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Défense de l’Occident, d’Henri Massis, 1927 (1).

Comment les diverses spiritualités orientales ont elles affecté la notion même de personne, telle que l’Occident l’avait théorisée au cours des siècles ? C’est l’objet d’étude principal de ce brillant essai A sa lecture, un siècle plus tard, on ne peut que saluer la lucidité de son auteur.

Avec beaucoup de finesse, en effet, Henri Massis détecta, quelque neuf ans après la première guerre mondiale, sur quel paradoxe, déjà, l’Occident reposait :  prôner l’égalité tout en entretenant la domination. D’abord craint partout, l’homme blanc vit se dresser contre lui l’improbable coalition de peuples en apparence très opposés, et sa suprématie sur eux, lentement, vaciller. Il dépeint les conditions historiques et spirituelles qui, en Allemagne, en Russie, au Japon, en Inde, en Chine ont favorisé le rêve asiatique de s’introduire par les brèches dans le corps de l’Occident dissocié :

« Le poison de l’Orient se glisse de façon invisible et subversive, à travers l’idéalisme germanique et le mysticisme slave, par certaines atteintes portées à la notion même de personnalité, à l’autonomie, à l’identité spirituelle et morale du composé humain »

L’Occident s’était construit sur la notion de personne, qui est elle-même issue de la conception trinitaire de Dieu.

L’Orient, lui, s’est plongé dans la contemplation de l’Un. Or « les limites de la personne humaine, écrit Massis, se sont évanouies dans les flots troubles des innombrables puissances du cosmos. » venues d’Orient. Sa réflexion annonce avant l’heure à la fois le triomphe de l’immanentisme, la révolution du New Age  et la déconstruction de l’homme occidental qui s’en suivit.

Keyserling, Hesse, Tolstoï, Maeterlinck, Romain Rolland, Nietzsche, Okakura, Tagore, Gandhi… Massis analyse dans le détail le rôle déterminant que ces figures intellectuelles et spirituelles ont joué dans cette déconstruction de l’intérieur, et conclut que l’Église romaine seule possède encore les moyens de réconcilier l’Orient et l’Occident, autour du Christ placé au centre de tout.

C’était, remarque le préfacier Pierre Hillard, avant le concile Vatican II, dont le modernisme « sera le dernier clou mis au cercueil condamnant la civilisation européenne victime de plusieurs siècles d’influences spirituelles et philosophiques étrangères à son héritage gréco-latin. »

Pourquoi lire ce texte est-il essentiel aujourd’hui ?

Pour mieux saisir le processus qui a conduit le monde occidental à la faillite où il se trouve, et appréhender un début de solution.

Puisque c’est par le relâchement de la fibre intellectuelle que commença la décadence de l’Occident, c’est dans la fibre intellectuelle que débutera son redressement : Un texte que Massis publia en 1941[1] l’exprime sans ambiguïté :

« C’est par les idées, les idées nulles, les idées fausses, que notre pays a été conduit au dernier désastre. Ce sont les idées vraies qui le regénéreront ».

Une lecture de formation, préfacé par Pierre Hillard.

Le Petit Béraldien

Se procurer l’ouvrage :

  https://editionsmeystre.ch/products/defense-de-loccident-henri-massis

[1] Les Idées restent, 1941.

(1) Henri Massis (1886 – 1970)

Essayiste, critique littéraire et académicien, Henri Massis fut l’une des grandes figures intellectuelles françaises de la première moitié du XXᵉ siècle. Formé au lycée Condorcet auprès d’Alain, puis à la Sorbonne et au Collège de France auprès d’Henri Bergson, il entra très tôt dans le monde des lettres, publié dès l’âge de dix-neuf ans et remarqué par Maurice Barrès et Anatole France.

Catholique et patriote, il mena, dès avant 1914, une lutte intellectuelle contre le relativisme et la dissolution des valeurs, notamment au travers des enquêtes retentissantes rédigées avec Alfred de Tarde sous le pseudonyme d’« Agathon ». Officier durant la Grande Guerre, puis envoyé en mission en Grèce et en Syrie, il incarna cette génération d’écrivains pour qui le service de l’esprit n’était jamais séparé du service de la patrie.

Compagnon de route du « nationalisme intégral » — sans toutefois jamais écrire dans L’Action française —, il fut l’un des artisans du Manifeste des intellectuels français pour la défense de l’Occident (1935), et fonda avec Jacques Bainville La Revue universelle, dont il fut l’âme pendant plus de vingt ans. Son œuvre politique, au premier rang de laquelle Défense de l’Occident, donna une structure doctrinale et spirituelle à l’antimodernisme catholique français.

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