
Selon le Wall Street Journal et Axios, le Pentagone aurait déclaré au président Trump que la victoire ne serait pas facile contre l’Iran et qu’une guerre pourrait dégénérer en un conflit interminable.
L’Iran n’est ni la Syrie ni l’Irak, et une guerre contre lui sera plus compliquée
Y aura-t-il ou n’y aura-t-il pas une guerre contre l’Iran ?
Malgré la pression de Bibi Netanyahu pour que Trump envoie ses bombes et ses troupes en découdre avec le lion persan, le Pentagone est plus réticent : l’Iran n’est ni la Syrie ni l’Irak. Plus grand, plus puissant, allié de la Chine et de la Russie, à la population fière plus soudée, du moins lorsque le pays est attaqué, et cela quoi qu’en disent les médias français, une guerre contre lui n’entrainera pas une victoire facile. Mais peut-être une perte de confiance des Américains envers leur président.
L’avertissement des hauts responsables militaires américains au président Trump est clair : il convient d’être prudent avant de lancer une guerre prolongée contre l’Iran, car cela engendrerait des coûts énormes pour le pays.
C’est la mise en garde que le chef d’état-major interarmées américain, Dan Caine, aurait transmise à Donald Trump, selon le Wall Street Journal et Axios. D’après le journal, Caine aurait averti le président qu’un conflit prolongé « pourrait engendrer des coûts importants pour l’armée américaine et ses stocks de munitions ». On craint également que si les États-Unis « épuisaient d’importantes quantités de munitions de défense aérienne et d’autres approvisionnements limités », cela réduirait leur capacité à contrer la Chine dans un éventuel conflit futur.
Le Pentagone a averti qu’une attaque contre l’Iran pourrait causer de lourdes pertes aux États-Unis et une escalade régionale plus large
Selon Axios, qui a été le premier à rapporter les inquiétudes de Caine, le général a averti que les enjeux en Iran sont plus importants que lors de la récente opération américaine au Venezuela, qui a vu la capture de l’ancien dirigeant du pays, Nicolas Maduro, et qu’une attaque pourrait causer de lourdes pertes aux États-Unis et une escalade régionale plus large, notamment avec des représailles de Téhéran et de ses alliés contre les forces américaines et leurs partenaires dans la région. Cela pourrait dégénérer en un conflit interminable.
« On a clairement fait comprendre à Trump que toute frappe contre des cibles iraniennes ne constituerait presque certainement pas un coup décisif et isolé. Au contraire, des frappes limitées pourraient ouvrir la voie à une confrontation beaucoup plus large », peut-on lire dans un article de CBS News, autre quotidien américain.
D’après ces sources américaines, Trump exige du Pentagone un coup décisif susceptible d’inverser la tendance et de contraindre les ayatollahs à reprendre les négociations selon les conditions de Washington. Cependant, les stratèges militaires l’ont mis en garde : un tel résultat est loin d’être garanti.
Les États-Unis sont-ils vraiment prêts pour une guerre dans le Golfe persique ?
L’Iran en effet se prépare à la guerre en développement de nouvelles armes, notamment une gamme de drones sous-marins, allant de petits robots de reconnaissance à des drones « suicides » capables de rester en l’air pendant 24 heures et de plonger jusqu’à 200 mètres, ce qui les rend plus efficaces que les torpilles conventionnelles. Leur flotte de drones comprend aussi des robots de déminage. Ils disposent également de drones d’attaque comme l’Al-Qari’a, capable de lancer des torpilles à distance. Ils sont conçus pour des attaques surprises contre des navires ancrés ou des plateformes pétrolières. En outre, une nouvelle fonctionnalité permet aux drones sous-marins de lancer des drones suicides volants depuis la surface, ce qui permet des attaques surprises simultanées depuis plusieurs directions.
L’Iran disposerait de deux prototypes quasiment prêts et envisagerait de les associer à de petits sous-marins Ghadir pour créer une menace sous-marine massive.
Ces avertissements du Pentagone ont-ils été entendus ? Les envoyés spéciaux Steve Witkoff et Jared Kushner ont insisté auprès du président pour obtenir davantage de temps pour les négociations et rencontreront le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, à Genève jeudi.
Car les États-Unis sont-ils vraiment prêts pour une guerre dans le Golfe persique ?
Francesca de Villasmundo
Cet article vous a plu ? MPI est une association à but non lucratif qui offre un service de réinformation gratuit et qui ne subsiste que par la générosité de ses lecteurs. Merci de votre soutien !






