Le délitement de la société française, tant morale qu’institutionnelle ou économique, est arrivé à un tel point de non-retour, que l’élection d’une majorité de députés favorables à un Macron aux yeux bleus, n’y changera pas grand-chose. Quel que soit le résultat, tous les partis politiques vont être obligés de faire leur introspection. Aucun ne pourra y échapper. Aucun ! Même pas le Front national ! Qui, pourtant, a été le challenger au deuxième tour de l’élection présidentielle. Pour ce parti, trop souvent marginalisé, décrié et sali par des termes peu élogieux, cela n’a pas été qu’une petite victoire d’arriver au second tour. Malgré tout, c’est plutôt une belle performance. Et perdre en obtenant 34 % des suffrages exprimés, ce n’est pas rien ! Il n’en reste pas moins que, comme les autres, il va être contraint à recadrer son programme et à affiner sa stratégie. L’introspection risque de s’avérer beaucoup plus douloureuse pour tous les autres ; en particulier pour le Parti socialiste et pour Les Républicains, qui sont, déjà, en coma dépassé. Leurs chances de survie sont quasi nulles. À moins d’un miracle…

Dans la recomposition du paysage politique qui s’annonce, on voit mal comment les partis traditionnels pourraient encore tirer leur épingle du jeu. À trop se faire, impudemment, la courte échelle pour garder le pouvoir, PS et LR se sont annihilés. Même en prenant une grosse loupe télescopique pour voir, entre eux, la moindre petite différence idéologique, cela serait très difficile. Ils semblent avoir atteint les limites de leur cynisme. Et ce n’est pas en se fondant dans la majorité présidentielle qu’ils vont retrouver une seconde virginité. Il ne leur reste plus qu’à faire une refondation en autre chose. Mais quoi ? C’est leur affaire ! Toutefois, pour leur rendre service, une dernière petite suggestion : qu’ils créent l’UFCP, l’Union des faux culs politiques… Sérieusement, pour le pays, il est plus intéressant de se recentrer sur le vrai clivage d’actualité : européistes, mondialistes contre patriotes. Et mettre en lumière, chaque fois que cela est possible, la distinction doctrinale entre ceux qui croient à la Nation et ceux qui croient que le monde n’est qu’une seule entité territoriale, un vaste marché où l’économie prime sur l’action politique.

Recomposition pour certains et refondation pour d’autres, sont inévitables. Le monde politique tel que nous l’avons connu depuis l’avènement de la Cinquième République est révolu. Son implosion a eu lieu sous nos yeux, d’abord, au moment de la séquence des primaires et, ensuite, au moment de l’élection présidentielle. Les législatives ne pourront être qu’une confirmation de cet état de fait. Et plus rien ne sera comme avant ! Ce que peu de commentateurs veulent dire, même s’ils le sentent bien, c’est qu’un seul parti est définitivement et durablement implanté dans le pays : le Front national. Et ce n’est pas la médiocre prestation de sa présidente, Marine Le Pen, au débat télévisé du second tour – cela lui a, tout de même, coûté quelques voix – qui va enrayer sa progression. Le coup de « blues » des électeurs n’est que passager, car, majoritairement, leurs idées sont bien incarnées par le FN. Certes, le programme de ce parti doit s’ajuster à la demande : plus de clartés sur l’euro, sur la souveraineté en général, et sur ce qu’il veut faire avec l’État régalien. Il ne lui reste plus qu’à trouver les bonnes formules pour l’expliquer. Mais l’essentiel est déjà là pour remettre la France à l’endroit.

L’état de grâce, dont bénéficie Macron (pour le moment), laisse supposer qu’il a gagné son pari d’avoir réussi la recomposition politique souhaitée par les Français. Cela n’est qu’une apparence, car, s’il se dessine des agrégations et une juxtaposition de personnalités diverses, pour former une majorité parlementaire, il n’en demeure pas moins que toutes celles-ci appartiennent à l’ancien monde politique, avec, toujours leurs vieilles recettes complètement dépassées ! Le recyclage peut faire illusion un temps, mais il est fort à parier que tenir cinq ans, avec des ectoplasmes socialistes, écolos ou LR, ne sera pas une partie de plaisir. Ni pour le Président, ni pour les Français.

En attendant la véritable recomposition…

Claude PICARD

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Un commentaire

  1. Il fallait ne pas donner la majorité au petit nouveau très imbu de sa personne pour l’obliger à descendre de son piédestal ce qui,mais je n’en suis pas certain, l’aurait peut-être amené à faire un examen de conscience et faire preuve d’un peu plus d’humilité.

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