Site icon medias-presse.info

Le cardinal Pell est décédé. Son isolement face à la justice australienne est un des grands scandales bergogliens

Le cardinal australien George Pell est décédé subitement à l’âge de 81 ans, dix jours après Joseph Ratzinger. Il a été archevêque de Sydney et ensuite préfet du secrétariat à l’économie du Saint-Siège, soit le numéro trois du Vatican. Il a subi des persécutions judiciaires, a connu la prison et a été privé de la possibilité de dire la messe pendant 400 jours. Puis il a été acquitté et réhabilité.  

Il semble que le décès soit dû à des complications liées à une chirurgie de la hanche. Concernant ses obsèques, George Pell avait avoué il y a quelque temps à des amis sa préférence pour un enterrement à l’intérieur de la crypte de la cathédrale Sainte-Marie de Sydney, où il avait été archevêque pendant treize ans. Son nom restera inévitablement lié à l’une des pages les plus noires de l’histoire médiatique et judiciaire australienne du XXIe siècle. Il fut l’objet d’une cabale visant à travers lui, dans ce pays protestant et ultra-matérialiste, à salir le monde catholique.

Le cardinal australien George Pell avait fait les frais d’un procès kafkaïen, truqué, malveillant

« Le cardinal australien George Pell avait fait les frais, ces dernières années, d’un « procès kafkaïen », truqué, « malveillant », aux irrégularités nombreuses. En 2019, après une longue bataille juridique, il avait été condamné en première instance à six ans de prison pour des « violences sexuelles » commises dans les années 1990 sur deux enfants de chœur, dans la cathédrale Saint-Patrick de Melbourne, dont il était l’archevêque. » écrivions-nous sur MPI le 7 avril 2020.

Rappelons les faits : le mardi 7 avril 2020, il fut en effet innocenté par la Haute Cour d’Australie, à Brisbane, la dernière instance judiciaire du pays. Les juges ont acquitté le prélat des cinq chefs d’accusation de viol et d’abus sexuels. Ils ont estimé qu’il y avait « une possibilité importante qu’une personne innocente ait été condamnée parce que les preuves n’ont pas établi sa culpabilité selon le niveau de preuve requis ». A l’unanimité, les sept magistrats de la juridiction ont donc déclaré que la Cour d’appel avait « omis de se pencher sur la question de savoir s’il restait une possibilité raisonnable que l’infraction n’ait pas été commise, de sorte qu’il aurait dû y avoir un doute raisonnable quant à la culpabilité du demandeur ». Dans son résumé de deux pages de la décision, la Haute Cour déclarait que le jury de la Cour d’appel « aurait dû remettre en question la culpabilité du requérant pour chacune des infractions pour lesquelles il avait été condamné, et a ordonné que les peines soient annulées et que les sentences d’absolution soient insérées à leur place ».

George Pell fut le primat d’Australie en tant qu’archevêque de Sydney de 2001 à 2014 et membre de l’aile conservatrice de l’Eglise conciliaire

Le presque octogénaire Pell a ainsi enduré plus de quatre cents jours sans possibilité de célébrer la messe dans la cellule où il avait été enfermé pour une condamnation annulée par la Haute Cour en avril 2020. Cela ne s’est pas produit en Corée du Nord, mais en Australie.

George Pell fut le primat d’Australie en tant qu’archevêque de Sydney de 2001 à 2014. Membre de l’aile conservatrice de l’Eglise conciliaire il prit, il faut le souligner, des positions morales conformes aux enseignements de l’Église catholique et donc non-conformes dans une Australie où même si le christianisme continue d’être la religion la plus répandue, elle n’en est pas moins de plus en plus déchristianisée dans les faits. Le cardinal australien ne cachait plus sa conviction que c’était précisément sa défense de la vision chrétienne de la famille, de la vie et de la sexualité qui l’avait envoyé au barreau.

En 2017, il accepta de quitter Rome, d’être démis de ses fonctions de préfet du Secrétariat à l’économie et de retourner en Australie pour subir un procès dont l’opinion publique n’attendait rien de plus que sa condamnation. Il aurait pu se retirer derrière le statut diplomatique, mais il ne l’a pas fait. Il s’est retrouvé avec une peine de six ans et treize mois malgré la faiblesse de la position du parquet dans des prisons à sécurité maximale, sans aucune considération.

Le cardinal fut victime d’une politique identitaire : blanc, homme, en position de pouvoir, appartenant à l’Église catholique dans un pays protestant

« Le procès de Georg Pell, souligne LNBQ qui lui fut proche, restera à jamais une tache sur le système judiciaire d’un des pays occidentaux les plus évolués. Sur l’affaire qui l’impliquait, il a déclaré :

« Mon opinion est que plus probablement le jury m’a trouvé répréhensible, digne d’être puni pour des faits sans rapport avec le procès, et que (…) j’ai été victime d’une politique identitaire : blanc, homme, en position de pouvoir, appartenant à une Église dont les membres avaient commis des actes ignobles et dont les dirigeants, jusqu’à récemment, avaient procédé à une dissimulation pure et simple. »

Mgr Pell fut donc acquitté en avril 2020 par la Haute Cour et libéré de prison peu de temps après dans une Australie confinée. Une fin inattendue à une mauvaise histoire médiatique et judiciaire pendant laquelle le Vatican bergoglien brilla par son silence et son manque de soutien envers le prélat calomnié.

Requiescat in pace.

Francesca de Villasmundo

Cet article vous a plu ? MPI est une association à but non lucratif qui offre un service de réinformation gratuit et qui ne subsiste que par la générosité de ses lecteurs. Merci de votre soutien !

Quitter la version mobile