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Les attaques israéliennes contre le Liban s’intensifient

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Plusieurs centaines de milliers de Libanais ont pris le chemin de l’exode

Samedi dernier, 394 personnes, dont 83 enfants, ont été tuées par les attaques israéliennes contre le Liban, selon le ministre de la Santé. Le Liban Sud compte déjà 1 millions de déplacés vers le nord. Les attaques israéliennes contre le Liban s’intensifient.

A Cana, au Sud-Liban, village où Jesus Christ transforma l’eau en vin, les maisons ont été transformées en décombres

Le Liban ne cesse d’être la cible d’Israël en raison de la présence du Hezbollah, milice chiite liée à l’Iran sur son sol. Dans la nuit de samedi dernier, à Cana, au Sud-Liban, village où Jesus Christ transforma l’eau en vin, les maisons ont été transformées en décombres.

« Cette nuit, “l’armée la plus morale du monde” a encore frappé. Sous les gravats, des corps. Au-dessus, désolation et mort » écrit sur X le Libanais Alexandre Ziad Karkour.

L’association SOS Chrétiens d’Orient a des missions avec des bénévoles au Liban, ce qui nous permet, en Occident, d’avoir des témoignages réalistes de la situation. Sur son site, l’association catholique vient de publier une lettre émouvante racontant la vie des Libanais sous les bombardements israéliens qui n’ont pas cessé malgré le cessez-le-feu de 2024 :

« Dans la nuit du dimanche 1er au lundi 2 mars 2026, la milice chiite a décidé de lancer des roquettes vers le nord d’Israël, alors que depuis le 26 novembre 2024, elle n’avait pas rompu le cessez-le-feu signé entre les parties. De son côté, les Nations Unies ont attribué plus de 10 000 violations de l’accord signé à Israël. »

Nous nous permettons de relayer ce témoignage pour que le Liban, cher aux Français depuis Saint Louis, reste présent dans vos prières dans ces heures sombres qui s’abattent à nouveau sur eux :

Les bombardements israéliens n’ont pas cessé malgré le cessez-le-feu de 2024

« Chers amis,

« Je vous écris depuis Beyrouth. Derrière moi, j’entends le bruit des bombardements et des explosions. Je veux ici demander votre aide, mais je veux aussi porter le témoignage des Libanais qui vivent, à nouveau, un cauchemar qu’ils pensaient avoir laissé définitivement derrière eux. Vous le savez, les plaies du Liban, si cher à nos cœurs, se sont réouvertes… Elles n’avaient jamais réellement eu l’opportunité de cicatriser.

« Embarqué dans un conflit opposant l’armée israélienne aux combattants du Hezbollah, le pays du Cèdre assiste impuissant à son écroulement. Dans la nuit du dimanche 1er au lundi 2 mars 2026, la milice chiite a décidé de lancer des roquettes vers le nord d’Israël, alors que depuis le 26 novembre 2024, elle n’avait pas rompu le cessez-le-feu signé entre les parties. De son côté, les Nations Unies ont attribué plus de 10 000 violations de l’accord signé à Israël.

« Quoiqu’il en soit, dans les minutes qui ont suivi, les forces israéliennes, encore présentes dans cinq postes avancés en territoire libanais, ont commencé une campagne de bombardements à grande échelle. Limitées depuis plusieurs mois au Sud-Liban et à la Bekaa, les frappes de l’armée israélienne touchent désormais l’ensemble du pays. La capitale, Beyrouth est particulièrement visée.

Les frappes de l’armée israélienne touchent désormais l’ensemble du pays.

« Chaque jour, des avis d’évacuations sont promulgués par l’armée israélienne. Des zones entières sont sommées de se vider de leurs habitants. Tout le monde doit partir, dans la panique et dans l’urgence.

« Je pense à tout le Sud-Liban, jusqu’à la ville de Tyr ; je pense à la banlieue Sud de Beyrouth ou à certaines localités de la Bekaa. Depuis une semaine, plusieurs centaines de milliers de Libanais ont pris le chemin de l’exode, emportant ce qu’ils pouvaient, en voiture, en bus, à moto ou à pied…

« Rien qu’un instant, imaginez la scène ! Vous recevez sur votre téléphone une notification, vous imposant de quitter votre maison, votre travail, votre école. En hâte, vous rassemblez votre famille, vous attrapez quelques vêtements, quelques souvenirs que vous entassez dans une valise… Et vous partez, avant que les bombes ne tombent ! Agriculteur, vous laissez vos champs et votre bétail à l’abandon ; en ville ou à la campagne, vous laissez derrière-vous votre maison, votre quartier, votre église. Et vous ne savez pas quand vous pourrez revenir ; vous ne savez pas si vous pouvez revenir…

« Et pour aller où ? Les routes sont saturées de véhicules, les abris officiels ne suffisent pas pour les flux croissants de sinistrés, les proches vivent déjà entassés dans leurs appartements, le marché locatif est en tension, les hôtels sont hors de prix. Des familles entières n’ont pour refuge que leur voiture, garée dans un parking à Beyrouth.

Dans ce chaos généralisé, personne n’est épargné

« Dans ce chaos généralisé, personne n’est épargné. Les familles chrétiennes, pas plus que les autres !

« Je pense, par exemple, au père Charles Naddaf. J’étais avec lui, la semaine dernière, dans sa paroisse de Yaroun, un petit village situé tout au sud du pays, à quelques centaines de mètres de la frontière. En 2024, le village avait déjà quasiment été entièrement détruit. Dix-huit familles étaient cependant venues pour y revivre et reconstruire. C’est pour cette paroisse grecque catholique Saint-Georges de Yaroun que nous avions installé des panneaux solaires. Et, la semaine dernière, avec le Père Charles Naddaf, nous avions lancé le projet de reconstruction du presbytère. Depuis cinq jour, Yaroun est à nouveau un village totalement mort. Les dix-huit familles chrétiennes et leur curé ont fui. Ils ne peuvent plus revenir chez eux !

« Dans Beyrouth même, les déplacés arrivent par milliers. Les églises ouvrent leurs portes pour les accueillir. J’ai eu au téléphone, par exemple, le supérieur de l’école des capucins de Beyrouth. En début de semaine, il accueillait déjà plus de 700 déplacés. Aujourd’hui, elle est saturée ! Certains chrétiens ont fait le choix de rester dans leur village bombardé

« Dans le sud, d’autres chrétiens ont fait le choix de rester courageusement. Ainsi, à Tyr, la grande ville côtière du Sud-Liban, Monseigneur Georges Iskandar et le Père Marios Khairallah, que nous connaissons bien tous les deux, restent au chevet des deux cents familles chrétiennes de la ville. S’ils se gardent d’influencer leurs paroissiens, le Père Marios me confie qu’ils resteront au sein de l’archevêché grec catholique malgré la guerre, comme ils l’ont fait en 2024 ; comme ils l’ont toujours fait. Il y a deux jours, une bombe est tombée à trois cent mètres de l’archevêché, provoquant un immense incendie.

« Toujours dans le sud, à Alma El Chaab, un autre village à proximité de la frontière, une bonne partie des habitants a pour le moment décidé de rester. Ce choix à poser dans l’urgence, Chadi Sayah, le maire de ce village, l’a raconté. « C’est très dur. C’est comme devoir choisir entre deux maux : rester dans notre village malgré les menaces israéliennes, ou quitter nos maisons, nos commerces, nos terres. » Wissam, un des villageois encore présents à Alma El Chaab, explique sa décision : « Nous savions que si nous partions, nous ne pourrions pas revenir. » A Rmeish, à Ain Ebel, à Debel, nombreux sont aussi les habitants à rester chez eux, coûte que coûte ! »

Francesca de Villasmundo

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