mgr_tissier_fsspxComme pour la conférence donnée par Mgr de Galarreta le 17 janvier dernier à Bailly, MPI a le privilège de fournir à ses lecteurs un résumé – et les passages les plus importants – du sermon de Mgr Tissier de Mallerais, prononcé le dimanche 31 janvier 2016 pendant la messe épiscopale célébrée à l’occasion de l’administration du Sacrement de Confirmation en l’église priorale Sainte-Marie-des-Anges, à Sarrebruck, en Allemagne.

Son Excellence a expliqué d’emblée à l’auditoire la nature et la substance de l’administration d’un sacrement. Il a tout d’abord rappelé qu’il s’agissait, pour la Confirmation, d’un renforcement, car ce sacrement est imprégné du Saint-Esprit. Dieu enrôle et anoblit le confirmant dans sa Troisième Personne en les choisissant comme ses guerriers et ses soldats.

Vint ensuite un long récit sur la jeunesse du  saint apôtre François de Sales. Son père l’a averti lorsqu’il eut six ans : il se devait, sa vie durant et sans tenir compte de son propre bien-être, s’attacher à combattre bravement et sans peur pour la foi catholique. Ce qui devait être particulièrement dangereux alors que  Genève était aux mains des  protestants calvinistes qui propageaient  leurs erreurs et attaquaient tous ceux qui les dénonçaient. Mais c’est justement ce qui rendait d’autant plus nécessaire l’expression d’un point de vue clair et d’une fermeté à défendre sans faiblesse. Quelques jours plus tard, le jeune François de Sales fut fortement perturbé lorsque son père lui-même accueillit aimablement dans la maison familiale un haut représentant des protestants. Se rappelant alors les paroles et les recommandations  passées de son père, l’adolescent tira son épée et fonça sur le visiteur mettant dans le plus grand embarras son père qui ne s’était simplement plus souvenu des instructions qu’il lui avait données.

Mgr Tissier de Mallerais cita ce récit de la vie de saint François de Sales pour illustrer ce que doit être le comportement futur d’un soldat de Dieu.  « Chers Confirmants, à partir de ce jour, vous êtes des soldats de Dieu et des guerriers au service de la seule vraie foi catholique romaine dans la Tradition catholique [sic !]. Voilà ce à quoi vous devez vous conformer » : « Ta parole sera, comme Jésus l’a demandé, oui oui ou non non. Il importe, comme Don Bosco, d’éviter tout doute et de s’en abstenir » [sic !].

Ce thème directeur fut récurrent dans son sermon et Mgr insista à plusieurs reprises sur « l’exemple de la fermeté, de la clarté et de la certitude : certitude absolue, ce qui est indiscutable, irréfragable, hors de doute, comme nous l’a appris saint Jean Bosco. »

Puis, pour bien illustrer son propos, il déclara :

« Je vous donne un deuxième exemple de certitude [sic] d’un catholique et soldat du Christ : lorsque le pape Benoît XVI leva la prétendue excommunication de nos quatre évêques, nous lui avons répondu sans ambiguïté que cela n’était pas nécessaire et même était inutile. En effet en raison et en vertu de la situation d’urgence [de détresse] dans l’Eglise, nos consécrations sont licites et valides. Nous lui avons également écrit qu’il n’y avait aucune nécessité à une levée de l’excommunication, car nous n’avions jamais été excommuniés, étant donné que les consécrations étaient toujours licites et donc valides en raison de cet état d’urgence et de nécessité. Ceci est donc bien un autre exemple de claire certitude. »

« Je vous donne un troisième exemple en relation avec l’indubitabilité, la certitude : le pape suivant, l’actuel pape François, a confirmé la validité [la juridiction] de nos confessions. Il n’aurait pas dû le faire car c’était inutile : nos confessions ont toujours été valides, puisque notre pouvoir de pasteurs et, avec lui, notre pouvoir de consécration et la validité de nos sacrements n’ont jamais été mis en question. »

 « Chers Confirmants, chers Croyants, encore une fois : votre parole doit être oui oui ou non non. Agissez en catholiques sans aucune ambiguïté. »

« Quand nous nous rendons à Rome, c’est pour ramener et convertir les représentants de la Nouvelle Eglise à la vérité de l’unique Eglise catholique et romaine, telle que nous la maintenons au sein de la Fraternité Saint-Pie X. »

« Quand nous parlons avec Rome, nous devons procéder avec certitude, sans le moindre doute, c’est-à-dire sans calcul ni compromis, avec l’objectif du retour des représentants de la Nouvelle Eglise à la seule vérité de la Tradition catholique. Ni calcul ni compromis tant qu’ils n’auront pas renoncé aux erreurs du concile de Vatican II, qu’ils n’auront pas fait le chemin inverse et qu’ils ne seront pas revenus à la vérité. »

Nous remercions Mgr Tissier de Mallerais pour la clarté de ses propos, sa constance dans le combat et sa fidélité à la déclaration du 21 novembre 1974 de feu Mgr Marcel Lefebvre, fondateur de la Fraternité des Apôtres de Jésus et Marie appelée plus communément  la Fraternité Saint-Pie X :  « C’est pourquoi sans aucune rébellion, aucune amertume, aucun ressentiment nous poursuivons notre œuvre de formation sacerdotale sous l’étoile du magistère de toujours, persuadés que nous ne pouvons rendre un service plus grand à la Sainte Église Catholique, au Souverain Pontife et aux générations futures. C’est pourquoi nous nous en tenons fermement à tout ce qui a été cru et pratiqué dans la foi, les mœurs, le culte, l’enseignement du catéchisme, la formation du prêtre, l’institution de l’Église, par l’Église de toujours et codifié dans les livres parus avant l’influence moderniste du concile en attendant que la vraie lumière de la Tradition dissipe les ténèbres qui obscurcissent le ciel de la Rome éternelle. »

Nous sommes persuadés que la très grande majorité des prêtres et des fidèles attachés à la restauration de la Tradition dans l’Eglise seront heureux, après avoir lu notre article sur Mgr de Galarreta, de constater que Mgr Tissier de Mallerais proclame la même certitude.

Christian LASSALE

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19 commentaires

  1. Volodymyr Bellovak says:

    Merci Monseigneur de nous conforter dans le bon combat! Merci aussi à MPI d’y contibuer en nous informant ,tant des réelles et toujours actuelles erreurs et trahisons de la Rome conciliaire et moderniste, que du combat de la FSSPX contre toutes les hérésies. Les paroles de Mgr Tissier de Mallerais, après celleS de Mgr de Galarreta, nous confirment que la FSSPX demeure le seul rempart crédible et solide contre le modernisme ambiant, la seule force catholique contre l’entreprise d’auto-démolition de l’Eglise initiée par Vatican II, et ce malgré peut etre des erreurs ou des illusions très humaines de la part de certains membres de cette meme FSSPX. Tant que nous garderons avec certitude et force les vertus surnaturelles théologales de Foi, d’Espérance, et de Charité, le Bon Dieu, par sa Grace toute puissante, nous consolidera dans le bon combat et nous protègera des compromis humains, du découragement et de la lassitude. Haut les coeurs!

  2. Chouanne says:

    Merci Christian Lassale pour cette info de première main, fort rassurante.

  3. balanine says:

    Merci MPI de nous tenir informés…. Merci à C. Lassale également.
    Merci à vous chère Fraternité de nous tenir éveillés.

  4. gigibobo says:

    Il est effectivement préférable de n’accepter aucune faveur d’un Pape « border line » comme François, d’autant plus qu’il s’est qualifié lui-même de « rusé »…

  5. Hop ! Juste une petite erreur de logique 101 dans votre texte monsieur Lassale. Si Mgr Tissier de Mallerais va a
    Rome pour convertir cette nouvelle église, c’est qu’elle est fausse, hérétique ou schismatique, n’Est-ce pas ?
    Alors, ses dirigeants le sont aussi, de haut en bas,
    du pape au plus humble prêtre. Pourquoi donc continuez-vous a les affubler de  »Mon pape », mon évêque, mon abbé ? Répondez-moi, je ne saisis pas du tout.
    Cécilien

    • Ce n’est pas chrétien de penser qu’une personne ou qu’une organisation soit entièrement mauvaise.

    • Volodymyr Bellovak says:

      @Cécilien Pelchat
      Bonjour monsieur; si votre père se comporte mal et vous demande de faire de meme, vous n’allez pas luir obéir mais vous allez continuer à le considérer comme votre père, et vous allez prier pour sa convertion et l’inciter à changer, n’est-ce-pas ? C’est exactement la meme situation avec le pape. Pas plus compliqué. A moins que vous « changiez » de père pour en trouver un autre de substitution mais qui ne sera jamais votre vrai et légitime père…

  6. Vieux Jo says:

    @Cecilien : le concile Vatican Il a été une profonde erreur qui aboutit à l’apostasie générale, ce que monseigneur Lefebvre dénonçait. Rome est dans l’erreur, il n’appartient à personne de juger autrement.Il nous est demandé par Dieu de prier pour la conversion des pécheurs. Puisque le pape et ses prédécesseurs sont dans l’erreur, nous prions pour eux, pour leur âme, pour qu’ils reviennent au message de Notre-Seigneur.

    • non monsieur ce n’est pas une profonde erreur
      c’est une profonde révolution….

    • Robert says:

      Abbé G. Delcuve S.J., L’église notre mère, chapitre VIII, Casterman paris, 1950, P. 78

      A. Il est œcuménique lorsqu’il réunit, sous l’autorité du pape, l’ensemble des évêques de la catholicité (non pas tous). Uni au pape, le concile jouit de l’infaillibilité et d’une autorité absolue dans toute l’Église.

    • Robert says:

      Mrgr Lefebvre , possible que le Pape ne soit pas Pape ! des 2 minutes 45 s
      https://www.youtube.com/watch?v=raHuppuqG_k

  7. DUFIT THIERRY says:

    Mais oui c’est une évidence. Il n’est pas question que la FSSPX accepte les erreurs monstrueuses qui ravagent l’Eglise. Mgr Tissier de Mallerais ne fait que rappeler la position officielle de la FSSPX. C’est clair. Il n’y a aucune ambiguïté.

    • Vieux Jo says:

      Monsieur Dufit, sans vouloir relancer un débat houleux, je remarque quand même, et il me semble que beaucoup de fidèles aussi, que ces deux prélats n’ont pas le même langage que monseigneur Fellay et ce depuis quelques années, notamment en 2012 où la querelle avec les directeurs d’ordres religieux l’ont amené à surseoir des ordinations de religieux de ces ordres amis ; et ce, sans ambiguïté aucune de sa part. C’était clair.

      Bon maintenant, je veux bien qu’il se soit rendu compte qu’il allait trop loin avec Rome à l’époque, et c’était aussi avec Benoît XVI qui n’est pas de la même eau que le pape actuel ; cette prise de conscience serait tout à son honneur.

      Il n’empêche que c’est bien à cause de ses prises de position et des paroles suggestives de vouloir, « à tout prix » une « réconciliation » qui ont poussé des religieux et des fidèles à s’écarter de sa voie.

      • DUFIT THIERRY says:

        M Vieux Jo sachez que ni Mgr Lefebvre ni ses successeurs n’ont jamais rompu avec Rome. Je vous rappelle que même au moment d’Assise en 1986 Mgr Lefebvre n’a pas rompu avec Rome et a accepté la visite d’un cardinal visiteur (Gagnon) en 1987. La FSSPX est catholique et romaine et le restera. Mais évidemment cela ne signifie pas que la FSSPX acceptera les hérésies modernes –condamnées par les papes jusqu’à Pie XII inclus- introduites dans l’Eglise par Vatican II. Il peut y avoir différentes appréciations sur les rapports qu’il faut entretenir avec les autorités romaines. C’est surtout une question de prudence. Mais sur le fond les membres de la FSSPX sont d’accord sur l’essentiel : maintenir la doctrine catholique de toujours sans compromission avec les erreurs libérales. Je vous rappelle également que Mgr Fellay a à plusieurs reprises refusé de signer une déclaration ou préambule doctrinal proposé par Rome acceptant le concile Vatican II.

        • Vieux Jo says:

          … »Je vous rappelle également que Mgr Fellay a à plusieurs reprises refusé de signer une déclaration ou préambule doctrinal proposé par Rome acceptant le concile Vatican II. »

          De justesse en 2012. C’est parce qu’il a enfin accepté ce que lui demandaient les directeurs des trois ordres religieux : demander à Benoît XVI les véritables clauses du contrat que ce dernier proposait. Cela se passait en juin. Que le pape a reconnu qu’il lui demandait explicitement de reconnaître le concile Vatican II.

          Ce qui a paru pour le moins surprenant, incompréhensible, c’est la décision de monseigneur Fellay concernant l’ordination des diacres de ces trois ordres (pour simplifier car il y avait un sous-diacre je crois) : il refusait car il n’était pas sûr de la confiance que lui accordaient les directeurs (!) Et cela était fin juin. Ce qui veut dire que monseigneur avait bien l’intention de signer l’accord, un peu aveuglé quand même et n’admettant pas qu’on lui montre sa naïveté sur les véritables intentions du pape.

          C’est aussi à l’abbé de Cacqueray qui s’est fermement opposé à lui que nous devons son revirement de l’époque. Nous pouvons dire que la Fraternité a eu chaud aux fesses. Il y a eu un grand ouf ! partout lorsqu’il a enfin refusé de signer. Et ça c’était en juillet 2012.

          Personne, et surtout pas les religieux interrogés à l’époque, n’a voulu répondre aux questions des fidèles. Par prudence, par souci de ne pas lancer médisances et calomnies. Il n’empêche que le mal était fait dans les esprits car c’est bien mal connaître la nature humaine, l’esprit prompt à satisfaire le jugement téméraire, pervers.

          Je ne peux qu’admirer la force de votre engagement auprès du Supérieur de la Fraternité. Pour ma part, j’ai plus de circonspection, au moins jusqu’à la prochaine élection du prochain Supérieur. Mais comme on dit : on sait qui on perd, on ne sait pas qui on gagne…

          Dieu a son heure pour reprendre son Eglise et c’est seulement en Lui que je mets ma confiance.

  8. David Corbusier says:

    Pour tous ceux ici qui contestent le commentaire de Cécilien Pelchat, voici mes chers amis lefebvristes ce que la Véritable Doctrine de l’Église énonce au sujet d’une éventuelle infiltration maçonnique (lire la Synagogue de Satan) qui ébranlerait l’Église et comment se comporter face à cette infamie.

    Écrits de St-Robert Bellarmin, Docteur de l’Église :
     » … Les hérétiques manifestes ne se maintiennent en aucune façon dans l’Eglise.

    Il est prouvé par des arguments d’autorité et de raison que l’hérétique manifeste est déposé ipso facto. L’argument d’autorité se base sur Saint Paul (Tite III,10)…

    C’est ce qu’écrit Saint Jérôme, ajoutant que les autres pêcheurs sont exclus de l’Eglise par une sentence d’excommunication, les hérétiques s’exilant et se séparant d’eux-mêmes du Corps du Christ.

    Le principe suivant est des plus certains : le non-chrétien ne peut, en aucune façon être pape.

    La raison en est qu’il ne peut pas être la tête s’il n’est pas membre ; or le non-chrétien n’est pas membre de l’Église, et un hérétique manifeste n’est pas chrétien, comme l’enseignent clairement St. Cyprien, St. Athanase, St. Augustin, St. Jérôme et d’autres ; c’est pourquoi un hérétique manifeste ne peut pas être pape.

    Un pape manifestement hérétique cesse de lui-même d’être le pape et la tête, de la même façon qu’il cesse d’être un chrétien et un membre de l’Église.

    C’est la sentence de tous les anciens Pères, qui enseignent que les hérétiques manifestes perdent immédiatement toute juridiction….

    Finalement, les Saints Pères enseignent unanimement, non seulement que les hérétiques sont en dehors de l’Église, mais encore qu’ils sont ipso facto privés de toute juridiction et dignité ecclésiastiques.»

    Le Saint Docteur cite encore, en donnant les références, St. Optat, St. Ambroise, le pape St. Célestin Ier , etc… pour conclure :

    « Les hérétiques, avant même d’être excommuniés, sont hors de l’Église et privés de toute juridiction car ils se sont déjà condamnés par leur propre sentence, comme l’enseigne l’Apôtre (Tite III,10) c’est-à-dire coupés du Corps de lÉglise sans excommunication comme l’explique St. Jérôme.»

    (Saint Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, L. II ch. 30)

    La constitution apostolique Cum ex apostolatus (1559) du pape Paul IV :
    Cet enseignement traditionnel fut codifié juridiquement au XVIe siècle par le pape Paul IV. Le pape Paul IV rédigea un texte législatif, pour éviter qu’un cardinal soupçonné d’hérésie pût se faire élire pape. Il confia à l’un de ses proches: « Pour vous dire la vérité, nous avons voulu nous opposer aux dangers qui menaçaient le der¬nier conclave et prendre de notre vivant des précautions pour que le diable n’asseye pas À L’AVENIR un des siens sur le Siège de saint Pierre » (in: Louis Pastor: Histoire des papes depuis la fin du Moyen Âge, Paris 1932, t. XIV, p. 234).

    Que s’était-il passé « au dernier conclave »? Le cardinal hérétique Morone, qui faisait de l’œcuménisme avec les protestants, avait failli être élu pape, mais avait été écarté suite à l’intervention énergique du préfet du Saint Office de l’inquisition, le cardinal Carafa (futur Paul IV). Carafa avait ouvert secrètement des procès contre certains cardinaux, dont Morone. À la mort du pape Jules III (1555), les cardinaux Carafa, Pio de Carpi et Juan Alvarez apportèrent au conclave un dossier des procès contre plusieurs sujets papabiles. Les accusations d’hérésie graves et documentées contre Morone, Pole et Bertano empêchèrent leur éventuelle élection (cf. Massimo FIRPO: Inquisizione romana e Controriforma. Studi sul cardinal Giovanni Morone e il suo processo di eresia, Bologne 1992, p. 312).
    Carafa fut élu et prit le nom de Paul IV. Il fit incarcérer Morone et rédigea la bulle Cum ex apostolatus (15 février 1559), d’après laquelle l’élection d’un homme qui aurait, ne fût-ce qu’une fois, erré en matière de foi avant l’élection, ne pouvait être valide.
    La constitution apostolique sous forme de bulle Cum ex aposto¬latus du 15 février 1559 du pape Paul IV stipule, au § 6, qu’un homme ayant dévié de la foi ne saurait en aucun cas devenir pontife, quand bien même tous les cardinaux seraient d’accord, quand bien même les catholiques du monde entier lui prête¬raient joyeuse obéissance durant des décennies. Tous les actes et décisions d’un tel pseudo-pontife seraient juridiquement nuls et non avenus, et celaipso facto, sans qu’il faille une autre déclaration de la part de l’Église.
    Voici les principaux passage du texte de Paul IV [1] :
    « La charge apostolique, à nous confier par Dieu malgré notre indignité, nous impose le soin général du troupeau du Sei¬gneur. Pour le garder dans la foi et le conduire dans la voie du salut, nous devons, en berger attentif, veiller sans cesse et pourvoir soi¬gneusement à écarter de la bergerie du Seigneur ceux qui, à notre époque, livrés aux péchés, confiant en leurs propres lumières, s’insurgent avec une rare perversité contre la règle de la vraie foi et, faussant la compréhension des Saintes Écritures, s’efforcent de déchirer l’unité de l’Église catholique […]. S’ils dédaignent d’être des disciples de la vérité, ils ne doivent pas continuer à enseigner l’erreur.
    § 1. Devant la situation actuelle si grave et si dangereuse, il ne faut pas que l’on puisse reprocher au pontife romain de dévier dans la foi. Il est sur terre le Vicaire de Dieu et de Notre Seigneur Jésus-Christ; il a la plénitude de l’autorité sur les nations et les royaumes; il est le juge universel et n’a à être jugé par personne ici-bas. D’ailleurs, plus le danger est grand, plus la vigilance doit être entière et attentive, pour que les faux prophètes, ou même d’autres hommes, revêtus d’une juridiction séculière, ne puissent prendre lamentablement dans leurs filets les âmes simples et entraîner avec eux à la perdition et à la ruine de la damnation les peuples innombrables confiés à leur soin et à leur direction, au spirituel comme au temporel; aussi pour que nous ne soyons jamais témoins de «l’abomination de la désolation dans le lieu saint» annoncée par le prophète Daniel, alors que nous désirons de tout notre pouvoir avec l’aide de Dieu, selon notre charge pastorale, capturer les renards qui s’ingénient à saccager la vigne du Seigneur et écarter les loups des bergeries, afin de ne pas ressembler à des chiens muets in-capables d’aboyer, ni nous perdre avec les mauvais agriculteurs, ni être comparé à un mercenaire.
    § 2. Après mûre délibération à ce sujet avec nos vénérables frères, les cardinaux de la Sainte Église romaine, sur leur conseil et avec leur assentiment unanime, de par notre autorité apostolique, nous approuvons et renouvelons toutes et chacune des sentences, censures et peines d’excommunication, suspense, interdit et privation qu’ont promulguées et portées, de quelque façon que ce soit, contre les hérétiques et les schismatiques:
    • tous les pontifes romains, nos prédécesseurs [..] jus¬que par leurs lettres extravagantes [2] ;
    • Les Saints conciles de l’Église de Dieu;
    • Les Saints Pères dans leurs décrets et statuts;
    • Les Saints canons, constitutions et ordonnances apostoliques;
    et nous voulons qu’elles soient observées à perpétuité et remises en pleine vigueur, si besoin en est, et qu’elles le demeurent.
    Elles s’appliquent à tous ceux qui, jusqu’ici, auront été pris sur le fait, auront avoué ou auront été convaincus d’avoir dévié de la foi catholique ou d’être tombés en quelque hérésie ou d’avoir encouru le schisme ou de l’avoir suscité ou commis. Elles s’appliquent encore […] à ceux qui, à l’avenir, ou bien dévieront, ou bien tomberont dans l’hérésie, ou bien encourront le schisme […].
    § 3. […] En vertu de cette constitution nôtre, VALIDE À PERPÉTUITÉ, par haine d’un si grand crime, le plus grave et le plus pernicieux possible dans l’Église de Dieu, dans la plénitude de notre pouvoir apostolique, nous décidons, statuons, décrétons et définissons[3]:
    [§ 4 et 5: les clercs ou princes séculiers hérétiques sont déchus de leurs offices; le § 6 traite du conclave:]
    § 6. […] que si jamais il advient qu’un évêque, même ayant fonction d’archevêque, de patriarche ou de primat; qu’un cardinal de l’Église romaine, même légat; qu’un souverain pontife même, avant leur promotion ou leur élévation au cardinalat ou au souverain pontificat, ont dévié de la foi catholique ou bien sont tombés dans quelque hérésie, la promotion ou l’élévation, même si cette dernière a eu lieu avec l’assentiment unanime de tous les cardinaux, est NULLE, INVALIDE, VAINE, et on ne pourra dire qu’elle est devenue valide ou qu’elle deviendrait valide parce que l’intéressé accepte la charge, reçoit la consécration, ou entre ensuite en possession du gouvernement et de l’administration ou par l’intronisation du pontife romain, ou par l’acte d’agenouillement fait devant lui, ou par l’acte d’obédience à lui rendu par tous, et ce quelle que soit la durée de cette situation[4].
    On ne pourra tenir l’élection pour légitime en aucune de ses parties, et elle ne confère ni ne peut être censée conférer quelque pouvoir de commander, ni dans le domaine spirituel, ni dans le domaine temporel, à de tels hommes, promus évêques, archevêques, patriarches ou primats, ou élevés au cardinalat ou au souverain pontificat. Toutes leurs paroles, tous leurs faits et gestes, tous leurs actes administratifs, avec tout ce qui en découle, N’ONT PAS LE MOINDRE EFFET JURIDIQUE, et ne confèrent à personne le moindre droit. Ces personnes ainsi promues ou élevées se¬rait, par le fait même, SANS QU’IL FAILLE QUELQUE AUTRE DÉCLARATION ULTÉRIEURE, privées de toute dignité, position, honneur, titre, autorité, fonction et pouvoir à la fois […].
    § 7. [Il est licite] de se dégager impunément de l’obéissance et du service envers eux [les non-catholiques promus pseudo-pape] et de les éviter comme magiciens, païens, publicains, hérésiarques […]; et pour une plus grande confusion de ces hommes ainsi promus ou élevés, s’ils veulent continuer à gouverner ou à administrer, il sera licite de faire appel contre eux au bras séculier […].
    § 8. Nonobstant… etc. [formule habituelle de promulgation; idem au § 9]
    § 10. En conséquence, il ne sera permis à aucune personne d’enfreindre ce texte de notre approbation, innovation, sanction, statut, dérogation, volonté et décret avec une téméraire audace. Si quelqu’un avait la présomption de le tenter, qu’il sache que cela lui fera encourir l’indignation de Dieu tout-puissant et des bien¬heureux apôtres Pierre et Paul ».

    ________________________________________
    [1] Cette bulle figure dans les Codicis Juris Canonici Fontes, Typis Polyglottis Vaticanis, Rome 1947, t. 1, p. 163 – 166. Comme l’indique le titre de ce recueil, il s’agit d’une collection des « sources » (fontes) officielles du droit ecclésiastique, édité par le cardinal Gasparri, membre de la commission pontificale (présidée par SI. Pie X) qui élabora le code de 1917. Typis Polylottis Vaticanis est la maison d’édition du Saint-Siège. Dans ce recueil, le texte de la bulle est reproduit jusqu’au § 7 inclusivement. Le contenu est ainsi repris, car les § 8 sqq. sont seulement les formules stéréotypées de promulgation, identiques pour tous les textes pontificaux. Afin de gagner de la place, ces paragraphes stéréotypés finaux ne sont pas imprimés dans les Fontes, mais seulement sous-entendus par un début de citation suivi de la mention « etc. ». Le Bullarium roman/IIII reproduit la bulle en entier (§ 1 – 10, plus les signatures du pape et des cardinaux).
    [2] On appelle « lettres extravagantes » celles qui ne sont pas contenues dans le droit canonique.
    [3] « … perpetuum valitura constitutione […], de apostolicae potestatis plenitudine sancimus, statuimus, decernimus et definimus… »
    [4] « … si ullo umquam tempore apparuerit […] romanum pontificem ante eius pro¬motionem […] a fide catholica deviasse, aut in aliquam haeresim incidisse, promo¬lio, seu assumptio de eo etiam in concordia, et de unanimi omnium cardinalium assensu facta, nulla, irrita, et inanis existat… »

    D’ailleurs souvenez-vous qu’à La Salette la VIERGE MARIE déclara à Mélanie Calvat en 1846 ce qu’il adviendra de L’Église de Son Fils:
    « ROME PERDRA LA FOI ET SERA LE SIÈGE DE L’ANTÉCHRIST…L’ÉGLISE SERA ÉCLIPSÉE « 

    • Robert says:

      Ladite bulle a une indéniable valeur juridique de nos jours encore, puisqu’elle fut reprise dans le code de droit canonique de 1917. Ce code fut élaboré par une commission pontificale prési­dée par saint Pie X. Il fut promulgué par le pape Benoît XV (constitution apostolique Providentissima, 27 mai 1917). ( Can.188.4 )

  9. hincmar says:

    « lorsque le pape Benoît XVI leva la prétendue excommunication de nos quatre évêques, nous lui avons répondu sans ambiguïté que cela n’était pas nécessaire et même était inutile. »

    Peut-être , mais Mgr Tissier de Mallerais par correction, comme les 3 autres évêques, a remercié le Saint Père
    http://laportelatine.org/district/france/bo/RetraitExcom090124/MerciDes4eveques/quatreeveques090129.php

    C’est l’attitude constante de la Fraternité (motu proprio, retrait des excommunications, validité des confessions) et il en sera prochainement de même quand le pape François, malgré ses paradoxes, signera la reconnaissance canonique de l’oeuvre de Mgr Lefebvre.

    On peut toujours considérer comme illégitimes les actes et sanctions injustes posés par les papes conciliaires mais ils ont été formalisé, et de la même façon, bien que cela paraisse inutile , il faut bien que Rome formalise, les actes qui rétablissent la Tradition et la fraternité dans ses droits.

    Et tout cela, grâce à Dieu , on le doit à la stratégie tenace et sans ambiguité de l’actuel Supérieur Général de la Fraternité, que seuls les jaloux méprisent.

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