Docteur en histoire, Farid Ameur, spécialiste des Etats-Unis, est l’auteur de plusieurs livres consacrés au dix-neuvième siècle américain.

La guerre de Sécession est une guerre civile au cours de laquelle des Américains ont tué d’autres Américains, une guerre qui a duré quatre ans et fait plus de 620.000 morts dans un pays qui comptait 31 millions d’habitants.

Avec ce livre, Farid Ameur s’interroge sur la place des Français dans ce conflit. Il ne s’agit pas de décrire la diplomatie de la France à cette époque mais d’analyser l’attitude des Français qui ont participé à la guerre de Sécession, les uns dans les armées de l’Union, les autres dans celles de la Confédération. Trois princes de la famille d’Orléans (le comte de Paris, le duc de Chartres et le prince de Joinville) choisirent le camp d’Abraham Lincoln. Camille de Polignac préféra le Sud. Tous étaient animés par l’esprit de La Fayette. Comme si, en 1861, se jouait un nouvel épisode de la guerre d’Indépendance. Comme si, près d’un siècle plus tard, l’alliance entre la France de Louis XVI et les Insurgents de George Washington retrouvait une nouvelle jeunesse.

Mais il y a aussi d’autres réalités. 100.000 Français immigrés aux Etats-Unis ont été projetés dans ce conflit. Beaucoup ont rejoint l’un ou l’autre des deux camps et ont formé des unités aux noms prestigieux ou singuliers, avec des uniformes caractéristiques. Il y avait les Gardes de La Fayette, les Zouaves d’Epineuil, le bataillon des Enfants perdus, la Légion française, etc. Leur rôle dans le conflit est resté relativement modeste mais ils ont fourni de véritables héros comme Régis de Trobriand, Alfred Duffié ou Victor Girardey. Disséminés dans les rangs de la milice, de nombreux Français ont aussi assuré un rôle de police et ont protégé les populations contre d’éventuels soulèvements d’esclaves ou contre les voleurs et les pillards.

D’autres jeunes gens traversent l’océan, par idéalisme ou par esprit d’aventures, pour aller offrir leur épée à la cause de leur choix.

A l’instar des autres groupes d’immigrants, les volontaires français ont cherché à se regrouper dans des corps homogènes capables d’imposer leur identité nationale et d’exalter leurs traditions militaires. Formés et commandés par des officiers français, ces corps ont perdu très vite, faute d’un nombre suffisant de volontaires, le caractère national qui avait présidé à leur création et, malgré les réserves des uns et les appréhensions des autres, il fallut américaniser leurs rangs pour maintenir les effectifs réglementaires.

L’auteur s’appuie sur le dépouillement d’archives qui jusqu’à maintenant n’avaient pas été exploitées. La participation française à la guerre de Sécession se situe de 10.000 à 15.000 soldats. Cela peut sembler peu à côté des 200.000 Allemands et des 175.000 Irlandais enrôlés dans l’un ou l’autre camp. Mais les Français n’en ont pas moins imprimé une marque caractéristique, surtout dans la première année du conflit. On s’est arraché les services des Français, on s’est bousculé pour servir à leurs côtés et sous leurs ordres, d’où leur surreprésentation dans le corps des officiers. La présence parmi eux de vétérans des guerres européennes et leurs tenues chamarrées ont fait leur réputation.

Les Français dans la Guerre de Sécession, Farid Ameur, Presses Universitaires de Rennes, 354 pages, 24 euros

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