mgr_faureNouveau tournant dans le milieu catholique traditionaliste : création de la « Société Sacerdotale des Apôtres de Jésus et Marie » le 22 août 2016. En effet, jusqu’alors, seule la Fraternité Saint Pie X détenait une sorte de monopole grâce à ses évêques et sa structure dans l’opposition aux réformes du concile Vatican II. Désormais, il existe en France deux structures catholiques non reconnues par Rome et disposant chacune de trois évêques, même si la Société Sacerdotale des Apôtres de Jésus et Marie est pour le moment à l’état embryonnaire.

Depuis la mort de Mgr Marcel Lefebvre, fondateur de la FSSPX, celle-ci avait toujours refusé toute idée de régularisation canonique ou de reconnaissance tant que le différend doctrinal concernant le concile Vatican II et ses réformes consécutives ne serait pas résolu. Depuis 2009 environ, le Supérieur Général de la Fraternité Saint Pie X, Mgr Bernard Fellay, a changé cette ligne directrice en essayant d’obtenir auprès des autorités romaines une reconnaissance canonique malgré la persistance des divergences doctrinales. Cette démarche s’est traduite par une baisse du niveau des critiques envers l’Eglise conciliaire et ses propagateurs et a ouvert une grave crise dans ses rangs. Plusieurs prêtres en ont été exclus pour leur opposition ouverte et publique considérée comme de la désobéissance. Ce fut particulièrement le cas de l’évêque britannique Mgr Richard Williamson. Cette nouvelle structure vise donc à rassembler ces prêtres pour éviter une politique d’ « électrons libres » qui serait incompatible à tout oeuvre voulant être catholique.

Rappelons que Mgr Williamson a procédé aux sacres de Mgr Faure, ancien supérieur du district d’Amérique Latine de la FSSPX et de Mgr da Costa, supérieur du monastère bénédictin de Nova Friburgo, fondation du Barroux qui avait déjà refusé le ralliement de dom Gérard à l’Eglise conciliaire en 1988.

Dans ces temps de confusion extrême où le monde chrétien semble devoir disparaitre, maintenons bien haut notre étendard avec fidélité. Prions les uns pour les autres. Gardons le lien fraternel de la Charité envers tous ceux, d’un coté comme l’autre, qui combattent pour la Tradition catholique. Et, malgré les bourrasques violentes, tenons-nous debout sur cette fameuse ligne de crête que définissait en 2011 monsieur l’abbé Régis de Cacqueray :

« Située sur une ligne de crête entre l’impasse des courants sede-vacantistes et le musellement des sociétés canoniquement correctes, la Fraternité doit à sa fidélité, à cette prudence tracée par Monseigneur Lefebvre d’avoir pu, toutes ces dernières années, rester libre de confesser la foi.
Et cette confession de la foi, il est clair que la Fraternité la doit plus que jamais à Dieu pour que la vérité révélée continue à être transmise sur la terre. Elle la doit aux âmes car la foi est nécessaire au salut. Elle la doit aux autorités de l’Église égarées pour qu’une voix encore se fasse entendre et leur donne une chance de retrouver le chemin qu’elles ont quitté. »

La libre confession de la foi catholique pleine et entière, qui inclut l’exercice ferme et constant de la libre dénonciation des erreurs qui lui sont opposées : voici le critère de catholicité dans la terrible crise actuelle.

Christian Lassale

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73 commentaires

  1. Il s’agit d’une « FSSPX bis » : la substance demeure la même.

    Entre les tenants de la position « reconnaître et résister » (de la FSSPX) et le sédevacantisme pur et dur, il y a une solution : http://www.sodalitium.eu/sermon-du-r-p-guerard-des-lauriers/

    PS : c’est un ex-fidèle de la FSSPX qui l’écrit

    • pamino says:

      La transcription de ce sermon est truffée de fautes de français d’un certain type, c’est-à-dire : une représentation en lettres qui constituent bien un mot français qu’on prononce exactement comme celui que l’orateur a utilisé, mais qui dans son contexte ne fait aucun sens. Le transcripteur a peut-être appris à son école moderne que c’est un péché véniel ; mais ses professeurs modernistes, eux-mêmes probablement pas suffisamment lettrés pour bien exercer leur métier, ont eu tort. Même l’article de MPI que vous commentez présente un (seul) exemple de ce genre de faute : *‹ le différent doctrinal › où il fallait écrire ‹ différend ›, et où l’auteur ne semble pas certain s’il s’agit d’adjectif(s) ou de substantifs ou d’un mélange des deux. Je cite le marquis de La Mole à Julien : « — ‹ Cela › ne s’écrit qu’avec une ‹ l ›, lui dit le marquis: quand vos copies seront terminées, cherchez dans le dictionnaire les mots de l’orthographe desquels vous ne serez pas sûr. » J’ajouterais pour mettre ses mots au courant : « ou selon le cas dans une grammaire ».

    • La Mésange says:

      Dstr77, cela me semble aussi être l’explication ma plus plausible de ce qui se passe depuis Vatican 2… Malheureusement, j’ai écouté plusieurs fois les explications des prêtres sedeprivatistes et le plupart sont confus voire inécoutables….
      Mieux vaut lire directement ce qu’a écrit mgr Guérard, en fait.

      • La Mésange says:

        Désolée pour les coquilles du texte ci dessus, je suis sur mon smartphone et le  »correcteur orthographique » invente des mots !

      • Léon says:

        La thèse exposé par le Père Guérard , n’est strictement pas conforme au Magistère et meme en contradiction , de plus cela n’est qu’une thèse subjectiviste !..
        Et donc , non recevable comme argument ou raisonnement Catholique ..

    • lescarottessontcuitent says:
  2. Théophane says:

    Bonjour,
    sauf erreur il me semble que la nouvelle société ne comprend pas les 3 évêques mais seulement un: Mgr Faure. les deux autres évêques sont amis, comme le sont les autres communautés: dom Thomas d’Aquin reste bénédictin par exemple.
    la nouvelle société ne compte que 2 membres.
    quant aux autres structures non reconnues, il y a toutes les communautés religieuses de la Tradition: dominicains d’Avrillé, capucins, bénédictins de Santa Cruz, de Colombie, de France (bellaigues) et des Etats Unis (Silver City)….

    • Sur l’orthographe ‹ Bellaigues › ; l’ayant trouvée sur un panneau municipal dans les parages du monastère, je me suis renseigné en revenant à ce dernier, et on m’y a dit que toutes les sources médiévales accusent la leçon sans ‹s› final. J’avais déjà formé l’hypothèse que quelqu’un à la mairie avait pensé à Aigues-Mortes, et c’est cela que je continue à croire, mais de toute façon