La fin des chrétiens d’Orient ? Interroge le film-reportage ci-dessous dont le commentaire évoque l’origine des persécutions des chrétiens au Proche-Orient. Des persécutions rendues permanentes tout-au-long de l’Histoire à partir de l’apparition de l’Islam au VIIème siècle. La dernière intervention de la France, soutenue par les pays d’Europe, en faveur des chrétiens au Moyen-Orient, se situe en Syrie, et remonte à 1860.  Même si les accords Sykes-Picot de 1915 prévoyaient un Liban chrétien comme porte de la France dans cette partie du monde, plus jamais celle-ci n’est officiellement intervenue en leur faveur. Les interventions de l’Armée pour sauver les chrétiens fuyant les génocides anti-chrétiens des Jeunes Turk en Turquie sont des initiatives individuelles d’officiers de marine. Ces persécutions anti-chrétiennes se sont encore accentuées au XXème siècle et n’ont fait que s’accélérer tout récemment avec l’apparition de l’État islamique dénoncé dans le film comme étant une création américaine, ce qui est notable.

C’est bien sûr en faveur du droit des chrétiens des pays du Moyen-Orient à vivre dans leur pays d’origine d’où on veut les déloger ou les exterminer, que ce film plaide!

Ce très bon film-documentaire d’1 heure 30, sans être exempt de critiques est tout-de-même un plaidoyer inespéré de la part d’une grosse chaine de TV, Arte, pour la cause des chrétiens d’Orient. Les intervenants (Jésuites, Dominicains, Mgr Gollnisch etc.) stigmatisent l’abandon de l’Occident, dont les pays ont désormais choisi le camp sunnite contre toutes les minorités.

Le patriarche d’Antioche dénonce l’hypocrisie des droits de l’homme

Ignace EphremII Karim intervient pour stigmatiser fortement les pays d’Occident par lesquels les chrétiens se sentent trahis. Il compare le tollé mondial qu’a provoqué l’attentat contre Charlie-hebdo, au silence insoutenable des persécutions et génocides qui se déroulent actuellement, principalement contre les chrétiens, en Irak, en Ethiopie, au Nigéria, en Syrie, en Libye, il dénonce l’hypocrisie des Droits de l’homme:

« Je voudrais adresser le message suivant aux Européens et aux Occidentaux: j’admirais beaucoup votre sens de la démocratie et votre respect des droits de l’homme. Quelle ne fut pas alors ma surprise lorsque j’ai vu votre réaction face aux exactions commises au Nigéria, des villages entiers brûlés, des gens littéralement calcinés et aucune réaction. Des villages entiers en Irak, des yézidis, des chrétiens sont assassinés, des personnes se trouvent égorgées comme nos martyrs en Libye, en Éthiopie, mais aucune réaction. Rien. Et quand survient l’incident du journal français, alors tout-à-coup ce sont des millions d’Européens, leurs chefs d’État à leur tête qui s’indignent comme si le sang français était important. Et il l’est. Mais que celui des autres peuples ne l’était pas. Je suis désolé, mais vous n’avez plus aucune once de crédibilité. Ne vous avisez plus de me parler de démocratie ni de donner des leçons sur les droits de l’homme. »

Maintenant que la Syrie est presque complètement libérée, il serait logique de penser qu’une bonne partie d’entre eux devrait revenir. Avant cette guerre les chrétiens de Syrie étaient au nombre d’1,5 millions, ils ne sont plus, d’après le documentaire, que quelques centaines de milliers. Si le documentaire souligne l’abandon des chrétiens par les Occidentaux, le film passe complètement sous un silence prudent leur soutien par la Russie en Syrie plus particulièrement.  Ainsi vers la fin du film, à propos de la Syrie, les prises de positions sont très attentivement politiquement correctes en ce qui concerne le pouvoir de Bachar-el-Assad.

Mais ce plaidoyer pour les chrétiens aurait-il eu une chance d’être diffusé sans ces petits accommodements avec les oligarchies maçonniques qui dirigent le monde ?

Les cas des diverses communautés de chaque pays concerné sont évoqués:

la Turquie a pratiquement éradiqué par des assassinats de masse sa communauté chrétienne qui était la plus importante au début du XXème siècle, au moment de l’établissement de la république maçonnique et laïciste de Mustafa kémal,  dit Atatürk. Un Atatürk que nos éminences républico-maçonniques admirent tant. [Lire à cet effet le pathétique mais très révélateur témoignage du patriarche du Mont Gabriel, « la montagne des serviteurs de Dieu », le Tur Abdin où vivent encore 2000 syriaques en dépit du génocide dont ils ont été victimes en même temps que les Arméniens, dont les biens sont toujours confisqués par leurs « eradicateurs » kurdes et qu’ils ne parviennent pas à récupérer. Ces terres et biens leur appartenaient depuis au moins le IVème siècle. Les différends d’Erdogan avec les Kurdes leur laisse un faible espoir de résoudre ces terribles injustices.]

Les communautés d’Irak, déjà bien laminées au cours du temps, ont maintenant été chassées par l’État islamique de leur pays, par la violence, le crime de masse et la terreur. Le cas des chrétiens d’Israël est évoqué aussi, il ne resterait plus que 2% de chrétiens dans l’ex-royaume franc de Palestine… Une bonne illustration par le vide qu’hélas les croisades n’ont pas été aussi efficaces pour protéger les chrétiens que l’Islam n’a été efficace pour s’imposer et les éradiquer.

La persécution des coptes d’Égypte est longuement évoquée. C’est aujourd’hui la seule communauté chrétienne réellement importante et influente du Proche-Orient, elle compterait  entre 8 et 15 millions de personnes, sur une population de 90 millions d’habitants. Une influence néanmoins grandement tempérée par son état de dhimmitude comme d’ailleurs presque partout en Islam. Actuellement soutenue par le général al-Sisi qui lutte contre les Frères musulmans, elle en subi les contre-coups par de violents attentats contre ses églises.

Les chrétiens syriens sont évoqués mais en empruntant un langage politiquement correct. Ils forment environ 8% de la population du pays, alors que les alaouites en forment 10% et les sunnites 70%.  Parmi les chrétiens, les catholiques sont plutôt urbains tandis que les orthodoxes sont plutôt ruraux. Les chrétiens sont parmi l’élite de la population syrienne. Les minorités chrétienne et alaouites se soutiennent. Bachar-el-Assad, suivant l’exemple de son père Afaz, se positionne à juste titre (contrairement à Erdogan en Turquie) comme protecteurs des chrétiens et notamment, en Syrie la dhimmitude n’existe pas. On peut en déduire (ce que le documentaire ne dit pas) qu’en contre-partie la haine de l’Occident envers les Assad est étendue aux chrétiens de Syrie, ce qui explique bien des choses. La Libye est à peine évoquée.

Le cas du Liban est réservé à la fin du film. Le Liban est le seul pays du Moyen-Orient dont la population est majoritairement chrétienne (50%). Les accords Sykes-Picot (1915) avait donné la plus grande partie du pouvoir aux chrétiens, tandis que les chiites (environ 25%) et les sunnites (environ 25%), en avaient tout-de-même une part. Les Libanais chrétiens, toujours largement majoritaires, ont néanmoins perdu  l’atroce guerre civile (1975-2000) en raison de la trahison de l’Oligarchie occidentale anti-chrétienne, et de ses accointances pétrolifères sunnites. Ainsi les chiites du Liban sont-ils soutenus par l’Iran et les sunnites par l’Arabie saoudite, mais les chrétiens n’ont aucun soutien qu’eux-mêmes. Ils se sont donc partagés « habilement », suggère une intervenante, entre Samir Geagea allié aux Chiites et Le général Aoun allié au Sunnites. Ce sont ces alliances partagées qui évitent pour le moment les persécutions à cette grande majorité de Libanais chrétiens, complètement abandonnés par les tenants des droits de l’homme..

Mais le film montre aussi qu’en dépit des persécutions les chrétiens résistent en Orient en continuant de baptiser leurs enfants et en leur transmettant la foi. Nombre d’entre eux continuent de mourir pour ne pas renier leur foi comme les coptes qui ont été décapités en Égypte suite à une mise-en scène épouvantable de l’État islamique. Des martyrs dont les coptes sont très fiers. Des signes d’espoir malheureusement estompés par la réalité des chiffres: ces chrétiens, dont les ancêtres ont été contemporains et témoins du Christ, et qui continuent de transmettre à travers leurs rites actuels d’antiques traditions, sont en train de disparaître rapidement de leur terre d’élection. S’ils disparaissent, tous les autres témoignages de leurs 2000 ans de présence disparaîtront aussi.

Ce documentaire est donc un fort plaidoyer bien étayé qui mérite d’être regardé au moment où les chrétiens d’Europe sont à leur tour abandonnés, harcelés, menacés par leurs dirigeants, et même abandonnés par le successeur de Saint-Pierre qui encourage l’immigration musulmane de masse. Des immigrés destinés, selon l’aveu de l’ONU, à être « les populations de remplacement » des populations autochtones aux racines chrétiennes laminées par une propagande avorteuse et LGBT alors que le Christ et son Évangile sont systématiquement ringardisés, déformés et tournés en dérision.

En effet le film remarque qu’avec plus de 2 milliards de fidèles, les chrétiens forment la religion la plus importante du monde, mais aussi la plus persécutée.  Ce film ayant été planifié, à l’évidence,  par des membres de l’Eglise, relate l’une des rares phrases que le pape ait pu dire en faveur des chrétiens d’Orient. Pourtant si les musulmans continuent d’arriver en Europe, les chrétiens d’Europe risquent à leur tour de disparaître selon le scénario du Moyen-Orient. Fort des nombreux fidèles que compte l’Église catholique, le chef de l’Église devrait plutôt s’ériger comme un rempart pour la protection des catholiques d’abord, mais aussi de tous les chrétiens du monde. Alors qu’au contraire en encourageant l’immigration massive de musulmans, le pape fait sauter la dernière digue de protection des chrétiens qui n’ont désormais plus aucun refuge sur terre.

Peut-on espérer que ces persécutions, tellement bien mises en évidence dans ce film, permettront aux chrétiens mis à nu de raviver leur foi avant de renverser le sens de l’Histoire ?

 

Références:

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5 commentaires

  1. Émilie, merci de cet article si important, si bien recherché et comme toujours si lucidement exprimé, et espérons que votre voix ne sera pas celle d’une clamantis in deserto. Le fait que M. Orbán, à la différence de ses illustres prédécesseurs qui ont chassé les Turcs de la Hongrie, n’ait plus moralement derrière lui le pape (pour ne pas parler de l’Empereur, qui du moins a attendu dix-sept ans après 1789 avant de jeter l’éponge) augure très mal pour le bien-être de l’Europe chrétienne. Il faut donc espérer que le prochain conclave élira le cardinal Erdö, résultat qui sans les intrigues de la mafia de Saint-Gall se serait probablement déjà produit.

    • Emilie Defresne says:

      Merci Pamino pour ce commentaire. En dehors du fait que le cardinal Erdö soutient la politique de l’immigration de Viktor Orban, je ne sais pas si d’un point-de-vue théologique il est complètement fiable. Ce qui justifie mes doutes ce sont les nominations dont il a bénéficié de la part de François, notamment comme père synodal du synode sur la famille.
      Que savez-vous de cela ? Pensez-vous qu’il faille attendre une redressement de « l’Eglise » officielle, en cas d’élection de ce cardinal comme pape? Merci de votre opinion sur ce sujet.

      • Vous avez raison, Émilie, je n’ai point pensé assez loin : dire « c’est un partisan d’Orbán », même si c’est vrai, ne suffit ni en ce qui concerne le cardinal Erdő – je viens d’ailleurs d’apprendre que le nom signifie ‘bois’ (silva) – ni même en ce qui concerne son bras séculier. À part cela, je n’avais jamais remarqué le nom du rapporteur conservateur du synode sur la famille. Voulez-vous dire que c’était un rôle que le pape l’a fait étudier ? Tout est possible. Mais maintenant je partage vos doutes :
        1. Sa devise de cardinal (2003), ‹ initio non erat nisi gratia ›, sans contexte suffisant pour dire quelque chose de défini et en particulier à cause de l’ambiguité en prose du cas de ce mot ‹ gratia › (nom. ? abl. ?), cette phrase nébuleuse suggère entre autres une spéculation verbale faustique remettant en question ‹ In initio erat Verbum › ; cf. Hésiode ἤτοι μὲν πρώτιστα χάος γένετ’ « en vérité, avant toute autre chose le chaos[ litt. ‘le bâillement’] wurde » (Théogonie, v. 116).
        2. Membre le plus jeune du conclave 2005 qui a élu Benoît XVI, il a présidé la conférence des évêques catholiques hongroise de 2005 à 2015 et le conseil des conférences d’évêques européennes de 2006 à 2016 ;
        3. Détail embarrassant : il est membre du comité international du prix Adalbert, qui s’appelait autrefois prix Kleinewefers d’après son fondateur de 1989, un industriel allemand, depuis 1932 membre du parti nazi, qui pendant la guerre se servait de travailleurs forcés dans son usine, de sorte que sa fondation blanchisseuse fût bientôt rebaptisée Fondation Adalbert.

        « L’Église » officielle commence à se redresser quand même, voir ‹ The Remnant › de jeudi,
        https://remnantnewspaper.com/web/index.php/articles/item/3651-schism-rising-seven-bishops-resist-pope-s-revolution › ; un de ces évêques est en plus un cardinal.
        (qu’est-ce qui ce passe ? je ne peux plus mettre un lien !).
        Voir aussi en particulier l’archevêque de Portland, Oregon (USA) :
        ‹ https://www.youtube.com/watch?v=JtOArlXW4bs › ;
        trop jeune pour avoir connu la messe traditionnelle comme ritum ordinarium, il s’y est converti.

        • C’est très curieux. Le premier de mes liens est maintenant en bleu comme il faut, mais pas le second. La commande ‘lien’ n’est plus sur mon ordinateur. Qu’est-ce qui se passe ?

  2. Tiens arte se réveille surtout après la défaite syrienne, c est amusant de voir le changement des programmes point de vue ect..
    Lu plus haut : »un redressement de l eglise ».
    Plus clairement que les maçons et autres sectes affiliées quittent les lieux : L EGLISE./

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