Comme de coutume, de retour de son voyage apostolique au Mexique qui s’est terminé le mercredi 17 février 2016, le pape François s’est livré à la traditionnelle conférence de presse dans l’avion.  Traditionnelle dans la forme, progressiste dans le fond.

Nombreux furent les points abordés, un peu toujours les mêmes, par les journalistes : migrants, pédophilie, prix Charlemagne, les divorcés-remariés dont le cas sera réglé peut-être avant Pâques annonce le pape, déclaration œcuménique avec le patriarche Cyrille mal reçue par les Ukrainiens et spécialement par les greco-catholiques Ukrainiens, les Uniates, qui s’estiment, à juste tire, sacrifiés et trahis au nom de la politique. Hormis que c’est sur l’autel du dialogue inter-religieux et de l’union des deux Églises qu’il faut faire avancer coûte que coûte sur fond de diplomatie et de guerres et en faisant fis de la doctrine catholique qu’ils sont immolés, par François lui-même!

Une question d’importance fut celle sur les unions civiles de personnes de même sexe en Italie, débat auquel François ne veut pas se mêler : « le pape ne s’immisce pas dans la politique italienne, le pape ne se met pas dans la politique concrète d’un pays » a -t-il oser affirmer. Alors que quelques instants plus tôt, il venait de prendre une position tranchante contre l’américain Donald Trump, candidat pour l’élection à la Maison blanche et hostile à l’immigration invasive. Étonnant un pape qui refuse de donner des consignes concernant des lois anti-naturelles, immorales et destructrices de notre civilisation chrétienne mais désigne à la vindicte médiatique un homme politique au programme anti-immigrationiste.  Sauf si on considère le chrétien de gauche post-soixante-huitard qu’il est !

Des unions civiles, immanquablement, le sujet s’est déporté sur les positions de l’Église dans le domaine de la morale sexuelle. Lors de son dernier voyage en Afrique, c’était sida et préservatif, en Amérique Latine, c’est Zika et avortement ! Le but pour les journalistes du système étant de réussir à infléchir publiquement la position du chef de l’Église sur ces sujets imprescriptibles. Avouons-le, ils y arrivent passablement bien.

Question donc d’une journaliste espagnole sur la contraception comme moyen d’éviter des grossesses, en pleine hystérie collective due au virus Zika :

« Saint-Père, depuis quelques semaines on s’inquiète beaucoup dans de nombreux pays d’Amérique latine mais aussi en Europe en ce qui concerne le virus Zika. Le plus grand risque frapperait les femmes enceintes. Il y a de l’angoisse. Certaines autorités ont proposé l’avortement, ou alors d’éviter la grossesse. En ce qui concerne l’évitement de la grossesse, dans ce cas, l’Église peut-elle prendre en compte le concept de “moindre mal” ? »

Réponse alambiquée du pape  :

« L’avortement n’est pas un “moindre mal”. C’est un crime. C’est éliminer l’un pour sauver l’autre. C’est ce que fait la mafia, hein ? C’est un crime. C’est un mal absolu. Sur le “moindre mal” : éviter la grossesse est… nous parlons en termes de conflit entre le cinquième et le sixième commandement. Paul VI – le grand ! – lors d’une situation difficile, en Afrique, a permis aux religieuses d’utiliser des contraceptifs pour cause de violence. Il ne faut pas confondre le mal qui consiste à éviter la grossesse avec l’avortement. L’avortement n’est pas un problème théologique, c’est un problème humain, c’est un problème médical. On tue une personne pour sauver l’autre – dans le meilleur des cas. Ou pour pouvoir s’amuser, non ? Il est contraire au serment d’Hippocrate que les médecins doivent prononcer. C’est un mal en soi, mais ce n’est pas un mal religieux au départ : non, c’est un mal humain. Ensuite, évidemment, comme il s’agit d’un mal humain – comme chaque assassinat – il est condamné. En revanche, éviter la grossesse n’est pas un mal absolu ; dans certains cas comme celui-ci, comme celui que j’ai évoqué du bienheureux pape Paul VI, c’était clair. Moi j’exhorterais aussi les médecins à tout faire pour trouver des vaccins contre ces deux moustiques qui apportent ce mal ; c’est là-dessus qu’il faut travailler.  » (Traduction de Jeanne Smits)

Reconnaissons au pape François des paroles fortes pour interdire de façon absolue, nette et précise, toute pratique de l’avortement en utilisant le mot juste :« un crime ». Rien cependant de si extraordinaire puisque des athées, des païens, des infidèles, partout dans le monde, considèrent l’avortement comme un crime, une atteinte à la vie du plus faible. On est là sur une opinion partagée par beaucoup. La quantité fait la force, soutient ou donne le courage ! 

En revanche, concernant la contraception tellement répandue, banalisée, acceptée, malheureusement même chez des catholiques, que c’est difficile d’aller à contre-courant de l’esprit ambiant et de rappeler les règles de l’Église ! Et François n’y arrive pas.  Trop progressiste, trop populaire, trop médiatique, trop politiquement correct, pour mentionner les solutions catholiques que sont, au sein du couple, la continence ou l’abstinence pendant les périodes fertiles.

Le grand pape Pie XI, avait déjà en son temps, dans la belle encyclique Casti connubii (littéralement Chaste union) condamné pourtant toute action contraceptive :

« Aucune raison assurément, si grave soit-elle, ne peut faire que ce qui est intrinsèquement contre-nature devienne conforme à la nature et honnête. Puisque l’acte du mariage est, par sa nature même, destiné à la génération des enfants, ceux qui, en l’accomplissant, s’appliquent délibérément à lui enlever sa force et son efficacité, agissent contre la nature ; ils font une chose honteuse et intrinsèquement déshonnête. »  

A sa suite, Pie XII, le pape du mariage, avait parlé d’une même voix :

« Notre Prédécesseur Pie XI, dans son encyclique Casti connubii du 31 décembre 1930, proclama de nouveau solennellement la loi fondamentale de l’acte et des rapports conjugaux, à savoir que tout attentat des époux dans l’accomplissement de l’acte conjugal ou dans le développement de ses conséquences naturelles, attentat ayant pour but de 1e priver de l’énergie qui lui est inhérente et d’empêcher la procréation d’une nouvelle existence, est immoral, et qu’aucune indicationou nécessité ne peut transformer une action intrinsèquement immorale en un acte moral et licite. Cette prescription est en pleine vigueur aujourd’hui comme hier, et elle sera encore telle demain et toujours, parce qu’elle n’est pas un simple précepte de droit humain, mais l’expression d’une loi naturelle et divine. »

Paul VI lui-même, dont se targue François pour soutenir sa vision nouvelle, a écrit l’encyclique Humanae vitae sur les traces de ses deux prédécesseurs en rappelant la même doctrine immuable. Si on reprend donc l’enseignement traditionnel de l’Église catholique, aucune raison, si grave soit-elle ne peut contrevenir à la prescription  en pleine vigueur aujourd’hui comme hier (…) demain et toujours qui interdit l’usage de contraceptifs.

Enseignement que François semble avoir oublié et qu’il veut changer. Monseigneur Lefebvre, qui fut toujours attaché à la Tradition de l’Église dans son intégralité, avait raison de souligner qu’à « la nouvelle Église conciliaire », il fallait « de nouveaux catéchismes, de nouveaux sacrements, une nouvelle messe, une nouvelle liturgie ».

Il lui faut aussi de nouvelles normes morales, moralement correctes

Francesca de Villasmundo

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3 commentaires

  1. « […] la belle encyclique Casti connubii (littéralement Chaste union) […] » : cette traduction de Francesca de Villasmundo n’est pas encore au pied de la lettre, puisque ‹connubium›, déjà chez les Romains terme juridique, ne se dit pas d’une quelconque union, mais seulement de celle qui s’appelle en français ‘mariage’, les autres s’appelant ‹conjugium›. Voici l’essentiel du commencement de l’encyclique:
    « Casti connubii quanta sit dignitas ex eo maxime dignosci potest, […] quod Christus Dominus […] illum […] ad verum et magnum Novae Legis Sacramentum evexit[ …]. » ‘Combien est la dignité du chaste mariage […]’, alors.

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