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Et erat subditus illis. Lc 2, 51

Après la manifestation aux bergers lors de la Nuit Sainte et la manifestation publique aux Trois Rois Mages le jour de l’Épiphanie, la liturgie de ce dimanche nous plonge dans l’intimité de la Sainte Famille.

L’institution de cette fête est relativement récente : c’est Léon XIII en 1893 qui l’institua pour le troisième Dimanche après l’Épiphanie, et Benoît XV, en 1921, qui la fixa le Dimanche entre l’Octave.

N’oublions pas qu’à cette époque, l’Église Catholique et la société sortaient des persécutions des gouvernements libéraux et maçonniques du XIXe siècle et des horreurs de la Grande Guerre. L’attaque contre la société chrétienne se concrétisa avant tout contre la famille, et en particulier contre la famille catholique. D’autre part, ce plan de dissolution avait été depuis longtemps théorisé dans les Loges, se réalisant avec le temps. Aujourd’hui, l’idéologie woke d’inspiration satanique considère la famille traditionnelle et patriarcale comme un obstacle à l’établissement du Nouvel Ordre mondialiste, et impose pour cette raison l’effacement de la civilisation grecque, romaine et chrétienne. La fête que nous célébrons aujourd’hui est donc la réponse providentielle par laquelle la Sainte Église défend sans crainte la famille naturelle, élevée à l’ordre surnaturel par le Sacrement du Mariage institué par Notre Seigneur. À cette cellule indispensable de la société – qu’aucune autorité terrestre ne pourra jamais remplacer par un substitut sans mériter les plus sévères châtiments de Dieu – la sagesse des Pontifes Romains a désigné comme modèle la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph : une famille sainte en ce qu’elle est composée non seulement de saints, mais du Verbe de Dieu fait chair, de la Toujours Vierge Mère de Dieu et de Son chaste Époux Joseph, de la lignée du Roi David et Père putatif de Notre Seigneur. Une famille très spéciale mais normale : spéciale par ses membres, normale parce que nous voyons chez elle aussi prévaloir cette hiérarchie que le monde moderne abhorre tant : une hiérarchie ontologiquement patriarcale précisément parce qu’elle est fondée sur la Paternité divine du Père Éternel, dont Notre Seigneur Jésus-Christ nous a fait héritiers. En tant qu’enfants de Dieu dans l’ordre de la Grâce, nous devenons aussi enfants de la Regina Crucis, de Celle que le Seigneur mourant nous a donnée sur le Calvaire comme Mère de chacun de nous et de tout le corps ecclésial, celle que nous invoquons Mater Ecclesiæ.

La Sainte Famille est imago Ecclesiæ : où il y a un Père commun qui la gouverne, une Sainte Mère providentielle qui éduque ses enfants, et une innombrable descendance du Christ qui voit la lumière dans les eaux du Baptême et est conduite vers des pâturages éternels.

La Sainte Famille est le modèle d’un ordre, un κόσμος divin parfait et valable pour tous les temps et tous les lieux : celui de la famille naturelle fondée sur l’union d’un homme et d’une femme et ayant pour but principal la propagation de l’humanité et l’éducation des enfants. Une famille que, lors du festin de Noces à Cana, le divin Maître a élevée à l’image de l’amour du Christ pour l’Église, et que l’apôtre Paul a admirablement exposée dans l’Épître aux Éphésiens (Eph 5, 22-33). Une famille qui est, pour ainsi dire, trinitaire, dans la mesure où elle est mystique coopératrice de l’action créatrice de Dieu le Père, de l’action rédemptrice du Fils et de l’action sanctifiante du Saint-Esprit. L’amour qui unit l’époux à l’épouse dans la communication de la vie est un rayon ténu de cet Amour divin qui unit le Père au Fils ; un amour si parfait et infini qu’Il est Dieu Lui-même, le Saint-Esprit qui procède du Père et du Fils, et qui est Seigneur et qui donne la vie. Enfin, une famille qui est hiérarchique en elle-même parce qu’elle-même et ses membres sont à leur tour inscrits dans l’ordre qui place la Majesté de Dieu au-dessus de chaque créature.

Dans une famille où les époux et les enfants aiment le Seigneur et suivent Ses commandements, l’amour entre conjoints et l’amour mutuel entre parents et enfants implique certainement, mais d’une certaine manière dépasse l’obéissance, réalisant les paroles de saint Paul : Par-dessus tout revêtez-vous de la charité, qui est le lien de la perfection. Et que la paix du Christ, à laquelle vous avez été appelés de manière à former un seul corps, règne dans vos cœurs (Col 3, 14-15). Ainsi, tout comme nous obéissons volontiers à Dieu parce que nous savons qu’Il est bon et miséricordieux, de la même manière nous obéissons à nos parents ou demandons l’obéissance à nos enfants parce que règne parmi eux la charité, lien de perfection. Par-dessus tout, dit saint Paul, revêtez-vous de la charité : c’est-à-dire de Dieu, qui est Charité (1 Jn 4, 16). Demeurer dans la charité, c’est donc demeurer en Dieu : qui manet in caritate in Deo manet, et Deus in eo (ibid.).

Il y a aussi une famille céleste, chers fidèles : la Sainte Église Catholique, Apostolique et Romaine.

Une famille dans laquelle nous avons Dieu comme Père, Notre Seigneur comme frère, la Vierge Immaculée comme notre Mère. Dans cette famille se réunissent les Catholiques, Corps Mystique soumis à Jésus-Christ Roi et Pontife, son divin Chef. Dans cette société parfaite, qui a pour but la sanctification des âmes durant l’interrègne entre l’Ascension de Notre Seigneur et Sa venue glorieuse à la fin des temps, l’obéissance au Père céleste prime sur celle au père terrestre. C’est pourquoi nous voyons Jésus, alors âgé de douze ans, lors d’un pèlerinage à Jérusalem, S’éloigner de Ses parents et rester dans le temple pour écouter et interroger les docteurs de la Loi. Il rappelle à Notre-Dame et à Saint Joseph qu’Il a une mission à accomplir : Ne saviez-vous pas que je dois m’occuper des affaires de mon Père ? (Lc 2, 49) Le Seigneur nous rappelle, à la fois en tant qu’enfants et en tant que parents, que le but d’une famille catholique ne se limite pas à propager l’espèce et à l’éduquer selon la loi de la nature, mais implique et impose la grave responsabilité de baptiser et d’instruire les enfants dans l’unique vraie Religion, en utilisant sa propre autorité en tant que parents pour leur permettre de vivre vertueusement et d’éviter le péché. Elle implique et impose aussi la capacité de comprendre quand le Seigneur appelle une âme à Le servir dans la vie sacerdotale ou religieuse, donnant aux parents la possibilité de transformer en Grâces leur souffrance humaine par la séparation d’avec leur propre enfant qu’ils ont aimé et vu grandir, et que, comme Marie et Joseph, ils retrouveront dans le temple.

Les enfants, s’ils veulent être véritablement obéissants, devront comprendre que la manière la plus efficace de contrer les principes infernaux de la Révolution consiste à défendre ce patriarcat fondé sur le véritable concept d’obéissance, et non sur ses déviations par excès – la servilité – ou par défaut – l’insubordination à toute autorité. Le Seigneur les récompensera pour leur sainte obéissance à ce que leurs parents leur demandent légitimement, et leur suggérera comment se comporter vertueusement s’il est nécessaire de désobéir à l’autorité de leur père afin de ne pas désobéir à Dieu.

Plaçons-nous sous le patronage de la Sainte Famille, et prenons le temps de réciter chaque jour – si ce n’est pas déjà le cas – cette prière à saint Joseph composée par le Pape Léon XIII, dans laquelle nous résumons nos espérances :

« Protégez, Ô très sage gardien de la divine Famille, la race élue de Jésus-Christ ; Préservez-nous, ô Père très aimant, de toute souillure d’erreur et de corruption ; soyez-nous favorable, ô notre très puissant libérateur. Du haut du ciel assistez-nous dans le combat que nous livrons à la puissance des ténèbres ; et, de même que vous avez arraché autrefois l’Enfant Jésus au péril de la mort, défendez aujourd’hui la sainte Église de Dieu des embûches de l’ennemi et de toute adversité. Couvrez chacun de nous tous de votre perpétuelle protection, afin que, soutenus par votre secours, nous puissions vivre saintement, pieusement mourir et obtenir la béatitude éternelle du Ciel. »

Ainsi soit-il.

+ Carlo Maria Viganò, archevêque

11 janvier MMXXVI, Dominica I infra Oct. Epiphaniæ, Sanctæ Familiæ Jesu, Mariæ, Joseph

© Traduction de F. de Villasmundo pour MPI relue et corrigée par Mgr Viganò

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