crédits: Andrea Campeanu et  Reuters
crédits: Andrea Campeanu et Reuters

La semaine dernière, François Hollande n’a pas pu obtenir un soutien européen plus appuyé que celui qui était déjà promis. La France se retrouve donc en première ligne au côté de la MISCA, la force africaine. La position des forces françaises se complique. Elles sont accusées par les uns de favoritisme par rapport aux milices chrétiennes et elles doivent gérer les actes parfois imprévisibles des forces africaines.

Hier des milliers de musulmans, sympathisants de l’ex-rébellion Séléka, ont manifesté contre la présence française en Centrafrique. On pouvait y entendre « Non à la France » ou bien encore « Hollande criminel ». Ils accusaient la France de partialité. Cette manifestation s’était organisée suite à la mort de trois rebelles Séléka, tués par l’armée française. L’Etat-major français a tenu à apporter des précisions. Les militaires français auraient eu des armes pointées sur eux. Ils ont donc été obligés de riposter. Mais la présidence centrafricaine ne se satisfait pas de ses explications. Pour elle, ses trois « rebelles » faisaient partie de la garde présidentielle et ils auraient été abattus froidement malgré la présentation de leur ordre de mission et de leurs badges. En gros, elle accuse ces militaires français de crimes de guerre.

Paradoxalement, des milliers de manifestants dont une majorité de chrétiens ont réclamé aujourd’hui le départ du président Motidja  tout comme le départ des forces tchadiennes de la MISCA. Cette fois-ci les slogans étaient « Pas de Tchadiens à Bangui » ou « Oui à la France, non à la Séléka ». C’est alors que les choses ont dérapé quand les forces tchadiennes ont débarqué, tirant en l’air puis sur la foule faisant au moins un mort et plusieurs blessés. Les militaires français, surpris, ont dû ensuite intervenir pour calmer la foule énervée et évacuer les blessés. Des caméras de TF1 ont filmé la scène.

Les tensions restent palpables entre Sélékas et milices chrétiennes qui ont chacune des revendications différentes. Pour l’instant, le calme n’est pas revenu et on ne peut pas parler d’un nouveau processus politique. Pour un spécialiste des questions Défense, le contingent français est handicapé par rapport à son positionnement flou vis-à-vis de la MISCA. Il y a un manque de coordination sur le terrain. Mais ce n’est pas tout, il y a aussi des tensions entre Paris et Bangui comme l’incident rapporté ci-dessus le démontre. Les relations ne sont pas très bonnes entre Hollande et Motidja surtout depuis que le président français a déclaré qu’ « on ne peut pas laisser en place un président qui n’a rien pu faire, qui a laissé faire. »

Les militaires français se trouvent donc dans une situation périlleuse alors que Paris ne trouve aucune solution viable et que des renforts se font attendre. Certes le gouvernement a dans un premier temps beaucoup communiqué sur l’opération Sangaris, vantant le mérite de la France, mais depuis elle se fait plus discrète. On est loin de succès de l’opération Serval !

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