Plus l’homme s’éloigne de Dieu, plus il devient une créature monstrueuse. Il ne lui a pas suffi d’avoir mis à mal la nature, d’avoir génocidé l’éléphant, la baleine, le tigre et l’orang-outan, voici la girafe sur la liste des espèces menacées, soit 24.307 sur les 85.604 recensées sur notre grosse boule bleue. Toute la petite tribu Xiep a joué avec une girafe Sophie et nous avons même eu l’opportunité d’en voir en vrai, belles et altières, dominant le monde du haut de leur long cou.

En trente ans, 40 % du cheptel a disparu, passant sous la barre des 100.000 individus.  Elles ne sont plus que 97.500 contre 155.000 en 1985, essentiellement au Kenya et en Tanzanie. A l’origine de ce désastre, le braconnage et la perte de leur habitat, menacé par l’agriculture et l’exploitation minière, ainsi que les poussées d’instabilité civile et sociale, selon le rapport de la conférence de Cancun tenue par l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) et clos le 17 décembre. Selon Julian Fennessy, observateur de l’UICN : « ces animaux majestueux sont confrontés à une extinction silencieuse ». La situation s’est d’ailleurs compliquée par une découverte scientifique majeure dévoilée le 8 septembre 2016 et faite conjointement par Julian Fennessy et son collègue allemand Axel Janke : il n’y a pas une seule espèce de girafe, mais quatre, formant au total neuf sous-espèces. Paradoxalement, alors que les éléphants, les lions, les gorilles et les rhinocéros n’ont plus aucun secrets, la girafe a longtemps été délaissée par les scientifiques. Sophie n’était pas dans le coup, ce qui est un comble pour une girafe.

Revue de détail de nos Camelopartdalis (premier nom latin de la girafe, car ses premiers observateurs ont cru cet animal né d’un croisement entre un léopard et un chameau). La girafe du Sud, subdivisée en girafe du Cap, qui existe au Botswana, en Afrique du Sud, au Zimbabwe et au Mozambique, et en Angolensis qui se trouve en Angola, au Botswana et en Namibie. La girafe du Nord, considérée comme le spécimen type, est subdivisée en Peralita qui est au Niger, en Antiquorum qui est au Tchad, en Centrafrique et au Cameroun, en girafe de Nubie qui peuple les deux Soudan et la République Démocratique du Congo et en Rothschildi qui vit en Ouganda (mais n’est pas impliquée dans le trafic de diamants de guerre). Les trois autres espèces de girafes sont uniques :  la Reticulata  qui vit au Kenya, en Ethiopie et en Somalie, la Tippelskirchi, la plus répendue, qui est en Tanzanie, au Kenya et au Rwanda et la Thornicrofi qui peuple la Zambie.

Tout n’est pas perdu pour nos splendeurs tachetées : le cheptel du Niger, les « girafes de Kouré » ou Giraffa Camelopartdalis Peralta, est passée de 49 girafes en 1995 à 413 en 2013 grâce à l’intervention énergique d’Isabelle Ciofolo, une ethnologue française, fondatrice de l’Association de Sauvegarde des Girafes du Niger (ASGN). Il serait bon d’étendre cette protection à ses sœurs car selon la zoologiste Anne Dagg : « Sur les neuf sous-espèces, nous allons probablement en perdre quelques-unes », (5 sont particulièrement menacées) notamment la Rotschildi, dont le cheptel est tombé à 650 individus et la girafe du Nord qui n’en compte plus que 4.750 et la Reticula 8.700… Quant à l’Antiquorom, elle est massacrée pour… sa queue ! Celle-ci servant pour les demandes en mariages, voire comme chasse-mouche ou comme bracelet. Flinguer un majestueux quadrupède de 5 mètres de haut et de 2 tonnes pour piquer 70 cm de queue, c’est le comble de l’arriération…  Ça c’est pour nos amis Africains… Le massacrer pour le plaisir de faire un carton dans un safari, c’est encore plus arriéré… Ça, c’est pour nos amis Occidentaux. S’il y a un domaine où les races sont égales, c’est dans le saccage de la nature.

Hristo XIEP

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