Suite à la publication de la lettre publique des doyens et de supérieurs de communautés religieuses, monsieur l’abbé Bouchacourt a cru bon traiter cette initiative de « subversive », un peu comme un slogan pour éviter de traiter du fond des choses. La question peut malgré tout se poser : la lettre des 7 doyens était-elle subversive ou révolutionnaire ? Voici la réponse qu’un prêtre de la Fraternité Saint-Pie X a faite à l’un de nos lecteurs.

Cher Monsieur,

Votre question est bien légitime. Lorsque des inférieurs s’opposent à des supérieurs, le catholique, car il est foncièrement obéissant, doit d’abord pencher pour l’autorité. Saint Pierre nous disait dimanche dernier: «Soyez soumis à toute autorité pour Dieu.» Malheureusement beaucoup de catholiques oublient les deux derniers mots. Si l’autorité est contre Dieu, il faut évidemment obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes.

1 – Révolutionnaire : être révolutionnaire c’est s’opposer à l’autorité parce qu’elle vient de Dieu. Lorsque l’autorité est pour Dieu, le révolutionnaire s’y oppose. Le catholique est ordinairement soumis à l’autorité. Lorsque l’autorité est volée par le révolutionnaire, à son tour le catholique s’y oppose. Il ne doit pas alors être qualifié de révolutionnaire mais de contre-révolutionnaire. Comme les Vendéens. (Je ne veux pas dire que dans l’histoire qui nous préoccupe il y ait des révolutionnaires et des contre-révolutionnaires. Je veux dire qu’un catholique qui s’oppose à l’autorité ne doit pas être immédiatement qualifié de révolutionnaire.)

2 – Subversion : Subversion vient de /sub/-/vertere /: détourner par dessous.

2.1. Un acte est subversif lorsqu’il tourne les inférieurs contre les supérieurs. Dans ce sens révolutionnaire et contre-révolutionnaire sont subversifs. Et alors? En réalité dans ce sens le mot subversif est utilisé dans un sens large. Par exemple par sa déclaration de 1974 Mgr Lefebvre a tourné les inférieurs contre les supérieurs, contre Rome, contre la Rome moderne et révolutionnaire. C’était un acte contre-révolutionnaire et catholique. Qui dirait qu’il était subversif? Ou qu’il prenait les fidèles en otage?

2.2. Une méthode est subversive lorsqu’elle consiste à retourner une intelligence sans que la victime en ait conscience, et ainsi la pousser à agir contrairement à sa première intention, toujours sans qu’elle en ait conscience. C’est une félonie contre la faculté la plus haute de l’homme. C’est comme la sape: plutôt que d’attaquer le château franchement ou même de pénétrer dans l’enceinte par un étroit tunnel, on creuse des galeries invisibles sous les murailles et d’un seul coup celle-ci va tomber… Typiquement le message subliminal est une méthode subversive. Par exemple les « Lumières » ont abondamment utilisé ce moyen de ténèbres par le simple mot d' »égalité », sans même le définir. Dans ce sens l’autorité peut être subversive, quand elle veut mener ses inférieurs à ses fins non en les commandant mais en changeant leurs manières de voir par un enseignement ambigu. Dans ce sens, le catholique n’a pas le droit d’être subversif, même pour faire régner la vérité et le bien, parce qu’une fin si noble ne peut être que déshonorée par des moyens si ténébreux.

Même quand la muraille paraît saine, il est de toute nécessité de découvrir les sapes, car la muraille s’effondrera d’un seul coup. Par exemple on nous répète «Nous reconnaître tels que nous sommes.» Est-ce un argument ou un slogan? «Tels que nous sommes» est clairement une boîte qui n’explicite rien. En soit «tels que nous sommes» c’est : en rupture de fait d’avec les autorités officielles et en refus du Nouveau Code. Or, on nous sert justement l’un et l’autre. Affirmer une grande idée ambiguë pour couvrir une opération, c’est de la subversion.

On voit que la Lettre des Doyens n’est aucunement révolutionnaire puisqu’elle proclame la vérité. On voit que la Lettre des Doyens n’est pas subversive dans le sens strict: le texte est parfaitement clair. Les intelligences en comprennent immédiatement le sens et sont capables de l’accepter ou de le refuser. Elle n’a rien à voir avec une sape, mais elle s’apparente clairement avec un bélier. Les auteurs en assument le poids et sont visibles des défenseurs. Si le contenu de la lettre est juste, on doit en conclure que les Doyens n’ont rien fait de mal.

Que Notre-Seigneur et Notre-Dame nous donnent lumière et force pour servir fidèlement la Vérité.

Un prêtre de la FSSPX

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38 commentaires

  1. David says:

    Père

    je demande à nos frères chartreux de prier pour votre conversion et la mienne

    je demande à ce vieux moine chartreux aveugle dont la prière s’est réduite à cause de sa cécité à la belle prière du chapelet de prier encore et toujours Notre-dame de Fatima, Marie, notre bonne Mère au Ciel, pour qu’Elle demande au Seigneur Jésus de rendre nos coeurs doux et humble

    https://www.youtube.com/watch?v=MkIjQEn7lEE

    stat crux dum volvitur orbis
    Répondre

    • Tiphaine says:

      Encore vous David ? C’est moi, Tiphaine ! On ne se quitte plus ! (voir articles précédents sur le même sujet). Vous avez raison, priez, car quand vous donnez votre avis, c’est moins bien.

      Oui je sais, stat crux…

  2. Octave says:

    Belle explication, claire et nette comme la lettre des doyens et des supérieurs des communautés amies. Merci, Monsieur l’Abbé.

  3. speedy says:

    La MÉTHODE est RÉVOLUTIONNAIRE !

    Peu importent les finasseries d’interprétation, ce « groupe » s’est servi de leur position de prédicateurs pour prendre en otages les fidèles et pour leur déverser leur façon de penser AVANT une explication plus approfondie dont ils savaient qu’elle devait être envoyée sous peu par le Supérieur !

    Donc, ils nous prennent pour des imbéciles, priés de rester vissés sur leurs chaises à les entendre, autoritarisme, impatience, orgueil, tout y est !

    • Chouanne says:

      Ce sont les fidèles qui sont pris en otages par les autorités et non l’inverse. C’est le coup de maître de Satan, qui dresse les fidèles contre l’Eglise (la vraie) au nom de l’obéissance, tel que l’a dénoncé Mgr Lefebvre.

      Quand une autorité, Menzingen en l’occurrence, se permet de faire des tractations secrètes pour se rallier alors que la raison pour laquelle la FSSPX a été fondée n’ont pas disparues mais se sont au contraire aggravées, c’est bien Mgr Fellay qui prend les fidèles en otages.

      Mgr Lefebvre avait écrit aux quatre évêques qu’il s’apprêtait à sacrer, dont Mgr Fellay, que lorsqu’un pape authentiquement catholique reviendrait sur le trône de Saint-Pierre, qu’ils aillent s’y soumettre. Il n’a pas écrit: allez vous soumettre au pape qui pactisera le plus avec les protestants et les musulmans.

      • bergamasque says:

        Tractations secrètes … si elles sont secrètes, alors, vous ne les connaissez pas !
        Donc => jugement téméraire
        D’ailleurs tous les « résistants » se basent uniquement sur des JUGEMENTS TÉMÉRAIRES, ils « interprètent » à propos de choses « secrètes », vous ne voyez pas le ridicule ? en plus du scandale …

        • Maxime Labole says:

          Le pape dans l’avion de Fatima vient encore d’évoquer ces tractations, disant même qu’il n’avait pas pu encore étudier le dernier texte qui lui est parvenu.
          Mgr Fellay est un menteur : il dit qu’il ne négocie rien, mais quelques semaines après on apprend toujours que ce n’est pas le cas. il a fait mine de découvrir l’histoire des mariages dans la presse, a joué les surpris, mais s’est bien gardé de dire que le 13 octobre 2016, quand Luther était intronisé au Vatican, non seulement il s’est tu, mais il était au vatican pour négocier cette pseudo juridiction des mariages.

          • bergamasque says:

            Ce que vous appelez « négocier cette pseudo juridiction des mariages » était en réalité une défense des mariages de la Fraternité, trop souvent et trop facilement annulés car hors-juridiction officielle !
            C’est cela que Mgr Fellay est allé dire à Rome : « arrêtez d’annuler nos mariages, de les considérer comme nuls et non avenus ! » (la cadence s’accélérait jusqu’à 1 annulation tous les 2 mois !). La réponse de Mgr Müller a, bien sûr, été plus tortueuse, et c’est cela, également, qui était étudié de très près par les théologiens de la Fraternité !
            Toute cette étude était envoyée le même jour à tous les prêtres de la Fraternité, mais les « factieux » ont voulu griller la politesse aux Supérieurs, créant un grave danger de division, qui réjouit le démon !
            Tout cela, nous le savons maintenant, après les bons sermons d’aujourd’hui qui ont rétabli les faits !

            • Maxime Labole says:

              Une défense de nos mariages ? C’est une plaisanterie ?
              En mettant nos mariages sous la juridiction de l’ordinaire, c’est aussi à l’ordinaire que reviendra la possibilité de constater nul les mariages, et avec les nouvelles dispositions du pape François (Mitis Iudex Domins Iesus), ce n’est pas un constat de nullité, mais une possibilité de divorce en bonne et due forme.
              Ce qui veut dire concrètement que Mgr Fellay a porté un coup de grâce à la commission St Charles Borromée qui pour suppléer au laxisme des commission romaine, faisait une pré-étude en nullité.
              Loin de renforcer nos mariages, Mgr Fellay les livre aux autorités conciliaires qui précisément détruisent l’institution même du mariage !
              Ouvrez les yeux !

              • bergamasque says:

                rien de pire que l’aveuglement PASSIONNÉ !

                Heureusement grâce à nos bons prêtres le masque des soi-disant « sauveurs de la Fraternité » est tombé !

                • Maxime Labole says:

                  Merci de vos arguments…percutants !

                • brennou says:

                  Espérons qu’un bon savon accompagné de nos prières permettra à de trop zélés défenseurs de reprendre leur place aux créneaux où ils faisaient merveille !

              • Les gens qui voulaient se faire annuler allaient déjà dans les tribunaux officiels.

            • STIEGLER says:

              Vous avez parfaitement raison Bergamasque !

  4. Henri Rochefort says:

    Le probleme de fonds c est qu aujourdhui a-t-on les moyens de se priver de 7 Doyens dans le District ?

    • maibiensur says:

      @Henri Rochefort :

      le problème c’est aussi : peut-on se permettre de laisser se diffuser un esprit de révolte sans réagir ?
      car, dans ce cas, ce n’est pas de 7 doyens dont on devra se priver, mais nombres de prêtres seront contaminés par cet « esprit » dont ils devraient bien se demander comment il s’appelle …

      • Maxime Labole says:

        Le problème est effectivement d’éradiquer le poison du ralliement qui a pénétré dans la tête de Mgr Fellay et la votre, et qui est un danger mortel pour la FSSPX. Pourquoi avoir refusé la régularisation canonique en 2008 qui était sans conditions ?

  5. Durosier says:

    Les doyens ont fait ce qui était leur devoir dire tout simplement la Vérité.

    Il ne faudrait tout de même pas oublier que si les excommunications ont été levées (et non reconnues nulles), toutes les personnes qui se sont mariés dans les chapelles de la FSSPX sont considérées par Rome comme vivant en concubinage…

    De 2 choses l’une ou il y avait nécessité pour sacrer les évêques et cette même nécessité existe toujours pour se marier en dehors de la forme canonique ou cette nécessité n’existait pas et les autorités actuelles de la FSSPX ont raison d’accueillir à bras ouverts la décision de Rome… comme elle ont accueilli avec joie l’annulation et non la reconnaissance de nullité de l’excommunication !

    Pour ma part les choses sont claires l’état de nécessité a existé et existe toujours…

    Et les prêtres de la Fraternité ferait bien de tous lire la même déclaration dimanche prochain.

    H.

    • speedy says:

      Oui, l’état de nécessité existe toujours, c’est d’ailleurs bien ce que disent ET ÉCRIVENT les Supérieurs, chaussez vos lunettes !

      • Maxime Labole says:

        Oui, ils affirment que l’état de nécessité existe toujours, mais par la praxis, agissent comme si elle était entrain de s’estomper. Le libéral maintient un principe, mais applique une praxis contraire.

        Demandez donc à l’abbé Thouvenot le contenu d’une lettre qu’il a envoyé à l’abbé de Pluvié…une magnifique démonstration de ce double langage.

        • bergamasque says:

          « ils agissent comme si … » => jugement téméraire ! encore un !

          • Maxime Labole says:

            Non, c’est un constat. C’est ce qu’on appelle une parxis.

  6. Vendéen says:

    Speeddy; avez-vous lu cette explication envoyée par l’abbé Bouchacourt ? surement pas sinon vous ne diriez pas ces inepties. Ces explications soi-disant faites par des théologiens sont fumeuses…. que votre oui soit oui et que votre non soit non, c’est ce qu’on attend de théologiens et de supérieurs catholiques mais surement pas un texte qui dit blanc et qui dit noir deux paragraphes plus loin…. et puis, dire qu’on allait sortir une explication est un peu facile; il est vrai que la Fraternité en quelques années a perdu beaucoup en réactivité !!!

    • speedy says:

      Vendéen : pour votre information, si vous n’avez pas perdu vos lunettes grossissantes :

      http://fsspx.news/fr/content/27871

      et ce texte de Mentzigen, déjà paru depuis un moment !

      « Cela ne veut pas dire que l’état de grave nécessité a cessé, mais que les autorités de l’Eglise ne refusent plus à la Tradition quelques moyens de se développer. La messe d’avant le Concile a été reconnue en 2007 comme n’ayant jamais été abrogée. Les injustes censures qui pesaient sur les évêques de la Fraternité ont été levées en 2009. La non reconnaissance du ministère valide de ses prêtres dans le sacrement de pénitence a cessé en 2015. L’irrégularité présumée du prêtre de la Fraternité, témoin autorisé pour le sacrement de mariage, est désormais levée, pour le bien des époux.
      Pour autant, de même que le sacrement de pénitence n’était pas conféré de manière invalide par les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X avant 2015, de même les mariages célébrés par eux, sans délégation officielle de l’évêque du lieu ou du curé de la paroisse, ne l’étaient pas davantage.
      Le droit de l’Eglise prévoit en effet que, pour être valide, le mariage doit être célébré devant le curé de la paroisse ou son délégué, et devant au moins deux témoins (Code de 1917, canon 1094 ; Code de 1983, canon 1108). Or les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X ne sont pas curés de paroisse. C’est la raison pour laquelle certains voudraient soutenir que, en l’absence de délégation, un prêtre de cette société ecclésiastique ne peut pas recevoir les consentements. Un tel mariage serait invalide par défaut de forme canonique.
      Toutefois, le même droit de l’Eglise prévoit (Code de 1917, canon 1098 ; Code de 1983, canon 1116) la situation extraordinaire suivante : « S’il n’est pas possible d’avoir ou d’aller trouver sans grave inconvénient un assistant compétent selon le droit ». Si l’on prévoit que cette situation dure au moins un mois, alors l’Eglise déclare valide le mariage célébré devant les seuls témoins. Si un prêtre non délégué peut être présent, il doit être appelé pour recevoir les consentements. Cette législation est une simple application des principes fondamentaux du droit : La loi suprême est le salut des âmes, et Les sacrements sont pour les hommes bien disposés.
      Et si d’aventure un soupçon de doute subsistait sur cette situation extraordinaire, il faudrait répondre qu’en cas de doute, l’Eglise supplée la juridiction (Code de 1917, canon 209 ; Code de 1983, canon 144). Tout doute étant levé, les mariages célébrés dans la Fraternité Saint-Pie X, même sans délégation, ont été certainement valides, au regard de l’état de nécessité.
      L’état de nécessité demeure
      Cet état de grave nécessité dans l’Eglise n’a pas disparu. Il ne s’agit pas d’en nier la terrible réalité.
      En effet, depuis le concile Vatican II et surtout le nouveau Code de droit canonique de 1983, la fin primaire du mariage, qui est la procréation et l’éducation des enfants, est rabaissée par rapport au soutien mutuel des époux, dans une conception personnaliste de la dignité de l’amour qui estompe le primat du bien commun de cette société qu’est la famille.
      Le récent Synode sur la famille est une autre et triste illustration de la permanence de cet état de nécessité. Ainsi des scandaleuses déclarations de prélats et de dignitaires ecclésiastiques à propos des concubins et des homosexuels, qui voudraient faire croire que ces unions contiennent des « valeurs positives », et qu’elles seraient même conciliables avec la sainteté du mariage. »

      • denis says:

        Le problème est de reconnaître tant soit peu la juridiction d’autorités modernistes avec ses nombreux inconvénients puisque ce n’est pas la même religion, non possumus.
        Ce serait d’ailleurs nier progressivement l’état de nécessité.

      • Maxime Labole says:

        Une chose et son contraire. La prose de Menzingen, c’est un peu comme celle du concile, on y trouve à boire et à manger, on y trouve ce qu’on veut. C’est là bien la marque de l’infection libérale.

        Mais expliquez moi donc pourquoi l’abbé Mercury a donc été sanctionné alors qu’il a fait venir l’ordinaire pour les confirmation, que cet ordinaire a tout fait selon l’ancienne liturgie et a même fait relire son sermon pour vérifier qu’il était conforme à la doctrine traditionnelle.

        Pourquoi donc avoir refusé à l’abbé Mercury d’avoir bénéficié de la juridiction de son évêque ? A l’époque, ce prêtre a été viré de la Frat, trop en avance sur les renoncements de son Supérieur…

        • bergamasque says:

          Ah bon ? l’abbé Mercury était le Supérieur de la Fraternité Saint Pie X ? j’ai dû louper un épisode !

          • Maxime Labole says:

            Je ne savais pas que la juridiction variait selon les désidératas de Mgr Fellay…Etrange conception du catholicisme et de l’autorité. Défendez-vous des convictions ou une personne ?

            • brennou says:

              Mgr Fellay ne « remet » toutes juridictions entre les mains des évêques puisqu’il défend la permanence de l’état de nécessité. Simplement il profite de la bienveillance (paradoxale ?) du Pape qui, du reste, ne fait que mettre les évêques devant leur responsabilité de pasteurs.
              N’oublions pas que le Saint-Père est, pour autant que nous en sachions, légitime ainsi que les ordinaires qu’il a nommés ou qu’il a pris en charge, quelque soit ce que nous pouvons leur reprocher à tous. Le respect leur est dû et la mauvaise foi ne doit pas se trouver de notre côté !

              • Maxime Labole says:

                Je n’ai pas dit que « Mgr Fellay ne « remet » toutes juridictions entre les mains des évêques ». Mais il a une attitude schismatique puisqu’il dénie à l’un de ses prêtres de faire appelle à la juridiction de l’ordinaire au simple motif qu’il l’a décidé. Or l’abbé Mercury n’a fait qu’appliquer la logique défendue par Mgr Fellay, à savoir qu’il n’est pas possible de refuser la juridiction ordinaire lorsqu’elle nous l’est accordée.

  7. Geneviève says:

    Voici la lettre de l’abbé Pinaud, exclu de la FSSPX en 2013 pour des raisons similaires à celles reprochées aux sept doyens :

    Monsieur l’abbé,

    Votre réaction à la déclaration de sept de vos dix doyens dimanche 7 mai dernier, m’incite à vous écrire publiquement parce qu’elle me remémore des faits et des attitudes que j’avais espérés définitivement disparus depuis la mascarade de mon procès ecclésiastique.

    « Vous condamnez et réprouvez totalement et fermement la façon subversive par laquelle cette déclaration a été diffusée. »

    Vous en détaillez la façon : – Préparation en secret – sélection des confrères – surprise et déstabilisation des supérieurs – prise des fidèles en otage – jugement des supérieurs.

    Votre prose me rappelle celle du Secrétaire Général dans sa circulaire du 7 mars 2013 :

    « … une poignée de prêtres décidés à faire éclater la Fraternité… » ou encore, plus récentes, les paroles de M. l’abbé Berteaux dans son sermon du 24 avril 2016, réclamant le poteau d’exécution pour M. l’abbé Roy qui avait manifesté son inquiétude. « Oui, je suis inquiet. Beaucoup de prêtres, comme moi, sont inquiets. Si nous avons jusqu’à présent gardé le silence, c’est toujours dans cette espérance que ces chefs qui nous dirigent en ce moment puissent trouver le chemin, puissent retrouver la lumière ».

    Ne vous déconsidérez-vous pas lorsque vous accablez si brutalement de subversion ces sept doyens. Sept doyens ! Les nominations seraient-elles, à ce point, hasardeuses, que sept révolutionnaires aient été investis de cette fonction ?

    Les connaissez-vous ?

    M. l’abbé Aldalur ne cesse de manifester le plus grand respect envers Mgr Fellay qui présida les festivités des 25 ans de son école en 2014. Il lui réserva un accueil triomphal à Lourdes pour le pèlerinage de 2015 et de même à l’occasion du pèlerinage au Puy en 2016. Actuellement, il se dépense sans réserve pour l’installation de la FSSPX dans sa nouvelle acquisition basque.

    M. l’abbé Beauvais s’est soumis silencieusement à ses dernières mutations sans ignorer leur motivation.

    M. l’abbé Camper se dépense corps et âme pour la nouvelle installation de la Fsspx à Lyon.

    M. l’abbé France et M. l’abbé Legrand ne sont-ils pas des modèles de discrétion et de dévouement sacerdotal ?

    Peut-on être plus respectueux et obéissant que M. l’abbé Gaudray ? Il fait partie de ceux qui, par le passé, se sont rendus à Menzingen pour exposer leurs inquiétudes. À la sortie de ma détention autrichienne, il me conseilla de tout faire pour ne pas quitter la FSSPX. « Au moins sauvons l’apparence d’unité », me disait-il.
    Quant à M. l’abbé de la Roque, il fut l’un des quatre théologiens choisis par Mgr Fellay. Signe de sa compétence et de la confiance que le Supérieur Général lui témoignait. Les deux dominicaines de Brignoles se souviennent encore que M. l’abbé de la Roque leur refusa publiquement la communion au motif qu’elles s’étaient parjurées en quittant leur communauté. Il y a peu de temps, interrogé par Martial Bild, M. l’abbé de la Roque rappela les règles d’obéissance au Supérieur Général, qu’il défendit vigoureusement.

    Vraiment, tous sont des exemples de soumission respectueuse. Il n’y a pas l’ombre d’un rebelle parmi ces confrères.

    Mais s’il y a une question bien réelle qui se pose, c’est la suivante : comment de tels confrères ont-ils bien pu en arriver à s’opposer publiquement à ce que les supérieurs cherchent à leur imposer injustement ?

    Le problème n’est pas le secret. Secret d’ailleurs très relatif, puisque M. l’abbé de la Roque vous avait demandé des explications franches et claires depuis plusieurs semaines et vous avait prévenu que, sans réponse, il fournirait lui-même les explications. La lecture du Chardonnet n° 326 de mars 2017 ne pouvait pas vous laisser d’illusion à ce sujet :

    « Aussi loin de toute pasquinade, il serait indispensable d’interpeller le pape François sur le contenu de sa foi, avant même de s’interroger sur l’opportunité prudentielle d’une reconnaissance canonique. Car il ne peut relever de la volonté divine de mettre son salut éternel dans la dépendance de quelqu’un qui ne professe pas la foi catholique. Établir une unité légale sans unité réelle serait d’ailleurs un contresens. » Ces paroles ont un prix… à payer !

    De plus nous apprenons que M. l’abbé de Laroque vous avait averti de cette déclaration, avant qu’elle ne soit rendue publique, et vous avait même indiqué le nom de ceux qui y souscrivaient. Cela vous a laissé le temps de contacter chacun des signataires sans en convaincre un seul de renoncer. Il faut le constater, l’argument d’autorité est épuisé. Il ne reste plus que la solution préconisée par M. l’abbé Berteaux : « Lorsqu’il y a mutinerie, ce sont les lois martiales – c’est le tribunal d’exception – il faut trancher dans le vif – on fusille sur le champ » !

    Depuis deux ans et demi, avec une souplesse qui devait être éprouvante, vous vous étiez efforcé de faire croire que l’unité des esprits régnait dans le district de France. Cette illusion a volé en éclat dimanche 7 mai 2017.

    Le problème quel est-il ? Il est très simple : c’est l’inversion accusatoire de subversion. Vous êtes coupable de ce dont vous accusez vos confrères.

    Qui est subversif ? Ce ne sont pas ces doyens au style mesuré et respectueux, mais, en tout premier lieu, Mgr Fellay et ses complices qui le défendent contre l’évidence. Vous êtes inexcusable parce que vous avez assisté au chapitre de 2012. Vous y avez entendu, peut-être même écouté, la déclaration de M. l’abbé de Jorna.

    J’en viens à me demander si la servilité ne serait pas l’un des critères majeurs de sélection pour accéder au rang de supérieur de district ?

    Quant à cette question de la subversion elle a été traitée en détail lors de mon procès et elle n’a jamais été réfutée à ce jour. (p. 247-255).

  8. Geneviève says:

    SUite de la lettre de l’abbé Pinaud :

    Vous écrivez : « Dieu ne peut pas bénir une telle initiative dont les fruits mortifères se manifestent dès maintenant ». Êtes-vous si sûr de vous, au point de connaître le jugement divin, dans cette affaire ? Quant à votre « Dès maintenant », de qui vous moquez-vous ? Il y aura bientôt sept ans que Mgr de Galarreta vous avertissait à Albano, vous y étiez, « qu’il fallait refermer au plus vite la ‘boite de pandore’ pour le bien de la Fraternité, afin d’éviter le discrédit et la démolition de l’autorité, des contestations et des divisions, peut-être sans retour ».

    Vous reprochez à ces doyens de ne pas avoir eu la prudence de soumettre leur texte à leurs supérieurs. Nous ne sommes plus en 2012 ou 2013. Cette invitation à la confiance est inaudible tellement elle a été bafouée. Le Cor unum de mars 2016 reconnaissait une « méfiance de nos propres membres, non seulement envers les autorités de l’Église officielle (!), mais aussi envers leurs propres supérieurs. Il nous semble que souvent ces attitudes, un peu désespérées, proviennent de blessures personnelles, de frustrations, de déceptions par rapport aux supérieurs… »

    Faut-il voir dans ces doyens, sept désespérés, sept blessés, sept frustrés, sept déçus ?

    L’enquête pilote, annoncé dans ce même Cor unum, n’aurait-elle pas atteint son but ? Car vous n’ignorez pas que les sept signataires n’étaient pas les seuls informés. Demain, il n’est pas impossible que vous soyez confronté à une déclaration de prieurs exprimant leur soutien aux sept doyens, et après-demain, confronté à une déclaration de vicaires solidaires de leurs prieurs et de leurs doyens ; le surlendemain, il ne faudrait même pas exclure une déclaration de soutien de la part des Frères… Êtes-vous même certain que votre propre maison de Suresnes n’abrite pas quelque esprit subversif ?

    Tant que vous vous obstinerez, à tenir pour rien le contenu de cette déclaration et des précédentes, à le mépriser comme chose insignifiante, bonne à être jetée au rebut, vous ne retrouverez jamais l’unité – sauf à expulser tous les prêtres qui soutiennent « qu’il ne peut relever de la volonté divine de mettre son salut éternel dans la dépendance de quelqu’un qui ne professe pas la foi catholique. »

    Deux des supérieurs de communautés que vous accablez sans avoir la moindre autorité sur eux, n’ont sans doute pas oublié ce qu’ils ont entendu à Menzingen, lors d’une respectueuse visite de confiance : « Nous savons qu’il y aura de la casse, mais nous irons jusqu’au bout ».

    Dans votre lettre du 10 mai, vous osez écrire « que la fin ne justifie pas les moyens. On ne peut utiliser un moyen illégitime pour atteindre un bien présumé ».

    Ignorez-vous de quoi sont capables vos supérieurs ? Parmi d’autres moyens, l’usurpation d’identité serait-elle un moyen légitime ?

    Quelques semaines après mon placement en résidence surveillée à Jaidhof, M. l’abbé de Cacqueray m’invita à être très prudent : « Ils sont capables de n’importe quoi pour détruire votre réputation ». Je vous laisse le soin d’identifier ce « ils ». Mais j’ai malheureusement constaté personnellement que vous-même n’étiez pas tout à fait innocent dans ce domaine.

    Il y aurait encore beaucoup à dire, mais pour conclure, permettez-moi de rapporter quelques-unes des paroles que vous prononciez à Bailly le 11 octobre 2014 à l’occasion des Journées de la Tradition. C’était l’une de vos premières interventions en qualité de supérieur du district de France ; elle est toujours disponible sur La Porte Latine (54’ 51’’)

    Ce n’est pas un monument de la littérature ecclésiastique, vous en conviendrez, mais néanmoins ces paroles résument trop bien votre attitude pour justifier d’être sauvées de l’oubli :

    « Je vous supplie de croire que la Fraternité n’abandonne pas le combat… N’écoutez pas les oiseaux de malheurs. …

    Le jour où la Fraternité vous dira : ‘le concile après tout c’est pas si mal que ça’.

    Le jour où la Fraternité vous dira : ‘la nouvelle messe si elle est bien célébrée, allez-y’.

    Le jour où elle dira : ‘la liberté religieuse on l’a mal comprise, il faut moduler tout ce qu’on a dit’

    Alors là fichez le camp et abandonnez la Fraternité le plus vite possible. Mais nous n’en sommes absolument pas là grâce à Dieu et je suis parfois inquiet de voir certaines personnes qui vivent dans le virtuel :

    – ‘La Fraternité va trahir’

    – Donnez-moi un exemple. Est-ce que vos prêtres se taisent ?

    – ‘Non, mais ils pourraient’ !

    Avec ça on est beau ! Vous savez, un jour j’avais un paroissien qui appartenait, entre guillemets, à la résistance, là-bas (en Amérique du sud) je l’ai fiancé. Un jour il arrive avec sa fiancée, un grand gaillard.

    – ‘Tiens, tiens je voudrai vous parler tous les deux’

    Ils viennent devant moi et puis je dis au fiancé et sa fiancée était là :

    – ‘Dis donc, j’ai une question à te poser, mais restez Mademoiselle je vous en prie. Il paraît que tu trompes ta fiancée’
    Il devient blême.

    – ‘Si, si, je t’assure, j’ai eu des bruits là-dessus, tu trompes ta fiancé’

    Le fiancé est devenu livide.

    – ‘Mais enfin M. l’abbé, pourquoi me dites-vous ça ?’

    ‘Je vais te dire pourquoi ? Tu vois, depuis des mois, tu dis que ma Fraternité à laquelle j’appartiens est dans une position adultère, qu’elle est sur le point d’abandonner le combat. Eh bien tu vois c’est désagréable que je te dise que tu serais peut-être infidèle à ta fiancée. Eh bien moi il m’est très désagréable que tu dises sans preuve que ma Fraternité est sur le point d’abandonner le combat’

    Le pauvre vieux, il a retrouvé un peu de couleur parce qu’il s’est rendu compte que ce que j’avais dit n’était qu’un exemple’…

    Je vous en supplie : il faut que le district retrouve son unité… »

    Sans preuve ? Êtes-vous vraiment honnête ou seulement amnésique ?

    Mgr Fellay n’a-t-il pas affirmé que le concile était acceptable à 95% ?

    Mgr Fellay n’a-t-il pas reconnu la légitimité de la promulgation de la nouvelle messe ? Or reconnaître la nouvelle messe comme légitime veut dire que la nouvelle messe n’est pas mauvaise en soi.

    Mgr Fellay n’a-t-il pas signé dans sa réponse du 14 avril 2012 aux trois évêques : « dans la fraternité, on est en train de faire des erreurs du Concile des super hérésies, cela devient comme e mal absolu, pire que tout, de la même manière que les libéraux ont dogmatisé ce concile pastoral ».

    Citons encore M. l’abbé N. Pflüger, dans sa mémorable récollection aux Frères : « Dans le Credo, on ne professe pas qu’on renonce à Vatican II et à la liberté religieuse ! »

    Est-ce suffisant ou faut-il multiplier exemples et citations ? Hier votre fiancé avait-il tort de s’inquiéter comme le font, aujourd’hui, vos doyens et quelques autres ?

    Vous répondez aux accusations d’adultère portées à l’encontre de la Fraternité Saint Pie X par un faux exemple grossier d’infidélité qui ne devrait convaincre aucun de vos doyens…

    Ne faudrait-il pas plutôt s’interroger, Monsieur l’abbé, de savoir si vous, vous ne seriez pas un vrai cocu ?

    En France, le 13 mai 2017

    Abbé Nicolas PINAUD

    condamné suspens a divinis

    par un tribunal de la FSSPX

    pour entrave à la publication de fautes d’orthographe

    • fatima says:

      Cette lettre est à vomir !
      Un serpent !

      • Maxime Labole says:

        Cette lettre expose de façon factuelle la trahison que vous ne voulez pas voir.
        Mgr Fellay agit de la même façon que Dom Gérard, et votre seule réponse est : l’Autorité !
        A l’époque Mgr Lefebvre avait regretté que les moines n’aient pas déposé leur supérieur qui avait trahi.

  9. socison says:

    Qu’importe le contenu de ce texte, la méthode en elle-même est subversive. Les prêtres n’ont pas attendu que la réunion de prêtres convoquée par le supérieur du district de France soit terminée, ils n’ont pas attendu que le commentaire issu de cette réunion soit diffusé. Si dans le commentaire en question les doyens avaient décelé des erreurs graves pour la Foi ou les moeurs, nous pourrions débattre; mais ils n’ont pas attendu sa publication, ont devancé la Providence, agi en cachette en sélectionnant certains prêtres et en contournant l’autorité. Si ce n’est pas de la subversion, qu’est-ce donc?

    • mouette says:

      Entièrement d’accord avec vous !
      La description faite par cet abbé Pinaud de la façon dont devrait se répandre la rébellion : les doyens, puis les prieurs, puis les frères, puis certains à Suresnes … fait froid dans le dos !
      C’est purement et simplement RÉVOLUTIONNAIRE !
      On les sent par l’odeur alléchés, c’est proprement terrifiant !
      Jeanne au secours !

  10. socison says:

    Ps: où est l’objectivité « sans concession » de MPI?
    Quand vont-ils publier les arguments des prêtres qui n’adhèrent pas à la méthode employée par les doyens? Comme d’habitude MPI pousse à faire le procès des autorités…sans avocat de la défense.

  11. gabrielle says:

    occupez vous de prier, et de vous taire, ne pas juger de son point de vue, il y aura toujours un loup pour mettre le désordre parmi le troupeau. Lisez plutôt les épitres et les évangiles, ils vous seront bénéfiques et ce que dit le Christ est toujours d’actualité; un peu d’humilité, et le silence me paraissent nécessaires avec ce que déclame le Pape avec ses amis les musulmans; je pense que nous entrons aussi avec Macront dans le milieu du dernier secret de Fatima. La mort du Christianisme voulut par les Francs Maçons, mais le Christ a dit …. »mais les Portes de L’Enfer ne prévaudront point contre ELLE.Abbé Pinaud allez faire une retraite à Bellaigues.

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