour l’Église, afin qu’elle parle toujours avec clarté, charité et fidélité inébranlable à Jésus Christ, qui est la Vérité.

« En Christ,

« Évêque Joseph E. Strickland »

Francesca de Villasmundo

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