réforme-collège

Mme Belkacem vient d’adresser le 17 avril 2015, une lettre aux « enseignants-qui-n’enseignent-plus » – ceux destinés à nos enfants – relativement à la prétendue réforme du collège adoptée par le conseil supérieur de l’éducation le 10 avril 2015. En réalité, il ne s’agit pas d’une nouvelle réforme.

Des mesures contingentes

C’est ce que l’on cherche à nous faire croire chaque fois qu’un ministre prend la tête de l’Education Nationale et ce, pour brouiller les pistes et masquer la remarquable continuité d’une même politique qui se met en œuvre de façon méthodique et progressive. En réalité, toutes les dispositions prises découlent de la réforme fondamentale et révolutionnaire léguée par Claude Allègre « commercialisée » sous le nom de « refondation » de l’Ecole et qu’il ne faut surtout pas assimiler à une « restauration ».

Toutes les prétendues réformes des différents ministres qui se succèdent à la tête de l’Education Nationale depuis Claude Allègre ne sont pas des réformes en elles-mêmes, mais simplement des mesures contingentes à cette grande réforme de l’enseignement public et privé sous contrat qui a pour objectif de l’anéantir pour le métamorphoser en « lieu de vie » par le fait inouï de la suppression des cours remplacés par des activités au cours desquelles les élèves, du primaire à l’université incluse, sont censés construire leur savoir dans différentes disciplines à la fois, nous catapultant ainsi dans une situation inédite d’inexistence de l’Ecole, tout ceci enveloppé dans un discours désinformateur visant à masquer le vide du contenu et nous faire croire qu’au contraire, l’objectif poursuivi est celui d’améliorer la qualité du système éducatif.

Saucissonnage et jargon, outils d’occultation

Le saucissonnage – étalé dans le temps – des décisions prises par les ministres successifs a pour avantage, pour ceux qui sont censés nous gouverner, d’empêcher que le public qui pense encore les réformes en termes d’ « Ecole » ait une vue d’ensemble sur la funeste réalité ainsi occultée.

De plus, et dans le même objectif, ces pures et simples « activités » ne sont jamais définies ni présentées comme telles, ce mot n’est jamais prononcé et pour cause ! – comme pour les méthodes globales honnies du public – il n’est question que de « transversalité », d’ «interdisciplinarité », de «  travaux croisés », de « travaux personnels encadrés », de « projet personnel de réussite éducative », d’ « accompagnement personnalisé », de « tutorat », « d’enseignement pratique transdisciplinaire »… ! tout un langage ampoulé et diversifié à l’infini, pour désigner une seule et même réalité et qui n’a d’autre but que d’abuser le public et crédibiliser une phénoménale supercherie.

C’est ainsi que lorsque Mme Belkacem prétend incorporer le latin et le grec au cours de littérature grâce à un « enseignement pratique transdisciplinaire », cela signifie en réalité, que l’enseignement des lettres est également supprimé, remplacé par une activité au cours de laquelle l’élève va apprendre en même temps le latin, le grec et le français !

Qui l’eut cru ?

Et pourquoi s’étonner d’ailleurs que l’enseignement du grec et du latin disparaisse quand le CAPES de lettres classiques a été supprimé par un des précédents ministres ? N’y a-t-il pas là, la marque de cette remarquable continuité ?

Egalement, pour reprendre le jargon des pédagogistes qui sévissent depuis longtemps au sein de l’Education Nationale et en application du principe « d’enseignement pratique transdisciplinaire », il n’est pas impensable que de conduire les élèves à la piscine soit défini comme étant de conduire les élèves dans un « milieu aquatique profond standardisé » (piscine) pour « traverser l’eau en équilibre horizontal » (nager) à l’aide des « segments manipulateurs antérieurs » (bras), des « segments manipulateurs postérieurs » (jambes) et aussi de leur « référentiel neuronal conceptuel » (cerveau) pour qu’ils construisent leur savoir dans différentes disciplines à la fois : anatomie, physiologie (transformation du fonctionnement de l’organisme par l’effort physique), chimie (composition de l’eau) physique (lois régissant le déplacement du corps dans l’eau)… bref ! si l’on peut dire ! et tout cela, grâce au savoir « tout terrain » des « enseignants qui n’enseignent plus » recrutés sur la base d’ « emplois-avenir-professeurs » c’est-à-dire sans diplômes universitaires et entièrement formatés dans les IUFM reconvertis en Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Education ! c’est ce que l’on veut nous faire « gober » !

Conséquences d’une métamorphose

Mais tout ceci n’est pas nouveau . La « refondation » est définie et mise en oeuvre depuis belle lurette et les activités ne cessent de prospérer au détriment des cours avec le chapelet de conséquences qui en découlent et qu’égrène chaque ministre qui passe et qui trépasse.

Après la « modification des rythmes scolaires », le « plus de devoirs à la maison », la « suppression des notes »… aujourd’hui et dans le même contexte, c’est l’annonce de la disparition de la référence « classe » qui fait place à des « cycles » pour regrouper des élèves de niveaux et d’âges différents, ce qui est logique dans le cadre d’activités à réaliser où la question de niveau n’a aucun sens, ce qui justifie également le « regroupement école-collège ».

« Pas de redoublement » non plus, c’est tout aussi logique. Pourquoi des redoublements puisqu’il n’y a pas de savoirs transmis, pas de savoirs à acquérir, pas d’obligation de résultat, pourquoi redoubler ? cela n’aurait aucun sens ! dans un centre d’activités et de loisirs, on ne redouble pas.

Tout ceci s’intègre dans la même logique.

Il est à noter par surcroît, une évolution du langage qui ne manque pas d’inquiéter sur la question de la langue vivante étrangère.

Mme Belkacem insiste à différentes reprises sur la nécessaire « diversité linguistique », langage qui se démarque de celui usité jusque-là d’apprentissage d’une langue vivante et qui marque une évolution dans l’objectif assigné à la langue vivante étrangère  :

« … Je souhaite que les réformes pédagogiques que je mène soit l’instrument de l’amélioration des compétences en langues vivantes étrangères des élèves français (bien noter la précision) et d’un véritable diversité linguistique qui commence dès l’école… »

«… Afin de promouvoir la diversité linguistique, la nouvelle organisation du collège prévoit, parallèlement, que les élèves qui ont bénéficié de l’enseignement d’une langue vivante étrangère autre que l’anglais à l’école élémentaire, peuvent se voir proposer de poursuivre l’apprentissage de cette langue en même temps que l’enseignement de l’anglais… ».

Belkacem, lampiste

Enfin bref ! Madame Belkacem n’entame pas une énième réforme du collège, elle ne fait qu’apporter sa contribution à l’entreprise de démolition du système éducatif dont les véritables instigateurs sont ailleurs : ce ne sont que les dernières pierres qu’elle détache du temple républicain de l’Education Nationale jusqu’à l’éboulis complet et imminent de cet édifice sacrifié sur l’autel de la déraison révolutionnaire et assassine.

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Affiche JA 2015

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2 commentaires

  1. Je condamne également « cette grande réforme de l’enseignement public et privé sous contrat », mais contrairement à l’auteur de cet article ou à M. Brighelli ou à des intellectuels qui sont sur la même ligne, je suis un démocrate et non un républicain. Ceci signifie que j’estime que le programme du ministère de l’Instruction publique (tel devrait être son nom) devrait être soumis à référendum et non décidé par une élite.

    Les Citoyens Constituants : http://lescitoyensconstituants.com/

  2. Xavier says:

    Les veaux de De Gaulle, les oies des suivants et les moutons depuis Mitterrand vont vraiment finir par devenir de plus en plus de vrais ânes!
    On le constate déjà trop souvent, hélas.
    Cela dit, même si mon latin commence à dater un peu, malgré 5 ans d’études de 4e à la terminale, à l’époque, et même un concours général, j’étais convaincu que « nil » était une anomalie dans la citation du titre, car ma mémoire me trahit peu…
    Et après vérification dans le Dictionnaire Hatier Latin-Français de 1960 (Désolé, je n’avais pas un Gaffiot!), je confirme que la citation est : « Nihil novi sub sole ».

    J’espère que cette précision ne choquera ni l’auteur de l’article, ni le site!
    C’est justement parce que j’accorde plus d’importance à ce site qu’à de nombreux autres que je me permets humblement de rectifier directement en ligne.

    (Pour ce qui est des fautes nombreuses et permanentes sur RTL, le SYSTEME n’a même pas autorisé une réponse, des excuses, un engagement de formation de débiles analphabètes grassement payés, etc).

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