Arnaud Blin est un spécialiste de l’histoire de la guerre et de la stratégie. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet.

Si l’on considère que la guerre est un art, les quinze chefs de guerre dont ce livre dresse le portrait ont porté celui-ci à son apogée, chacun usant de moyens et de techniques propres à son environnement culturel, avec un style et une touche personnels qui font toute la singularité de leur génie individuel.

Invariablement, le grand capitaine est un homme curieux, attiré par la nouveauté et prêt à essayer des techniques originales. Mais l’intelligence l’emporte sur le reste et ses innovations sont guidées par l’expérience et son jugement personnel : il innove pour progresser et pour se ménager un avantage, pas pour la satisfaction d’inventer. Dans la mesure où la guerre évolue, ce trait de caractère lui permet aussi de s’arroger l’initiative dans la manière dont la guerre change, et donc de mieux en contrôler les paramètres. L’initiative, il se l’octroie et la maintient en anticipant les desseins de son adversaire mieux que celui-ci ne devine les siens.

A la guerre, l’individu en haut de la pyramide est plus important que la pyramide elle-même. Ce constat, amplement étayé par des siècles de confrontations armées, est illustré dans ce livre par les parcours militaires extraordinaires d’Alexandre le Grand, Hannibal, Jules César, Saladin, Gengis Khan, Sobodeï, Tamerlan, Jan Zizka, Turenne, Malborough, Nader Shah, Frédéric le Grand, Napoléon Bonaparte, Gueorgui Joukov et Vo Nguyên Giap.

Il est cependant difficile d’essayer de dégager les principes généraux dont tous les grands capitaines auraient le secret. Napoléon avait identifié quelques principes directeurs que l’on retrouverait chez les grands chefs de guerre : « Les principes de César ont été les mêmes que ceux d’Alexandre le Grand et d’Hannibal : tenir ses forces réunies, n’être vulnérable sur aucun point; se porter avec rapidité sur les points importants, s’en rapporter aux moyens moraux, à la réputation de ses armes, à la crainte qu’il inspirait, et aussi aux moyens politiques pour maintenir dans la fidélité ses alliés, dans l’obéissance les peuples conquis; se donner toutes les chances possibles pour s’assurer la victoire sur le champ de bataille; pour cela faire, y réunir toutes ses troupes. »

Les grands capitaines, Arnaud Blin, éditions Perrin, 432 pages, 24 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

Cet article vous a plu ? MPI est une association à but non lucratif qui offre un service de réinformation gratuit et qui ne subsiste que par la générosité de ses lecteurs. Merci de votre soutien !

4 commentaires

  1. Pierre Sanders says:

    Deux communistes, mais ni Rommel ni von Manstein… Etrange…

  2. Bardamu says:

    Lorsqu’on est pas comptable ni responsable des pertes, on peut se permettre d’être un grand capitaine ? Le grand capitaine est économe de ses hommes, ce qui ne fut certes pas le cas de Giap.

  3. J’avoue des bouchers comme Giap et Joukov, mais pas de Rommel, von Manstein, Guderian, du Guesclin, Patton etc.

Laisser un commentaire

Social Media Auto Publish Powered By : XYZScripts.com