
Dans le cadre d’une opération secrète, le Pentagone a acheté un dispositif qui provoquerait le syndrome dit de La Havane et a mené des tests avec celui-ci pendant plus d’un an, a rapporté CNN.
« Attaques acoustiques »
Le service des enquêtes de sécurité intérieure (Homeland Security Investigations), une division du département de la Sécurité intérieure, a acquis l’appareil pour plusieurs millions de dollars fournis par le département militaire, peu avant l’investiture du président actuel, Donald Trump, en janvier 2025. Des sources de CNN ont déclaré qu’ils avaient payé « une somme à huit chiffres », sans toutefois révéler le montant exact.
La chaîne de télévision américaine a expliqué que l’appareil génère des ondes radio pulsées qui, selon certains responsables et scientifiques, pourraient être à l’origine des « attaques acoustiques » signalées précédemment. Des sources de CNN affirment que l’appareil contient des composants russes, mais qu’il n’est pas entièrement de fabrication russe. Les autorités cherchent à comprendre comment un équipement suffisamment puissant pour causer les dommages rapportés par certaines victimes a pu être rendu portable. Une source de CNN a indiqué que l’appareil tient dans un sac à dos ordinaire.
Les experts poursuivent l’étude de l’appareil et cherchent à établir un lien avec des dizaines d’incidents étranges que les autorités n’ont pas pu expliquer. Selon CNN, certains responsables de l’administration américaine se montrent sceptiques quant à cet équipement. Les États-Unis craignent toutefois que si cette technologie s’avère efficace, elle ne se répande à travers le monde. La CIA a refusé de commenter ces informations auprès de CNN. Les sources n’ont pas précisé à la chaîne de télévision auprès de qui l’appareil a été acheté. On ignore également comment le gouvernement américain a eu connaissance de l’existence de cet appareil.
« Syndrome de La Havane » et données médicales
En mars 2023, les services de renseignement américains avaient reconnu qu’il était « très improbable » que des adversaires des États-Unis aient utilisé des armes à énergie dirigée contre des victimes atteintes du syndrome dit de La Havane. Ils avaient également jugé improbable qu’un pays, y compris la Russie, ait pu intentionnellement affecter des fonctionnaires américains de ce syndrome. Les services de renseignement avaient écarté la possibilité que la Russie, la Chine, Cuba, ou tout autre pays ou groupe d’individus soient à l’origine de ces cas inexpliqués.
Aux États-Unis, certains expliquent ce syndrome par des « attaques acoustiques » ou les effets d’armes à « énergie dirigée » ayant pour effet des vertiges et des maux de tête intenses. Les autorités américaines avaient affirmé que, suite à une influence extérieure à La Havane, plus de 40 diplomates américains avaient été touchés depuis novembre 2016. Washington avait accusé La Havane d’être à l’origine de ces incidents. Cuba a toujours nié toute implication. En octobre 2017, des experts cubains avaient également suggéré que les États-Unis auraient pu confondre le chant des grillons ou des cigales avec des « attaques acoustiques ». Ces dernières années, des symptômes similaires ont été rapportés chez des employés du gouvernement américain à travers le monde.
À la mi-mars 2024, les Instituts nationaux de la santé américains ont publié une étude spécialisée dans laquelle ils admettaient n’avoir constaté aucun dommage cérébral significatif chez les fonctionnaires américains présentant des symptômes du syndrome de La Havane. Néanmoins, les responsables de la défense ont jugé leurs conclusions suffisamment sérieuses pour en informer les commissions du renseignement de la Chambre et du Sénat à la fin de l’année dernière, en faisant notamment référence au dispositif acquis et à ses tests.
Pierre-Alain Depauw
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