
La déclassification, par l’administration Trump, des Epstein files a-t-elle à voir avec une guerre avec l’Iran ? A-t-elle à voir avec le massacre à Gaza ? Dans les rapports de force entre Israël, les Etats-Unis et le Moyen-Orient qui s’embrase, les Epstein Files entre dans l’équation.
Une possible guerre contre l’Iran voulue et par Netanyahu et par les compagnies pétrolières américaines
Donald Trump avait promis à sa base MAGA qu’il mettrait fin aux guerres et qu’il n’ouvrirait pas d’autre théâtre de guerre. Promesse non tenue avec ou sans sa volonté mais en raison d’un État profond, totalement lié à Israël, qui tient toujours les rênes du pouvoir aux Etats-Unis. Mais en raison aussi des petro-dollars américains qui dictent la politique extérieure des Etats-Unis, et donc une possible guerre contre l’Iran, voulue tant par Bibi Netanyahu que par les compagnies pétrolières du pays.
Ainsi, écrit le géo-politologue italien Davide Malacaria :
« Les compagnies pétrolières américaines, font également pression pour une intervention. Max Blumenthal l’a révélé dans Grayzone, rapportant que lors du sommet de l’American Petroleum Institute, auquel participaient des dirigeants et des consultants de compagnies pétrolières, l’un des plus expérimentés d’entre eux, Bob McNally, a expliqué : « L’Iran représente la plus grande promesse, bien qu’il représente le plus grand risque, mais aussi la plus grande opportunité. Imaginez les États-Unis ouvrant une ambassade à Téhéran, un régime en phase avec son peuple – la population la plus pro-américaine du Moyen-Orient après Israël, historiquement compétente tant sur le plan culturel que commercial. Si vous imaginez notre industrie y revenir, nous obtiendrions beaucoup plus de pétrole, et bien plus rapidement, qu’au Venezuela. »
« Selon McNally, ancien conseiller du président George W. Bush, une guerre contre l’Iran serait « un jour terrible pour Moscou, mais un jour merveilleux pour les Iraniens, les États-Unis, l’industrie pétrolière et la paix dans le monde ». Ce n’est pas un hasard si les propos les plus durs de l’administration Trump à l’égard de l’Iran ont été tenus par le secrétaire à l’Énergie, Chris Wright – responsable des compagnies pétrolières –, qui a déclaré que les États-Unis mettraient un terme au programme nucléaire iranien, « d’une manière ou d’une autre ». »
Donald Trump est avant tout un investisseur, un magnat de l’industrie et du commerce. Maîtriser l’énergie mondiale est une de ses priorités pour maintenir en vie la monnaie d’échange mondiale qu’est le petro-dollar qui soumet les pays à la volonté étatsunienne. Aussi, « compte tenu de l’importance que Trump accorde au secteur de l’énergie, analyse Malacaria, on comprend aisément sa sensibilité à de telles pressions. »
Le dossier Epstein, moyen de pression pour entrer en guerre avec l’Iran que pour maintenir le silence face au génocide à Gaza
Et c’est là que rentre en jeu le dossier Epstein, et MPI avait déjà évoqué cette connexion. Ainsi, toujours selon le géo-politologue italien, tant concernant une confrontation avec l’Iran que le génocide à Gaza :
« De plus, les dossiers Epstein ne lui offrent aucune échappatoire. Ils l’ont acculé à un point de non-retour. Lorsqu’au début de son mandat, les partisans de Trump l’ont pressé de les publier, il a refusé, expliquant que les démocrates avaient eu quatre ans pour les manipuler ; il disait vrai. Non seulement les démocrates, mais aussi les services de renseignement américains et le FBI, alors dirigés par ses ennemis jurés. Et, compte tenu des liens entre ces agences et le Mossad… De plus, une vérité gênante doit être révélée : c’est Netanyahu qui a déclenché le scandale Epstein (non pas lui-même, évidemment, mais le pouvoir qui lui était lié).
« (…) Certains schémas se répètent : certains milieux, certaines agences, tissent leur toile en compromettant des personnalités importantes, en les impliquant dans des crimes insolubles, puis en les faisant chanter. Et, si nécessaire, ils sont prêts à tout pour faire chanter tout le monde.
Les Epstein files explique le silence d’une grande partie du monde occidental face au génocide de Gaza« Ce fut le cas dans l’affaire Epstein : les dossiers furent manipulés pour protéger certaines personnes et en pénaliser d’autres. Ils y travaillaient depuis l’arrestation d’Epstein et ce, depuis des années. Désormais, ils peuvent faire chanter de nombreuses personnalités influentes. Ceci aussi, et pas seulement des intérêts communs, explique le silence d’une grande partie du monde occidental face au génocide de Gaza.
« C’est une vérité qui dérange, et nous comprenons l’éventuelle perplexité chez les lecteurs : le chantage d’Epstein a contribué au génocide de Gaza. Cela ne signifie pas pour autant que les dossiers devaient rester secrets ; au contraire, la réalité qu’ils ont révélée, ce qui est d’ailleurs intuitivement évident, a permis à beaucoup de mettre au jour certains rapports de force.
« (…) Nous n’en parlons que pour mieux comprendre certaines dynamiques et dissiper les illusions excessives quant aux conséquences de ce scandale : il n’a touché qu’une partie des pouvoirs corrompus de ce monde, tout en en renforçant une autre. Et après le génocide palestinien, il sert désormais à embraser l’Iran.
« Une situation similaire se dégage, quoique de manière confuse, de l’accusation du député démocrate Jim McGovern qui, rejetant la guerre contre l’Iran car elle n’est pas dans l’intérêt des Américains, a dénoncé : « Nous voulons des dirigeants qui sont de NOTRE côté, pas des milliardaires comme Epstein ! » »
Cependant, connaissant la rouerie de Donald Trump, qui ne souhaite pas spécialement entrer en guerre contre l’Iran, il se pourrait aussi que la déclassification des Epstein files soit une manière pour lui de tenir en respect les va-t-en-guerre israéliens et étatsuniens, les néo-conservateurs, le temps de conclure un accord avec le pays des Perses.
Francesca de Villasmundo
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