MPI-TV vous propose l’intégralité de l’intervention de François Bel-Ker, secrétaire général de l’Action Française, au colloque « Dessine-moi un Roi » qui s’est tenu le samedi 9 mai 2015 à Paris.

Cet article vous a plu ? MPI est une association à but non lucratif qui offre un service de réinformation gratuit et qui ne subsiste que par la générosité de ses lecteurs. Merci de votre soutien !

Achetez vos livres sur MPI
Vous faites travailler ainsi des libraires français et soutenez MPI
PORT à 1 cts A PARTIR DE 64 € D'ACHAT !

Retrouvez votre librairie sur livres-et-idees.com
avec plus de 10.000 références !

La compagnie des ombres par Michel De Jaeghere

14,90 €
Ajouter au panier
Le passé ne meurt pas par Jean de Viguerie

19,00 €
Ajouter au panier
Une élite sataniste dirige le monde par Laurent Glauzy

23,00 €
Ajouter au panier

Cliquez ici pour voir votre panier et passer votre commande

4 commentaires

  1. Eric says:

    Je déplore que les monarchistes condamnent la république tout en demeurant fidèle au concept républicain et, partant, antidémocratique de représentation. Quant à Charles Maurras, il confondait la république et la démocratie. Quel manque de rigueur intellectuelle !

    Je vous invite à lire ce superbe texte pro-démocratie de Cornelius Castoriadis :

    « J’ai le désir, et je sens le besoin, pour vivre, d’une autre société que celle qui m’entoure. Comme la grande majorité des hommes, je peux vivre dans celle-ci et m’en accommoder – en tout cas, j’y vis. Aussi critiquement que j’essaye de me regarder, ni ma capacité d’adaptation, ni mon assimilation de la réalité ne me semblent inférieures à la moyenne sociologique. Je ne demande pas l’immortalité, l’ubiquité, l’omniscience. Je ne demande pas que la société « me donne le bonheur » ; je sais que ce n’est pas là une ration qui pourrait être distribuée à la mairie ou au Conseil ouvrier du quartier, et que, si cette chose existe, il n’y a que moi qui puisse me la faire, sur mes mesures, comme cela m’est arrivé et comme cela m’arrivera sans doute encore. Mais dans la vie, telle qu’elle est faite à moi et aux autres, je me heurte à une foule de choses inadmissibles, je dis qu’elles ne sont pas fatales et qu’elles relèvent de l’organisation de la société. Je désire, et je demande, que tout d’abord mon travail ait un sens, que je puisse approuver ce qu’il sert et la manière dont il est fait, qu’il me permette de m’y dépenser vraiment et de faire usage de mes facultés autant que de m’enrichir et de me développer. Et je dis que c’est possible, avec une autre organisation de la société, pour moi et pour tous. Je dis que ce serait déjà un changement fondamental dans cette direction, si on me laissait décider, avec tous les autres, ce que j’ai à faire, et, avec mes camarades de travail, comment le faire.

    Je désire pouvoir, avec tous les autres, savoir ce qui se passe dans la société, contrôler l’étendue et la qualité de l’information qui m’est donnée. Je demande de pouvoir participer directement à toutes les décisions sociales qui peuvent affecter mon existence, ou le cours général du monde où je vis. Je n’accepte pas que mon sort soit décidé, jour après jour, par des gens dont les projets me sont hostiles ou simplement inconnus, et pour qui nous ne sommes, moi et tous les autres, que des chiffres dans un plan ou des pions sur un échiquier et qu’à la limite, ma vie et ma mort soient entre entre les mains de gens dont je sais qu’ils sont nécessairement aveugles.

    Je sais parfaitement que la réalisation d’une autre organisation sociale et sa vie ne seront nullement simples, qu’elles rencontreront à chaque pas des problèmes difficiles. Mais je préfère être aux prises avec des problèmes réels plutôt qu’avec les conséquences du délire de De Gaulle, des combines de Johnson ou des intrigues de Khrouchtchev. Si même nous devions, moi et les autres, rencontrer l’échec dans cette voie, je préfère l’échec dans une tentative qui a un sens à un état qui reste en deça même de l’échec et du non-échec, qui reste dérisoire.
    Je désire pouvoir rencontrer autrui comme un être pareil à moi et absolument différent, non pas comme un numéro, ni comme une grenouille perchée sur un autre échelon (inférieur ou supérieur peu importe) de la hiérarchie des revenus et des pouvoirs. Je désire pouvoir le voir, et qu’il puisse me voir, comme un autre être humain, que nos rapports ne soient pas un terrain d’expression de l’agressivité, que notre compétition reste dans les limites du jeu, que nos conflits, dans la mesure où ils ne peuvent être résolus ou surmontés, concernent des problèmes et des enjeux réels, charrient le moins possible d’inconscient, soient chargés le moins possible d’imaginaire. Je désire qu’autrui soit libre, car ma liberté commence là où commence la liberté de l’autre et que, tout seul, je ne peux être au mieux que « vertueux dans le malheur ». Je ne compte pas que les hommes se transformeront en anges, ni que leurs âmes deviendront pures comme des lacs de montagne – qui m’ont du reste toujours profondément ennuyé. Mais je sais combien la culture présente aggrave et exaspère leur difficulté d’être, et d’être avec les autres, et je vois qu’elle multiplie à l’infini les obstacles à leur liberté.

    Je sais, certes, que ce désir ne peut pas être réalisé aujourd’hui ; ni même, la révolution aurait-elle lieu demain, se réaliser intégralement de mon vivant. Je sais que des hommes vivront un jour, pour qui le souvenir même des problèmes qui peuvent le plus nous angoisser aujourd’hui n’existera pas. C’est là mon destin, que je dois assumer, et que j’assume. Mais cela ne peut me réduire ni au désespoir, ni à la rumination catatonique. Ayant ce désir qui est le mien, je ne peux que travailler à sa réalisation. Et déjà dans le choix que je fais de l’intérêt principal de ma vie, dans le travail que j’y consacre, pour moi plein de sens (même si j’y rencontre, et j’accepte, l’échec partiel, les délais, les détours, les tâches qui n’ont pas de sens en elles-mêmes), dans la participation à une collectivité de révolutionnaires qui tente de dépasser les rapports réifiés et aliénés de la société présente – je suis en mesure de réaliser partiellement ce désir. Si j’étais né dans une société communiste, le bonheur m’eût-il été plus facile – je n’en sais rien, je n’y peux rien. Je ne vais pas sous ce prétexte passer mon temps libre à regarder la télévision ou à lire des romans policiers.

    Est-ce que mon attitude revient à refuser le principe de réalité ? Mais quel est le contenu de ce principe ? Est-il qu’il faut travailler – ou bien qu’il faut nécessairement que le travail soit privé de sens, exploité, contredise les objectifs pour lesquels il a précisément lieu ? Ce principe vaut-il, sous cette forme, pour un rentier ? Valait-il, sous cette forme, pour les indigènes des îles Trobriand ou de Samoa ? Vaut-il, encore aujourd’hui, pour les pêcheurs d’un pauvre village méditerranéen ? Jusqu’à quel point le principe de réalité manifeste-t-il la nature, et où commence-t-il à manifester la société ? Jusqu’où manifeste-t-il la société comme telle, et à partir d’où telle forme historique de la société ? Pourquoi pas le servage, les galères, les camps de concentration ? Où donc une philosophie prendrait-elle le droit de me dire : ici, sur ce millimètre précis des institutions existantes, je vais vous montrer la frontière entre le phénomène et l’essence, entre les formes historiques passagères et l’être éternel du social ? J’accepte le principe de réalité, car j’accepte la nécessité du travail (aussi longtemps du reste qu’elle est réelle, car elle devient chaque jour moins évidente) et la nécessité d’une organisation sociale du travail. Mais je n’accepte pas l’invocation d’une fausse psychanalyse et d’une fausse métaphysique, qui importe dans la discussion précise des possibilités historiques des affirmations gratuites sur des impossibilités sur lesquelles elle ne sait rien.

    Mon désir serait-il infantile ? Mais la situation infantile, c’est que la vie vous est donnée, et que la Loi vous est donnée. Dans la situation infantile, la vie vous est donnée pour rien ; et la Loi vous est donnée sans rien, sans plus, sans discussion possible. Ce que je veux, c’est tout le contraire : c’est faire ma vie, et donner la vie si possible, en tout cas donner pour ma vie. C’est que la Loi ne me soit pas simplement donnée, mais que je me la donne en même temps à moi-même. Celui qui est en permanence dans une situation infantile, c’est le conformiste ou l’apolitique : car il accepte la Loi sans la discuter et ne désire pas participer à sa formation. Celui qui vit dans la société sans volonté concernant la Loi, sans volonté politique, n’a fait que remplacer le père privé par le père social anonyme. La situation infantile c’est, d’abord, recevoir sans donner, ensuite faire ou être pour recevoir. Ce que je veux, c’est un échange juste pour commencer, et le dépassement de l’échange par la suite. La situation infantile c’est le rapport duel, le phantasme de la fusion – et, en ce sens, c’est la société présente qui infantilise constamment tout le monde, par la fusion dans l’imaginaire avec des entités irréelles : les chefs, les nations, les cosmonautes ou les idoles. Ce que je veux c’est que la société cesse enfin d’être une famille, fausse de surcroît jusqu’au grotesque, qu’elle acquière sa dimension propre de société, de réseau de rapports entre adultes autonomes.

    Est-ce que mon désir est désir du pouvoir ? Mais ce que je veux, c’est l’abolition du pouvoir au sens actuel, c’est le pouvoir de tous. Le pouvoir actuel, c’est que les autres sont choses, et tout ce que je veux va à l’encontre de cela. Celui pour qui les autres sont choses est lui-même une chose, et je ne veux pas être chose ni pour moi ni pour les autres. Je ne veux pas que les autres soient choses, je ne saurais pas quoi en faire. Si je peux exister pour les autres, être reconnu par eux, je ne veux pas l’être en fonction de la possession d’une chose qui m’est extérieure – le pouvoir ; ni exister pour eux dans l’imaginaire. La reconnaissance d’autrui ne vaut pour moi qu’autant que je le reconnais moi-même. Je risque d’oublier tout cela, si jamais les évènements m’amenaient près du « pouvoir » ? Cela me paraît plus qu’improbable ; si cela arrivait, ce serait peut-être une bataille de perdue, mais non la fin de la guerre ; et vais-je régler toute ma vie sur la supposition que je pourrais un jour retomber en enfance ?

    Poursuivrais-je cette chimère, de vouloir éliminer le côté tragique de l’existence humaine ? Il me semble plutôt que je veux en éliminer le mélodrame, la fausse tragédie – celle où la catastrophe arrive sans nécessité, où tout aurait pu se passer autrement si seulement les personnages avaient su ceci ou fait cela. Que des gens meurent de faim aux Indes, cependant qu’en Amérique et en Europe les gouvernements pénalisent les paysans qui produisent « trop », c’est une macabre farce, c’est du Grand-Guignol où les cadavres et la souffrance sont réels, mais ce n’est pas de la tragédie, il n’y a là rien d’inéluctable. Et si l’humanité périt un jour à coups de bombes à hydrogène, je refuse d’appeler cela une tragédie. Je l’appelle une connerie. Je veux la suppression du Guignol et de la transformation des hommes en pantins par d’autres pantins qui les « gouvernent ».

    Lorsqu’un névrosé répète pour la quatorzième fois la même conduite d’échec, reproduisant pour lui-même et pour ses proches le même type de malheur, l’aider à s’en sortir c’est éliminer de sa vie la farce grotesque, non pas la tragédie ; c’est lui permettre de voir enfin les problèmes réels de sa vie et ce qu’ils peuvent contenir de tragique – que sa névrose avait pour fonction en partie d’exprimer mais surtout de masquer.
    Lorsqu’un disciple du Bouddha est venu l’informer, après un long voyage en Occident, que des choses miraculeuses, des instruments, des médicaments, des méthodes de pensée, des institutions, avaient transformé la vie des hommes depuis le temps où le Maître s’était retiré sur les hauts plateaux, celui-ci l’arrêta après les premiers mots. Ont-ils éliminé la tristesse, la maladie, la vieillesse et la mort ? demanda-t-il. Non, répondit le disciple. Alors, ils auraient pu tout aussi bien rester tranquilles, pensa le Maître. Et il se replongea dans sa contemplation, sans prendre la peine de montrer à son disciple qu’il ne l’écoutait plus. »

    « L’institution imaginaire de la société », Cornelius Castoriadis, Seuil, 1975 (p. 136 à 141).

    • Lars says:

      Maurras dit : « la démocratie c’est le mal. »

      Du reste, la démocratie en tant que gouvernement n’a pas de sens, elle n’existe pas. La soi-disant volonté générale ne garantie en rien l’intérêt général. Le peuple par définition ne gouverne pas, et c’est pour cela qu’il a besoin d’un Chef. Le Chef par définition est celui qui est le mieux placé pour gouverner, c’est-à-dire d’agir en vue du bien commun, de l’intérêt de tous. Si les hommes élèvent d’autres hommes parmi eux, c’est pour que ceux-ci s’abstraient de tous les écueils qui empêchent à un simple homme de voir large.

      Pour la République, pareil, ce n’est pas un gouvernement, mais simplement la « chose publique », ce qui est gouverné. Cela existait au temps de l’Ancien Régime.

      En fait, ce qu’explique Maurras, c’est que tout ce qu’on a appelé républiques, démocraties, etc., cela n’est rien de plus que des oligarchies, précisément ploutocratie. C’est l’abolition du Sang (de la monarchie dynastique) et l’avènement de l’Or (je pense que vous voyez ce que je veux dire), c’est cela oui qui est responsable de notre dissociété.
      Ce qu’il y a de bon dans le communisme (l’intérêt du petit peuple, l’organisation du travail, le syndicalisme, le corporatisme), tout cela fut et se retrouve parfaitement dans la France royale et très-chrétienne. Le Roy étant incorruptible, il a toujours eu souci du bien de ses sujets, de tous ses sujets. Il n’y a qu’à lire l’Histoire de France de Bainville par exemple pour retrouver les effets de la politique capétienne. Et puis en œuvrant de concert avec l’Eglise (ce ne fut pas toujours aisé), aucun gouvernement ne fut meilleur. On peut jeter tout le communisme et retrouver avec merveille tout ce qui nous y attachait dans la doctrine sociale de l’Eglise. D’ailleurs, il est remarquable de voir que les communistes sont apparus avec la Révolution, avant, il n’y avait pas de réclamations à faire (sûrement beaucoup moins en tout cas).

      • Ce qu’il y a, c’est que le concept de démocratie est très mal compris et peu expliqué. Ce n’est pas forcément élire la tête de l’état, sinon la reine d’Angleterre l’aurait été. C’est au moins élire son représentant légal et exécutif le plus élevé, mais là il ne s’agit que du fonctionnement de base.

        La démocratie, c’est fondamentalement et étymologiquement le pouvoir du peuple. Bon. Mais il faut comprendre ce qu’est ce pouvoir, car bien sûr on ne peut organiser un référendum à chaque décision prise administrativement, ou même pour voter une simple loi. Quoique, avec les moyens modernes et le concept de démocratie participative, les grecs anciens et les suisses arrivent à le faire sur certains sujets. Mais là encore, on parle de fonctionnement et non de principe.

        Car c’est bien le principe qui compte : le pouvoir souverain et citoyen, c’est tout bêtement celui de faire partie de l’état, et donc d’avoir les mêmes devoirs et droits que toutes les autres parties (citoyens) de l’état. En démocratie, un citoyen peut circuler, exprimer ses opinions, travailler… librement, du moment qu’il n’empiète pas sur les autres citoyens et leurs droits. On ne peut jeter un citoyen en prison pour ses idées ou au seul prétexte qu’il ne convient pas à l’état ; c’est un pouvoir d’immunité, celui du peuple, contre tout pouvoir supérieur, celui de l’état formé et représentant du peuple.

        • Lars says:

          Ladite reine d’Angleterre ne gouverne pas, elle n’est en rien la tête de l’état. Les monarchies constitutionnelles ne sont pas des monarchies comme vous l’avez remarqué.

          Précisément, j’attaque le principe de démocratie, de pouvoir émanant du peuple, de la volonté générale érigée en loi, en idéal absolu. Tout cela est révolutionnaire, et si vous saviez à quel point ce qui fut et demeure révolutionnaire est malfaisant. La politique est une affaire de durée, de pratique, non de théories. Or on sait de quoi est capable la monarchie en l’associant aux meilleures idées : du bien commun. Tandis que la monarchie est synonyme d’ordre, la démocratie comme vous la concevez l’est de l’anarchie ou d’une domination étrangère. Ce qui apparaît beau et satisfaisant dans votre imagination n’a pas de prise sur la réalité. Le peuple n’a aucun pouvoir car il n’est pas uni, pour l’unir il lui faut justement un Chef. C’est pour cela que quand on nous parle de démocratie, l’on a en réalité affaire au règne de l’opinion, et puisque généralement l’argent est maître de l’opinion, à ce qu’on appelle la ploutocratie qui est bien le pire des régimes (l’anarchie n’étant pas un régime).

Laisser un commentaire

Social Media Auto Publish Powered By : XYZScripts.com